Lundi 5 mai 2008

 

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Manière de voir — Histoires d’Israël

Révolution laïque pour le sionisme

Nationalisme fermé, propre à l’Europe centrale du XIXe siècle, ou nationalisme libéral issu des Lumières ? Pour évoluer de l’un vers l’autre, le sionisme a besoin d’une révolution humaniste, rationaliste et laïque. Celle qu’appelle la normalisation en cours de la société israélienne. (Mai 1998.)

Par Zeev Sternhell

 

L’âge de la raison est aussi celui du doute. Cinquante ans après l’indépendance, la société israélienne commence à subir les premiers grands chocs de la normalisation. Jamais autant de questions sur la nature de son identité ne s’étaient posées, jamais la remise en cause de nos mythes fondateurs n’avait été aussi répandue, jamais l’urgence d’un nouveau bond en avant ne s’était fait sentir avec plus d’intensité.

 

Israël est né de la détresse des juifs. Parce qu’il a été, durant les années 1930 et 1940, leur seul refuge possible — pour ceux d’Allemagne, puis pour les rescapés du génocide —, le sionisme a obtenu un appui politique et une légitimité morale sans lesquels la communauté juive de Palestine n’eût sans doute pas pu se constituer en Etat avec l’appui des deux tiers des membres de l’ONU. Cependant, la nécessité de sauver les juifs d’Europe de la destruction physique n’a pas été la seule raison à présider à la naissance d’Israël. Loin de là.

 

Forgé en Europe au tournant du siècle, le sionisme est parti à la conquête de la Palestine avant la première guerre mondiale, à une époque où, pour échapper aux pogroms, aux humiliations et à l’ostracisme économique, il existait une solution mieux adaptée aux besoins des victimes que l’appropriation d’une terre lointaine où fonder un Etat. D’ailleurs, jusqu’à 1924, année où les Etats-Unis ferment leurs portes, sur les 2 400 000 juifs qui fuient l’Europe de l’Est, seuls 60 000 prennent le chemin de la Palestine. Une grande partie d’entre eux ne parviendront pas à s’adapter aux dures conditions de vie et quitteront le pays.

 

Le noyau dur des fondateurs est composé de quelques milliers de garçons et filles qui s’accrochent : c’est à eux que l’on doit l’organisation politique, économique et culturelle qui a permis au projet sioniste de réussir. Intimement convaincue d’être investie d’une mission sans pareille, persuadée de la justesse de sa vision de l’histoire, c’est cette élite révolutionnaire, nationaliste à outrance, dure avec elle-même et avec autrui, qui a dirigé la conquête du pays et tenu l’essentiel des pouvoirs jusqu’au début des années 1970.

 

Il importe de garder ces faits présents à l’esprit si l’on veut comprendre aussi bien l’Israël d’aujourd’hui que ses perspectives. L’événement majeur qui domine notre histoire, c’est la guerre de 1967, à laquelle les Arabes répondent par la guerre de 1973. Ce n’est pas un hasard si la conquête involontaire de la Cisjordanie, du Golan et du Sinaï — résultat premier du refus arabe et de l’effort pour éliminer Israël — débouche sur un malheur que notre société n’est pas encore parvenue à surmonter.

 

L’occupation, les débuts de la colonisation, les projets d’annexion connus sous le nom de « plan Alon » sont mis en œuvre dans les tout premiers jours qui suivent la victoire de juin 1967, alors que les rênes du pouvoir sont toujours entre les mains des fondateurs.

 

Quand l’armée israélienne s’arrête au bord du Jourdain, sur le canal de Suez et à portée de tir de canon de Damas, David Ben Gourion, arrivé de Pologne en 1906, n’a abandonné la présidence du conseil que depuis quatre ans. En 1922, déjà à la tête de cet Etat en marche qu’était le syndicat-entrepreneur Histadrout, il déclarait : « Le seul souci qui doit imprimer et dominer notre action est la conquête de notre terre et son redressement par une énorme immigration. Tout le reste est rhétorique. » Ni lui ni ses contemporains n’ont jamais dévié de cette ligne de conduite.

