Ceci n’est pas un livre, juste quelques feuilles de réflexions. L’idée m’a été donnée par la relecture d’une lettre adressée à ma mère, datant de quatorze ans dont le thème central était le judaïsme.
La définition du judaïsme est paradoxale.
Je crois qu’au sens strict du terme le je judaïsme est la première religion monothéiste féconde (on peut toujours regarder du côté des parsis, des mazdéens iraniens ou d’Akhenaton, mais toutes ces religions sont restées stériles dans le sens où elles ne sont pas devenues universelles).
Le premier des paradoxes est que mystiquement comme historiquement la religion juive est la première de toutes les religions (y compris des religions païennes). Adam et Eve étaient évidemment juifs puis qu’ils n’avaient qu’un seul commandement : faire sabbat (et l’on sait que le sabbat est central dans cette religion)
Second paradoxe, le mysticisme (parler directement avec notre père) précède le légalisme qui commence avec les sacrifices d’Abel et Caïn ; or l’on sait que touts les religions abhorrent l’ésotérisme (ou mysticisme) parce que cela permet d‘échapper à toutes disciplines ecclésiales et dogmatique. La subjectivité a un très libre dialogue avec son père divin. Il y a naturellement des tendances antimystiques mais il me semble que seul le judaïsme a un aussi vaste corpus mystique (cabale et Zohar) qui permet de s’unir jusqu’à la fusion avec YHVH (je suis ce que je serai, saurai pour faire un jeu de mot) ?
Le troisième paradoxe tient à la dualité même qui existe entre l’exotérisme et l’ésotérisme. D’une part l’exotérisme affirme le libre arbitre d’autre part l’ésotérisme affirme la nécessaire réintégration des âmes dans l’essence divine. C’est dans ce contexte que prend sens le jeu de mot, car le paradoxe est que Dieu sait tout globalement et intellectuellement mais il lui reste à connaître expérimentalement, par sa part qui est en nous les contingences de la vie humaine.
Le quatrième paradoxe est que le judaïsme est : national, universel et nomade. Ces termes sont simultanés et décrivent la religion juive historique
- National, non d’un point de vu ethnique (des égyptiens sortirent avec Moïse). Non d’un point de vu territorial ; la terre n’était que promise ; mais ce nationalisme est idéaliste. Pour un religieux il s’exprime par l’adhésion à la Loi, pour un non religieux il s’exprime par l’adhésion à une morale de type lévinassien (ouverture à l’autre). Alors que Kant enjoint simplement de ne pas instrumentaliser autrui, Levinas, conforment au commandement biblique d’aimer (autrui comme soi-même) Levinas traduisant en termes philosophique le commandement d’aimer autrui comme soi-même fait faire à la philosophie un pas de plus en demandant que l’on fasse une brèche dans l’être individuel et national pour pouvoir faire une place à l’être d’autrui (c’est cette brèche que les palestiniens ne peuvent pas faire) .
- Nomade, historiquement la religion juive s’est constituée autour d’un appel de Dieu à sortir de chez soi (Abram), de ses certitudes (Ruth). Cette mise en route physique et psychologique est certainement le point de départe de l’idée d’humanité. En effet, à travers leurs pérégrinations les hébreux se sont rendus compte que le ressemblances entre humains l’emportaient de loin sur les différences (d’où les prières pour les nations au temple ainsi que le parvis réservé à celles-ci).
- L’universalisme, bien qu’il ressemble au nomadisme ne se confond pas avec lui. Etre universel est un choix, une volonté mûrement réfléchie de se mettre physiquement et psychologiquement à la place de l’autre. Le nomade passe, regarde, écoute mais ne comprend pas. L’homme universel part de chez lui (il peut y être contraint : Josèphe vendu par ses frères), s’installe dans un endroit, s’y adapte, le comprend (sans pour autant se confondre avec la masse, mais jusqu’à pouvoir le gouverner dans son intérêt propre (Josèphe premier ministre du Pharaon)
Si on jette sur le récit biblique un regard plongeant, on y aperçoit les deux modes de vie antagonistes : le nomadisme et le sédentarisme. Selon la bible, être nomade (où exilé) est une punition (Adam et Eve chassés du paradis, Caïn exilé après le meurtre d’Abel). Mais, la sédentarité n’est pas mieux vue.
- Le nomadisme vu sous l’angle de l’exil est couramment vu comme une punition d’autant plus lourde qu’elle se prolonge dans le temps et que les personnes sont intégré dans une ou plusieurs nations (y compris dan les sphères dirigeantes : Daniel, Blum,, Mendès-France, etc.…). En fait la punition se révèle être le plus grand service qu les juifs rendent à Dieu.
Non qu’il n’y a pas eu de graves péchés commis contre Dieu et autrui (Dieu étant l’altérité, l’Autrui par excellence) mais la gravité même des péchés montrent comme à revers l’excellence du bien qu’apporteront les juifs aux nations lorsqu’ils seront revenus à Dieu. Ainsi peut-on dire que la « punition-mission » peut être interprétée comme la mission de faire une brèche dans les êtres collectifs.
