Samedi 3 mai 2008

 

La sénatrice pro-Chavez Piedad Cordoba en ligne de mire

 

Colombie : le scandale de la Farc-politique (liens avec la guérilla) démarre

 

BOGOTA, vendredi 25 avril 2008 (LatinReporters.com) - Alors que les enquêtes judiciaires sur leurs liens présumés avec les paramilitaires visent le président colombien Alvaro Uribe et 64 sénateurs et députés, dont 33 sont incarcérés, les liens de parlementaires avec la guérilla marxiste des FARC vont à leur tour être examinés par la justice. A Bogota, les médias disent que le scandale de la "Farc-politique" va désormais côtoyer en Colombie celui de la "parapolitique".

 

La Cour suprême de justice a réclamé le 24 avril au ministère de la Défense les documents contenus dans les ordinateurs de feu Raul Reyes, le nº2 des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) tué le 1er mars dernier dans un raid de l'armée colombienne contre un camp de la guérilla au nord de l'Equateur. Trois ordinateurs portables récupérés lors de l'attaque ont été confiés à Interpol pour authentification, mais des messages qu'ils contiennent continuent à être diffusés.

 

Des liens politiques et financiers des FARC avec les présidents du Venezuela et de l'Equateur, Hugo Chavez et Rafael Correa, étaient révélés par la publication d'une première partie de ces messages. Ceux diffusés partiellement depuis le 24 avril, notamment par le quotidien El Tiempo et Radio Caracol, qui citent des sources officielles, dévoilent l'alliance entre les FARC et la sénatrice colombienne de gauche Piedad Cordoba. Amie de Hugo Chavez, elle obtint avec lui la libération de six des plus de 700 otages des guérilleros, qui séquestrent notamment Ingrid Betancourt.

 

D'autres noms ne tarderont pas à surgir. Si la grande majorité, 54 sur 64, des parlementaires impliqués jusqu'à présent dans la parapolitique appartiennent à la coalition conservatrice soutenant le président Uribe, les coupables de Farc-politique devraient logiquement relever surtout, comme Piedad Cordoba, de l'opposition de gauche. Tant les paramilitaires que les FARC sont considérés comme terroristes par la Colombie, les Etats-Unis et les 27 pays de l'Union européenne. Avoir été, voire être encore l'allié des uns ou des autres est nécessairement un délit grave tombant sous le coup de la justice.

 

Les ordinateurs de Raul Reyes contiennent tant d'informations qu'ils pourraient engendrer un scandale supérieur à celui de la parapolitique déclarait en substance, mercredi 23 avril à la presse, le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos. Il sortait d'une session réservée de la Chambre des Représentants (députés) lors de laquelle il avertissait que des hommes et des femmes de la vie publique du pays ont eu avec les FARC des relations que détaillent les ordinateurs de Reyes. [NDLR - Le Venezuela, l'Equateur et les FARC se sont étonnés que ces ordinateurs "indestructibles" n'aient pas été "pulvérisés" par les bombes lancées contre le camp de Raul Reyes. Mais l'état du cadavre de ce dernier, entier et identifiable après l'attaque malgré les blessures, suggère que des ordinateurs portables n'aient pas été nécessairement détruits lors du raid de l'armée colombienne].

 

Mardi 22 avril, la Colombie sursautait lorsque l'ex-sénateur et ex-président du Congrès (Parlement), Mario Uribe, cousin et allié politique du président Alvaro Uribe, était arrêté pour liens présumés avec les paramilitaires après une tentative frustrée d'obtenir à l'ambassade du Costa Rica l'asile politique de ce pays. Et le lendemain, le président Uribe lui-même indiquait qu'un ancien paramilitaire, dans des déclarations à la justice, qui a ouvert une enquête, tente de l'impliquer dans un massacre de 12 paysans commis en 1997.

 

A propos des liens entre les FARC et Piedad Cordoba révélés par les ordinateurs de Raul Reyes, les assesseurs de la sénatrice colombienne font valoir qu'ils seraient logiques et légitimes, puisque le président Uribe lui-même lui avait confié fin août 2007, ainsi qu'à Hugo Chavez, une mission de médiation avec les FARC visant à la libération d'otages. Mais ce mandat de médiation avait été révoqué par Alvaro Uribe trois mois plus tard, fin novembre 2007, et certains messages Internet des FARC concernant Piedad Cordoba ou rédigés par elle-même sont postérieurs ou surtout antérieurs à sa mission de médiation.