 

Si le successeur de Ben Gourion à la tête du gouvernement, Lévy Eshkol, affiche un tempérament modéré, il n’est pas capable de formuler un plan de paix. Lui aussi participe de cette idéologie conquérante. Pour lui aussi, la guerre d’indépendance vient seulement de se terminer. Il serait faux de croire qu’Eshkol n’a pas pu résister aux pressions conjointes des « faucons » de la jeune génération — Moshé Dayan, ministre de la défense, Shimon Pérès, cet autre poulain de Ben Gourion, ou Igal Alon, vainqueur de l’Egypte en 1948. Le premier ministre s’est fait une douce violence en se rendant à leurs injonctions. En réalité, toute la famille travailliste, au pouvoir jusqu’en 1977, restait fidèle à la doctrine appliquée depuis les premiers jours du peuplement agricole : on n’abandonne ni position ni territoire, sauf sous la contrainte d’une force supérieure.

Le nationalisme juif ne diffère guère du nationalisme d’Europe centrale et orientale

 

Un principe d’ailleurs commun aux deux branches du sionisme, la branche travailliste et la branche de droite (« révisionniste ») - cette dernière est arrivée pour la première fois au pouvoir en 1977, et on lui doit la grande vague expansionniste des années 1980, ainsi que la guerre du Liban. Au fond, le sionisme tout entier n’est qu’une variante classique de ce nationalisme fermé apparu en Europe au tournant du siècle, alors que le nationalisme libéral, issu des Lumières et de la Révolution française, battait en retraite.

 

Le nationalisme juif ne diffère guère du nationalisme d’Europe centrale et orientale : « volkiste (1) », culturel et religieux, immergé dans le culte du passé héroïque. Il n’éprouve aucune difficulté à refuser à autrui les mêmes droits élémentaires qu’avec une tranquillité d’esprit absolue il exige pour lui-même. Confiant dans son bon droit à réclamer toute la terre antique de nos rois et de nos prophètes, le sionisme ne pouvait concevoir qu’une autre légitimité pût aussi exister au pays de la Bible.

 

C’est donc à la nature même de notre nationalisme — et non au vertige de la victoire militaire ou à l’extinction passagère de quelque valeur humaniste — qu’il faut imputer les débuts de la colonisation. Si on avait simplement voulu conserver les territoires comme monnaie d’échange pour la paix, le jour où les Arabes accepteraient la négociation, pourquoi ne les avoir pas soumis à un strict régime d’occupation militaire assorti d’un respect absolu de la loi internationale ?

 

L’aveuglement que représentait la négation du mouvement national arabe n’a pas frappé que Golda Meïr, représentante, elle aussi, de la génération pionnière. Fils de paysans nés en Palestine et soldats de légende, ses ministres, les généraux Alon et Dayan, figures emblématiques du « juif nouveau », n’avaient guère d’autres références que leurs aînés.

 

Pour les élites des années 1970 — y compris Itzhak Rabin et M. Shimon Pérès, venus au pouvoir pour la première fois en 1974 — comme pour les maîtres de la pensée nationale du travaillisme, arrivés au début du siècle, accepter l’idée d’une double légitimité en Palestine, c’était miner les fondements mêmes du sionisme. Les Palestiniens pouvaient avoir des droits en tant qu’individus, mais pas en tant que collectivité nationale — pas question qu’ils prétendent à l’indépendance.

 

Sur ces principes, à l’exception de quelques excentriques, tout le monde était d’accord au lendemain des Six Jours. Aucun des soi-disant pragmatistes n’était en mesure d’opposer un argument valable à la question classique : pourquoi était-il légitime de coloniser la Galilée, s’il n’était pas juste d’en faire autant sur le Golan ? Avait-on le droit de confisquer les terres des Arabes en fuite ou chassés en 1948 s’il était interdit d’occuper les terres tombées entre nos mains en 1967 ?

