
Clovis peut être considéré comme le véritable fondateur de la dynastie mérovingienne, qui doit son nom à son grand-père légendaire Mérovée (ou Merowig). Marié à une princesse burgonde chrétienne,
Clotilde, Clovis se fait baptiser par Remi, l’évêque de Reims, à une date mal connue, comprise entre 496 et 506 (certains historiens la situent en 498). En adoptant le christianisme en faveur
chez les Gallo-Romains plutôt que l’arianisme des Wisigoths, il parvient à renforcer son contrôle sur la Gaule et à faciliter l’assimilation entre Francs et Gallo-Romains.
Selon la coutume franque, toutes les possessions de Clovis, y compris le titre royal, sont divisées entre ses fils après sa mort (511). Le partage du royaume franc en trois royaumes —
l’Austrasie, à l’est, la Neustrie au nord-ouest, la Bourgogne, au sud — est à l’origine de guerres civiles qui éclatent à partir du VIe siècle.
Clovis Ier
Supplément
Clovis Ier (v. 465-511), roi des Francs (481-511) et véritable fondateur de la dynastie mérovingienne.
Souvent présenté dans l’historiographie française comme l’ancêtre de la nation, et dans la littérature religieuse comme celui qui, par son baptême, a fait de la France la « fille aînée de
l’Église », Clovis est un personnage mal connu. La principale source sur son règne est constituée par l’Histoire des Francs, écrite près d’un siècle plus tard par le chroniqueur Grégoire de
Tours.
Fils de Childéric Ier, roi de Tournai, et de la princesse thuringienne Basina, Clovis (ou Chlodoweg, en latin Hludovicus) succéda à son père vers 481, à la fois comme chef de tribu (rex) et comme
gouverneur civil de la Belgique seconde.
Se donnant comme objectifs d’agrandir son territoire et d’unifier sous son autorité l’ensemble des Francs Saliens, il s’attaqua d’abord au général gallo-romain Syagrius, sur lequel il remporta la
victoire décisive de Soissons (486), où il établit sa capitale. Sa puissance impressionna tellement Alaric II, roi des Wisigoths, que ce dernier ne put refuser de lui livrer Syagrius, qui avait
trouvé refuge chez lui, et qui fut immédiatement mis à mort.
Adroit, Clovis eut soin de ménager les autorités ecclésiastiques qui, par la voix de Remi, archevêque de Reims, avaient reconnu sa conquête : après la prise de Soissons, il voulut ainsi écarter
du pillage un vase d’église que l’un de ses guerriers, furieux de cette entorse aux lois de la guerre, préféra briser plutôt que de renoncer à ce butin.
Pendant les dix années suivantes, Clovis s’employa à prendre possession de l’ensemble de la Gaule du Nord, depuis la Meuse et la Moselle jusqu’à la Loire. Après avoir battu les Thuringiens vers
491, il soumit les Francs Ripuaires, puis entreprit de réduire la puissance des Alamans, ses rivaux les plus dangereux, installés à l’est de son royaume. Une nouvelle victoire, peut-être en 496,
à Tolbiac (aujourd’hui Zülpich, au sud de Cologne), lui permit de repousser ces derniers jusqu’au Haut-Rhin. Enfin, il lança plusieurs raids en Armorique et en Aquitaine, et occupa Bordeaux en
498.
Ne pouvant vaincre les Burgondes et les Wisigoths sans l’aide des populations gallo-romaines, Clovis décida, pour faciliter ses relations avec ces peuples, de se convertir au christianisme, comme
l’y engageaient depuis longtemps déjà son épouse Clotilde, princesse burgonde, elle-même catholique, et Remi, archevêque de Reims. Ce dernier baptisa Clovis dans sa cathédrale à une date mal
connue, comprise entre 496 et 506 (que certains historiens situent en 498) en compagnie de 3 000 de ses guerriers, ce qui fit désormais de Clovis le champion de l’orthodoxie religieuse.
En 500, ayant pris le parti de l’oncle de la reine, Godegisel, contre son frère Gondebaud, roi des Burgondes, il triompha de ce dernier devant Dijon et lui laissa la vie sauve contre un tribut.
Peu après, Clovis déclara la guerre aux Wisigoths et s’allia à son ancien ennemi. C’est à Vouillé, au nord-ouest de Poitiers, que les Alamans furent battus, en 507, et que leur roi Alaric II fut
tué. Toulouse et l’Aquitaine tombèrent alors aux mains de Clovis, tandis que les Wisigoths étaient refoulés en Espagne. Pour manifester sa satisfaction de cette victoire sur les Barbares,
l’empereur d’Orient Anastase aurait envoyé des émissaires à Tours, pour remettre à Clovis les insignes de consul.
Pour finir d’affirmer son autorité sur les Francs, Clovis élimina, par le meurtre, tous les chefs susceptibles de constituer une menace pour son pouvoir, notamment le roi des Ripuaires, Sigebert,
et son fils Chlodéric. Après sa victoire sur les Wisigoths, Clovis délaissa la Belgique pour s’installer à Paris, désormais la capitale du royaume franc qui, à cette époque, était formé de la
quasi-totalité de la Gaule (à l’exception de la Bourgogne) et du sud-est de l’Allemagne actuelle.
Grâce à ses conquêtes, Clovis était parvenu à acquérir une puissance considérable, sans précédent pour un chef barbare. Avec lui était né un royaume cohérent, où les populations gallo-romaine et
franque se mêlaient, unies par une même religion, et où les relations entre conquérants et conquis étaient particulièrement étroites. Fondateur de l’abbaye de Sainte-Geneviève, Clovis mourut à
Paris, l’année même où il avait réuni à Orléans un concile destiné à réorganiser l’Église des Gaules. Son royaume fut partagé entre ses quatre fils, Thierry, Clodomir, Childebert Ier et Clotaire
Ier.
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Il est dans la nature humaine de vouloir être maître chez soit, même si c’est un petit chez soit. Clovis pratiqua une « réalpolitik » impitoyable qui contribua à une plus grande
destruction de l’empire romain, c’est somme toute la revanche de Vercingétorix sur César, du particulier sur l’universel.
Clovis, à l’exemple de Constantin instrumentalise la religion et ouvre involontairement la voie aux futures prétentions théocratiques des papes.
Que devrons-nous subir lorsque tout naturellement l’UE se détruira, comme se détruira l’empire carolingien ou napoléonien ?
Comment nous défendrons-nous contre cette nouvelle « théocratie » de la coure de justice européenne qui nous asservit judiciairement ?
Français réfléchissez-y !