 

Les FARC voulaient un "gouvernement de transition" dirigé par Piedad Cordoba

 

Selon Radio Caracol, ces messages font remonter à au moins 2003 une "communication fluide" entre la guérilla marxiste et la sénatrice Cordoba, connue dans le monde des guérilleros sous le surnom de Teodora ou Teodora de Bolivar. Raul Reyes l'appelait aussi "l'amie au turban", en référence à la coiffe qu'elle porte souvent. Le chef rebelle abattu la désignait dans un message comme la candidate idéale pour diriger "un gouvernement de transition" de douze personnes. Hormis celle de Piedad Cordoba, l'identité des membres de ce "gouvernement" colombien que soutiendraient les FARC n'est pas encore révélée.

 

La sénatrice aurait aussi contribué à la présence politique des FARC lors de congrès dans divers pays, notamment en Equateur en novembre 2003 et au Brésil en août 2004. Selon Raul Reyes, Piedad Cordoba lui aurait dit avoir reçu de Hugo Chavez 50.000 dollars pour des oeuvres sociales dans le département colombien du Choco, assise électorale de la sénatrice.

 

Dans un message d'octobre 2007 suggérant aux FARC d'envoyer rapidement un interlocuteur à Caracas, Piedad Cordoba, alias Teodora, se réfère au président du Venezuela en l'appelant "mon commandant Chavez". La parlementaire agissait alors comme médiatrice pour la libération d'otages, d'une manière qui amena Raul Reyes à écrire que "le travail réalisé par notre chère sénatrice est simplement extraordinaire".

 

Un message signé le 11 décembre 2007 par "César", membre supposé de la Commission internationale des FARC au Venezuela, rend compte à Raul Reyes d'une rencontre avec Piedad Cordoba. "César" assure qu'elle "appuie totalement la plate-forme politique des FARC, mais non la lutte armée".

 

Le Colombie attend maintenant d'autres révélations. Si, comme l'a prédit le ministre de la Défense, le scandale de la parapolitique est bientôt surpassé par celui de la Farc-politique, combien des 268 sénateurs et députés élus en 2006 conserveront-ils leur siège? Avant que ce hara-kiri collectif ne la menace, la gauche colombienne proposait des élections anticipées et/ou la convocation d'une Assemblée constituante pour refondre les institutions.

 

http://www.latinreporters.com/colombiepol25042008.html

 

La Colombie a ceci de particulier qu’elle cumule les caricatures de la vie parlementaire et de la lutte de classes armée

De mon point de vu, le plus grave est la dénaturation du communisme par les FARC, leurs complices députés et Chavez.

Marx b’était pas un tendre, il insultait abondamment ses adversaires mais jamais il n’aurait vendu de drogue ni pris d’otages comme les FARC. Jamais il n’aurait couvert ces agissements sataniques comme Chavez

Les paramilitaires sont de dignes héritiers des assassins de Luxembourg et Liebknecht avec cette circonstance aggravante qu’ils ne se battent pas par patriotisme mais pour leurs privilèges sociaux.

Uribe n’est pas le moins criminel puis que j’ai entendu (sur « Europe1 » je crois) qu’il retarde la libération de Betancourt pour être certain de sa réélection.

Bref le pays n’est plus en état d’être honnêtement je propose donc qu’il soit mis sous tutelle de l’Espagne ex puissance colonisatrice jusqu’à la formation d’une élite honnête

par michel baran publié dans : POLITIQUE ETRENGERE
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Samedi 3 mai 2008

MADRID,

mercredi 30 avril 2008 (LatinReporters.com) - "L'inquiétude règne au sein de l'armée ... Ceux de ses membres avec qui je parle en arrivent très souvent à envisager l'action violente" [contre le pouvoir au Venezuela] affirme, dans une interview publiée le 30 avril par le quotidien espagnol de centre gauche El Pais, le général à la retraite Raul Isaias Baduel, ex-commandant en chef de l'armée et ministre de la Défense du président vénézuélien Hugo Chavez jusqu'en juillet 2007.

 

 

"Je m'efforce de leur faire comprendre que cela [l'action violente] n'est pas la solution" précise aussitôt Baduel. Il dit percevoir "l'inquiétude" des militaires au travers de ses "contacts permanents, surtout avec ceux du commandement intermédiaire".

 

Selon l'ex-ministre, des officiers se plaindraient de "l'affaiblissement du professionnalisme militaire" et de la prétention "d'utiliser l'armée comme acteur politique appuyant un projet dénommé socialisme du 21e siècle, vide de tout contenu".