 

Ce n’est que progressivement que le cercle des minorités activistes s’est élargi pour dire que la victoire de 1949 et la fondation d’Israël avaient tracé une ligne historique de partage des eaux : ce qui était acceptable avant la victoire ne l’était plus après la fondation d’Israël.

 

Le sionisme tirait son droit moral sur une partie de — et non sur toute — la Palestine de la nécessité existentielle, pour les juifs, de trouver un refuge et de se donner un Etat. Aucun peuple au monde n’avait davantage besoin d’un chez soi. Mais, cet objectif atteint, les données du problème changeaient totalement, et le statut des territoires conquis en 1967 ne pouvait en aucune façon être assimilé à celui des conquêtes de 1949. Aujourd’hui encore, seule une minorité d’Israéliens se sentent suffisamment sûrs d’eux-mêmes pour formuler ce cadre conceptuel clair.

 

Voilà pourquoi, jusqu’aux accords d’Oslo — signés par des hommes qui, au pouvoir vingt ans plus tôt, exhibaient un conformisme sans faille —, il ne s’est pas trouvé de visionnaire capable de lever le drapeau d’un nouveau sionisme, qui aurait succédé à celui, conquérant, de la première moitié du siècle. Rabin et Pérès, et c’est leur gloire, ont osé mettre fin au médiocre débat, le seul qui ait véritablement concerné nos élites, entre annexionnistes à outrance et tenants de diverses formules de « compromis territorial » (annexion du Golan, de la vallée du Jourdain, et de certaines parties de la Judée et de la Samarie, avec remise du reste entre le mains du roi Hussein de Jordanie). Rabin en est mort, et Pérès a perdu le pouvoir...

 

Néanmoins, cette mutation n’aurait pas été possible sans les courants profonds qui travaillent la société israélienne. Car il existe bien une corrélation entre l’évolution de notre société et le conflit israélo-arabe. La mystique terrienne qui dictait à nos gouvernements successifs — travaillistes et de droite — leurs décisions de politique territoriale ramenait toujours au continuum histoire-religion, fondement premier du sionisme. Cette mystique était une des choses les mieux partagées : c’est pourquoi toutes les tendances du sionisme, religieux comme laïque, de droite comme de gauche, en dépit de toutes leurs différences, voulaient les frontières les plus étendues possibles. Pour tout le monde, le sionisme se définissait en termes de culture, d’histoire et de religion. La notion de citoyen israélien apparaissait le plus souvent comme une sorte de fiction légale : les citoyens non juifs n’appartenaient pas à la famille.

 

Il aura fallu les profondes fissures apparues au grand jour sur le corps du continuum histoire-religion pour que les accords d’Oslo voient le jour. L’existence même de l’Etat a créé une dynamique nouvelle. La normalisation de la condition juive, l’entrée dans la vie active d’Israéliens de troisième et de quatrième génération, la modernisation et l’ouverture vers le monde extérieur ont produit des phénomènes inconnus dans le passé : notre société se trouve engagée dans une libéralisation qui, inexorablement, brise l’unidimensionnalité du sionisme d’antan.

 

Pour la première fois apparaît une tendance véritablement individualiste, laïque, fondant l’identité sur l’aspiration à la liberté et à l’autodétermination, sur la volonté librement exprimée des personnes et non sur l’histoire et les pierres éternelles. L’Israélien nouveau, juif mais laïque, encore minoritaire mais bien présent, tourné vers les valeurs consacrées, voilà deux siècles, par la Révolution française, a commencé, ces dernières années, à se bâtir une identité indépendante, coupée de la religion de ses pères et de la « promesse divine ».

 

C’est là une révolution contre laquelle se révolte le sionisme du sang et du sol : les colons de Cisjordanie et leurs alliés du Likoud ont raison de soutenir que la reconnaissance des droits nationaux des Palestiniens marque la fin d’une époque. Israël ne cesse de se rapprocher, bien que souvent d’une manière trop hésitante et trop lente, de la tradition léguée par les Lumières. Un nombre croissant de ses intellectuels se sentent plus proches du nationalisme d’un Michelet que de celui de Johann Gottfried Herder qui, au début du siècle, avait nourri le sionisme en Europe orientale. Un monde sépare les écrivains et artistes d’aujourd’hui des grands noms de la génération précédente, souvent associés à la fondation, après les Six Jours, du Mouvement pour le Grand Israël.

 

Des attitudes étrangères au sionisme d’origine deviennent ainsi plus courantes. En dépit de la véritable guerre de culture qui nous attend encore, et malgré d’énormes résistances — l’assassinat d’Itzhak Rabin n’est pas nécessairement le dernier acte du drame —, la seconde révolution sioniste, humaniste, rationaliste et laïque est déjà en marche.Zeev Sternhell.

 

 

 

(1) Du terme allemand volk  : « peuple », au sens de « communauté de sang ».

Édition imprimée — avril 2008 — Pages 70, 71, 72 et 73

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 http://www.monde-diplomatique.fr/mav/98/STERNHELL/15918

 

Je n’aurai pas la malhonnêteté de contester les faits rapportés ici mais je voudrais rectifier un détail. Même si le « sionisme » n’est apparu qu’avec Hertzel il fut vivant dès la chute du second temple. Doit-on –tenir pour rien la lutte de Bar-Korba ? La description de Spinoza dans le ‘traité théologico-poltique » d’un retour par des voies normales des juifs chez eux ? Combien de pieux rabbins ne sont pas retournésen plein moyen âge en Israël ? On voit bien que le « sionisme » est aussi vieux que la victoire de Titus !

Pourquoi les options ougandaise, malgache ou birobodjannaise sinon parc que  ce n’était pas notre pays donné par Dieu

A ce point je dois répéter la définition de l’humanisme que j’ai déjà donné sur ce blog : Etre humaniste c’est se voir comme rois de la terre soumis au roi de l’univers, c’est voir en autrui l’image de Dieu.

L’humanisme irréligieux est un faux humanisme fondé sur des textes politiques, votés puis violés. De Lénine à Polpot c’est l’échec de la sacralisation de l’humanité (sans parler des expulsions parfois scandaleuse d’immigrés)

Second sujet de contestation, la raison ne se développerait pleinement que dans un cadre laïc, voir athée. C’est un dogme, il faut y croire, de nombreux contres exemples témoigne du contraire. Sternell en tous cas fait bon marché des discussions talmudiques.

Si Israël existe c’est pour vivre la Thora, donc vivre en théocratie.

Ce qui ne veut pas dire que les juifs laïcs devront obéir à toutes les lois religieuses mais du moins respecter les solennités, aller en boite le schabat discrètement. Les non juifs vivront selon leurs lois religieuses et un conseil spirituel œcuménique aplanira les différent

Il est vrai qu’ici la Palestine est tenue pour illégitime, oû était la résistance palestinienne durant la période ottomane ?

Pourtant il y aura une Palestine pour avoir la paix. Mais elle s’autodétruira oû sera détruite par le Messie

par michel baran publié dans : POLITIQUE ETRENGERE communauté : Communauté de l'opposition
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Lundi 5 mai 2008

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Al-Zawahiri sur le Hamas, l’Iran et d’autres questions

 

mercredi 23 avril 2008, par Alain Gresh

 

En décembre 2007, Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d’Al-Qaida a sollicité les internautes. Les réponses ont été publiées le 2 avril sur le site du mouvement Al-Sahab media en arabe et en anglais. Ce texte permet de mieux cerner la pensée (et les contradictions) d’Al-Qaida et aussi les sujets qui préoccupent ceux qui posaient des questions (au total 1888).

 

Sans prétendre faire le tour de tous les problèmes, je donne ci-dessous la substance des réponses sur les principaux sujets abordés :

 

Sur la mort d’innocents (dans les attentats)

 

« Nous n’avons pas tué d’innocents, ni à Bagdad, ni au Maroc, ni en Algérie, ni nulle part ailleurs. Et si des innocents ont été tués dans des opérations des moudjahidin, c’est ou par erreur ou en cas de nécessité. » (Par nécessité, il entend que les innocents sont des « boucliers humains » au milieu de l’ennemi.)