 

"Notre pays est dans une étape préalable à l'insurrection que favorise le président Chavez lui-même. La situation est grave" croit pouvoir diagnostiquer Baduel. Il accuse Hugo Chavez de "démanteler progressivement l'armée en créant des corps armés parallèles non prévus par la Constitution et qui dépendent de lui. Cela génère une situation d'inquiétude dans l'armée. Je n'ai aucun doute qu'il [le président Chavez] le fait dans l'idée de chercher des excuses et de se poser en victime pour ensuite manipuler cette situation de déséquilibre".

 

Raul Isaias Baduel, qui fut aussi commandant en chef de l'armée de 2004 à 2006, contribua de manière décisive à l'échec du putsch anti-Chavez de 2002. A la tête alors de la brigade de parachutistes, il coordonna l'opération "Récupération de la dignité" qui ramena dans la nuit du 14 au 15 avril 2002 Hugo Chavez au palais présidentiel, dont il avait été évincé 48 heures plus tôt.

 

Baduel fut en outre avec Chavez l'un des quatre jeunes officiers fondateurs, en 1982, du Mouvement bolivarien révolutionnaire 200 (MBR-200), creuset de la révolution dite bolivarienne menée depuis 1999 au Venezuela.

 

Le divorce entre les deux compagnons d'armes coïncide avec le virage radical de Hugo Chavez -ponctué du slogan castriste "Patria, socialismo o muerte"- vers un "socialisme du 21 siècle" à partir de sa réélection triomphale de décembre 2006. Baduel a contribué à la première défaite électorale du président Chavez, au référendum du 2 décembre 2007, lorsque le chef de l'Etat espérait faire du Venezuela un Etat constitutionnellement socialiste. L'ex-chef des armées fit campagne contre ce projet de réforme constitutionnelle, qu'il qualifia de tentative de "coup d'Etat" visant à enterrer le pluralisme.

 

Vaincu au référendum par 51% de non, Hugo Chavez qualifia sa défaite de "victoire de merde" de l'opposition. Dans son interview à El Pais, Baduel relève qu'aujourd'hui, près de cinq mois plus tard, les résultats officiels de ce référendum du 2 décembre n'ont toujours pas été publiés. L'ex-ministre de la Défense affirme en outre avoir été en contact avec de nombreux militaires démocrates lorsqu'au soir du référendum l'attente de l'annonce de la victoire du non s'éternisait. Baduel aurait alors fait savoir "avec respect, mais fermeté" au Conseil national électoral (CNE) qu'il envisageait de convoquer une conférence de presse "pour faire connaître les véritables résultats". Quelques instants plus tard, le CNE annonçait le rejet de la révision socialiste de la Constitution. [NDLR - Divers opposants croient que le non à la réforme constitutionnelle fut massif et donc largement supérieur au score de 51% diffusé par le CNE].

 

Relativement jeune, 52 ans, Raul Isaias Baduel cherche sa place sur l'échiquier politique du Venezuela. Des médias lui ont prêté l'ambition de succéder à Chavez, mais la prochaine élection présidentielle n'aura lieu en principe que fin 2012. Dans l'immédiat, le militaire retraité se revendique d'une "démocratie à haut contenu social". Il reconnaît des contacts avec Podemos, parti social-démocrate qui a rompu son alliance avec la majorité présidentielle, cherchant désormais une troisième voie entre le radicalisme de Hugo Chavez et l'opposition stérile.

 

Selon Baduel, "l'unique prétention du président Chavez est de se perpétuer au pouvoir et manier arbitrairement les revenus publics et pétroliers". Le Venezuela, affirme-t-il, vivrait dans "une fiction de démocratie" au sein de laquelle n'existerait plus la division des pouvoirs, soumis au "personnalisme totalitaire et dictatorial" de Hugo Chavez.

 

http://www.latinreporters.com/venezuelapol30042008.html

 

Il semblerait que Chavez veuille faire de l’armée une série de bandes armées, quelque chose entre nos FTP avant leur dissolution par De Gaulle basée sur la théorie maoïste de l’armée populaire comme un poisson dans l’eau parmi le peuple.

L’ennuie c’est que cela suppose une guerre de vaincu, comme nous l’étions dans les années 40 et comme l’était le PCC face aux japonais et au komintang de Tchang Kai Tchek. Seulement il es plus que probable que ni le peuple ni l’armée ne veulent être dans cette position

Les armées ont vocation à être nationale et non partisane, aussi je comprendrais et approuverais un coup d’Etat patriotique social

par michel baran publié dans : POLITIQUE ETRENGERE
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