 

Concernant les attentats d’Alger du 11 décembre qui ont frappé le siège des Nations unies, de l’Assemblée constitutionnelle et de l’académie de police :

 

« Les Nations unies sont un ennemi déclaré de l’islam : c’est elle qui a légitimé la création de l’Etat d’Israël sur des terres musulmanes. C’est elle qui considère la Tchtchénie comme une partie intégrante de la Russie des croisés ; c’est elle qui considère Ceuta et Mellila comme une partie intégrante de l’Espagne des croisés. Et c’est elle qui a légitimé la présence des croisés en Afghanistan et en Irak (...), qui a légitimé l’indépendance de Timor de l’Indonésie, alors qu’elle ne reconnaît pas ce droit à la Tchétchénie, ni aux musulmans du Caucase, du Cachemire, de Ceuta et Mellila ou de Bosnie. »

 

Revenant sur la condamnation des attentats en Algérie par le cheikh Youssef Al-Qaradwi, Zawahiri affirme :

 

« Qaradawi croit les principaux criminels et accuse les moudjahidin de mentir. Il est revenu dans sa fatwa sur ce qui s’était passé dans les villes de Batna et de Dellys, présentant les événements comme le meurtre d’innocents et comme une acceptation de la légalité de faire couler le sang des innocents. Ainsi, il répète les mensonges du régime criminel algérien. L’opération à Dellys visait une base navale et non une école. Quant à celle de Batna, elle visait à tuer le président criminel qui a tué des milliers de civils innocents, qui combat l’islam, refuse d’appliquer la charia, est loyal à l’Amérique et à la France, et reconnaît Israël – par son appartenance aux Nations unies et son soutien à l’initiative arabe de capitulation » (le plan de paix arabe pour le conflit israélo-arabe)

 

Il accuse ensuite Qaradawi d’avoir publié une fatwa déclarant qu’il était légale pour un Américain musulman de se battre dans l’armée américaine en Afghanistan.

 

Sur la Palestine et le Hamas

 

Il accuse Al-Qaradawi de ne pas avoir d’objection à la reconnaissance d’Israël si un Etat palestinien est créé. « Je mets en garde, poursuit-il, contre une orientation qui se répand dans la direction d’un groupe musulman bien connu (il vise les Frères musulmans, rappelons que Qaradawi est considéré comme un de leurs leader spirituels) et dans la direction de groupes islamistes en Palestine, une orientation qui appelle à la création d’un Etat palestinien sur les territoires qui ont été occupés en 1967 et oubliant les parties de la Palestine qui ont été volées avant. Le masque est tombé avec les accords de la Mecque qui ont abandonné les quatre cinquièmes de la Palestine ».

 

Al-Zawahiri revient ensuite sur le Hamas :

 

« J’ai adopté une approche graduelle à l’égard du Hamas. D’abord un soutien puis des conseils répétés puis des mises en garde et, enfin, une critique générale. Quand ils ont signé les accords de la Mecque, cette critique était indispensable. J’ai adopté une approche graduelle à leur égard, mais ils n’ont pas répondu aux conseils de leurs frères et ont continué sur la même voie, de la participation aux élections (de janvier 2005) dans le cadre d’une constitution laïque, à leur abandon de leurs frères en Tchétchénie, finissant par leur abandon des quatre cinquièmes de la Palestine. »

 

Zawahiri continue en affirmant qu’il fait la différence entre la direction politique du Hamas et les moudjahidin (les brigades Ezzedine Al-Qassam), qu’il appelle les musulmans à soutenir (un appel destiné spécialement, dit-il, aux « tribus du Sinaï »).

 

Dans un autre développement, Zawahiri explique :

 

« Il est du devoir des moudjahidin des brigades Al-Qassam de conseiller leurs dirigeants et de leur demander de retourner à une ligne correcte, et de leur expliquer tout cela. Et si ces dirigeants ne répondent pas, alors la loyauté à Allah et à son messager doit être plus forte que la loyauté à l’égard de leurs dirigeants. »

 

Répondant à la question de savoir si on peut qualifier les dirigeants du Hamas d’incroyants :

 

« Je ne suis pas d’accord avec ceux qui mettent un signe d’égalité entre le Fatah et le Hamas. Le Hamas affirme son affiliation à l’islam alors que le Fatah est un mouvement laïque. Et je ne pense pas que l’on puisse dénoncer les dirigeants du Hamas comme incroyants. Déclarer que des individus sont des incroyants est une affaire très sérieuse (...). »

 

A plusieurs reprises, Zawahiri accuse les Frères musulmans égyptiens, leur reproche leur participation aux élections et accuse les Frères musulmans en Irak et en Afghanistan de participer au pouvoir.

 

Plusieurs questions portent sur le fait qu’A-Qaida ne mène pas le combat en Palestine. Dans une réponse, Al-Zawahiri explique que l’organisation a mené des attaque contre les juifs à Djerba (Tunisie), contre des touristes israéliens à Mombasa (Kenya). Il explique ensuite que Ben Laden, dans son dernier discours, a affirmé que les moudjahidin, après avoir libéré l’Irak, se dirigeront vers Jérusalem. Ailleurs, il précise : « Je veux assurer notre peuple, particulièrement en Palestine, que nous étendrons notre djihad, si Dieu le veut, et que nous ne reconnaîtrons jamais les frontières issues des accords Sykes-Picot (accords de partage du Proche-Orient entre la France et le Royaume-Uni signés durant la première guerre mondiale) ni les dirigeants que le colonialisme a mis en place. Nous, par Dieu, ne vous avons pas oubliés après les événéments du 11 (septembre), car un homme peut-il oublier sa famille ? Mais, à la suite de ces raids bénis (du 11-Septembre) qui ont frappé la tête et le coeur du siège mondial de l’incroyance et l’allié principal de l’entité sioniste, l’Amérique, nous sommes occupés à l’attaquer et à la combattre ainsi que ses agents, d’abord en Irak, en Afghanistan, dans le Maghreb islamique et en Somalie. Et si elle et ses agents sont battus, avec l’aide de Dieu, il ne se passera pas beaucoup de temps avant les moudjahidin mettent en place des brigades de Bagdad, d’Al-Anbar, de Mossoul, de Diyala et de Salahaddine pour nous ramener, avec l’aide de Dieu, à Hittin. » (Victoire de Saladin contre les Croisé en 1187 qui permit la reconquête par les musulmans de Jérusalem.)

 

Sur l’Iran, le chiisme et le Hezbollah

 

Pour l’essentiel, Zawahiri élude les questions sur l’Iran. Il renvoie à d’autres déclarations qu’il a faites. Rappelons que certains des internautes accusent Al-Qaida de ne rien dire sur l’Iran car certains de ses dirigeants seraient emprisonnés dans ce pays.

 

Toutefois, en réponse à une question sur les chiites, il écrit :

 

« Ceux qui ont participé avec leurs leaders à la coopération avec les Croisés et aux attaques contre les musulmans rejoignent le statut de ceux qui sortent des lois de l’islam. Quant aux croyants de base (laity) qui n’ont pas participé à une agression contre les musulmans ni à la croisade mondiale, nous les invitons (au dialogue) et nous leur expliquons les faits, et nous leur dévoilons l’étendue des crimes commis par leurs dirigeants contre l’islam et les musulmans, et comment ils ont coopéré avec les croisés dans l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak (il vise ici, bien évidemment, la direction iranienne) (...) et comment ils ont prétendu que leur but est la libération de la Palestine, mais Hassan Nasrallah a salué les forces croisées qui ont occupé le Liban (il fait allusion à la Finul) (...). Sans parler des déclarations de Rafsandjani affirmant que son but n’est pas l’élimination d’Israël, et le fait que l’Iran est membre des Nations unies comme Israël, et que la charte des Nations unies oblige tous ses membres à respecter l’unité et la sécurité et la souveraineté de tous les membres de l’organisation. »

 

Sur le camp de Nahr El-Bared

 

Sur le siège du camp palestinien de Nahr El-Bared au Liban, Zawahiri explique qu’il a eu beaucoup de question pour savoir pourquoi il n’avait pas parlé de ces événements. Il affirme qu’il n’en a parlé qu’indirectement « parce que les frère du Fatah Al-Islam étaient accusés par les agents de l’Amérique d’être une branche d’Al-Qaida, ce qu’ils niaient et j’avais peur que si je les soutenais ouvertement je leur créerai des difficultés à un moment où nous étions incapable de les aider. Maintenant, toutefois, je déclare que les frères du Fatah Al-Islam sont des héros. (...) Et ce qui leur est arrivé à eux et aux musulmans à Nahr Al-Bared est un crime que nous n’oublierons jamais »...

 

Combating Terrorism Center de West Point (centre qui s’inscrit tout à fait dans l’idéologie de la guerre mondiale contre le terrorisme) publie The Power of Truth ? Questions for Ayman al-Zawahiri, publie une analyse des questions posées par les internautes et des réponses du numéro 2 d’Al-Qaida. L’étude a été faite par Jerret Brachman, Brian Fishman et Joseph Felter.

 

Certains éléments quantitatifs sont intéressants. Le Centre a recensé un total de 1188 questions. 93 questions (4,9%) portaient sur le Hamas, seulement 5 questions portaient sur Qaradawi et 23 sur les Frères musulmans (alors qu’Al-Zawahiri a accordé aux deux une grande place dans ses réponses ; 78 questions portaient sur le Fatah Al-Islam, 6% portaient sur l’Irak et sur l’Etat islamique d’Irak ; 78 questions portaient sur l’Iran (4,2%).

 

Voici les quatre conclusions que les auteurs tirent de cette recherche :

 

- Zawahiri est inquiet du mécontentement croissant parmi les djihadistes, notamment par les actions qui tuent des civils ;

 

- Zawahiri a révélé des informations sur la tactique de propagande d’Al-Qaida reconnaissant de facto que le dirigeant de l’Etat islamique d’Irak Abou Omar Al-Baghdadi n’existait sans doute pas ;

 

- le conflit avec le Hamas va grandissant, de même que l’intérêt d’Al-Qaida pour le Liban ;

 

Al-Qaida continue de considérer les Frères musulmans comme un de ses plus importants adversaires.

 

http://blog.mondediplo.net/2008-04-23-Al-Zawahiri-sur-le-Hamas-l-Iran-et-d-autres

 

Il faut reconnaître à Al-Zaouariri et à ses comparses un certain sens stratégique et politique mais aucun sens moral ni religieux et son manque de considération pour les innocents, qui à bien le lire ne le sont jamais tout à fait.

Sa volonté de restaurer l’islam des premiers siècles est aussi stupide que si nous faisions revivre les droits de Louis XII et François 1° sur l’Italie contemporaine !

Sa « sollicitude pour « les croyants de base » n’est ni amour ni compassion mais vise uniquement à recruter des assassins pour son combat diabolique

par michel baran publié dans : DOCUMENT communauté : Communauté de l'opposition
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Lundi 5 mai 2008

Il y a peu de temps je me demandait ce que devenait le Darfour.

He bien le Darfour n’est toujours pas protéger. Selon une information « d’I-télé » datant d’hier sur 3500 hommes destinés à protéger le Darfour il manque 2000 soldats

Alors on voudrait savoir oû est passé l’énergie de Sarkozy !

On aimerait comprendre pourquoi 700 hommes sont envoyés en Afghanistan, alors qu’il y une bonne «dizaine de nations sur place, et pourquoi la Frabce ne complète pas l’effectif de l’EUFOR

par michel baran publié dans : POLITIQUE ETRENGERE communauté : Communauté de l'opposition
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