Je l’ai écrit plus haut, le sédentarisme n’est pas mieux vu dans la bible, au contraire ! Les sédentaires développent les péchés d’orgueil (Babel voulant s’égaler à Dieu) de repliement sur soit (Gomorrhe donnant au pauvres une monnaie qu’ils ne peuvent échanger contre aucune marchandise, hagadote du talmud) d’instrumentalisation d’autrui (les sodomites voulant sodomiser les invités d’Abraham), l’oublie de toute transcendance, me semble-t-il avoir été le péché de Ninive puisqu’il suffit à Jonas d’appeler à la repentance (se rependre à4 Dieu, se souvenir de ses lois morales). Tous les lecteurs de la bible connaissent les châtiments terribles que connurent les babéliens (fiers de leur unité, maîtrise technique, voulant conquérir la divinité par des moyens inappropriés les babéliens furent dispersés, rendu débiles dans la maîtrise technique de l’environnement) Gomorrhe et Sodome détruits par le feu (parce qu’ils était si centrés sur eux-mêmes, que tel un bloc d’argile rien ne pouvait entrer en eux). Ninive, me semble-t-il pose des questions : quels sont leurs péchés ? Pourquoi les ninivites crurent-ils Jonas ? Etaient-ils juifs, prosélytes, parents d’Israël, ou entendirent-ils seulement parler de YHVH ? Toujours est-il qu’ils se raccordèrent à Dieu.
Les juifs, dans leur histoire, ont expérimenté les deux modalités. Israël, cas unique dans l’histoire, a été restauré après deux mil ans d’interruption, à la place même où étaient ses principaux centres urbains de l’antiquité. Israël restauré par la volonté expresse de Dieu, il reste à comprendre la mission d’Israël ; car l’Etat d’Israël ne saurait être un Etat comme les autre. C’est un Etat théophore (porteur de la lumière de Dieu). Prophétique, dans le sens où il dit la parole de Dieu.
Il faut asseoir mon raisonnent sur deux axiomes invérifiables et cependant aussi évidant que celui qui dit que l’univers est infini :
-Tous comme le peuple juif est élu, l’Etat d’Israël est un Etat élu. Il faut entendre le terme d’élection comme synonyme de missionné. Dieu a chargé Israël de le représenté auprès de l’humanité et inversement de représenter l’humanité auprès de Dieu. Ceci explique l’unité de la religion rituelle, la renaissance de l’hébreux (contrairement au latin) mais aussi la diversité ethnique des juifs (chinois, noirs blancs) à quoi correspond l’infinie diversité des infinies des lectures biblique au sein du judaïsme (ce qui à contrario explique l’échec du prosélytisme chrétien en milieu juifs, celui-ci voulant imposer une dogmatique de plomb et clore l’herméneutique biblique) qui correspond au nombre infini, non seulement des subjectivités dans le temps, mais aussi au nombre infini des états psychologiques de chaque subjectivité (le propre de l’humain étant de changer d’opinions par sa réflexion comme sous la contrainte d’évènements extérieurs). En résumé la cohésion et la diversité des juifs dans le monde est bien plus forte que dans n’importe quel pays ou religion
- Le second axiome est que Dieu à une seule et unique volonté qui englobe l’humanité dans son ensemble ; mais cette volonté est un cadre général dans laquelle s’inscrivent des milliards d’attentions particulières pour des peuples, religions ou individus. Aucune de ces attentions ne contredisent la volonté générale mais y contribuent selon l’ampleur qui lui est attribuée. Pour imager cette idée je dirais que la volonté générale du soleil est de chauffer et éclairer ; mais sa volonté est de le faire différemment en Afrique, Europe ; à travers des volets, en été ou hiver.
Il reste à définir la volonté générale de Dieu pour Israël et donc l’humanité à partir des textes précités.
Une chose est certaine : Dieu veut l’harmonie entre lui-même et l’humanité, comme entre chaque composant de l’humanité. Cette harmonie n’a rien à voir avec les défilés de toutes sortes (militaire, nazi, communiste, etc.…) qui exalte l’homogénéité au lieu de la diversité.
Une lecture attentive de la création du couple humain nous montre un Dieu pianiste faisant des variations sur le thème humain : d’Iche, homme, il tira Icha ; « hommesse ». Une lettre change, et tout change tout en restant identique : deux bras, jambes, une tête moins un pénis plus deux seins. Là réside toutes les différences, qui il faut le signaler, sont source de plaisir, qui sont une harmonie.
La bible ne nous décrit certes pas l’harmonie paradisiaque, mais elle décrit comme en négatif (à travers Babel, Sodome et Gomorrhe, et Ninive) l’harmonie dont elle ne veut pas ; la bible ne veut pas d’une harmonie qui n’est qu’une massification mais une complémentarité, une fraternité, une beauté spirituelle.
Mais demandera-t-on qu’est une harmonie ? C’est une notion que chaque humain « bien élevé » (le terme est laid et fait penser à la morale, ce n’est pas dans ce sens que je l’emploie) ressent confusément au fond de son âme et y aspire/ Je dirais que le centre de l’harmonie est la sérénité (qui n’empêche pas d‘être actif) et cette sérénité se dégrade, se métamorphose en empathie pour chaque humain proche, celle-ci devient active pour l’aider, et s’aider, à exprimer pleinement son potentiel. Dans l’harmonie aucune différence n’est liée mais elle sont toutes librement unies pour se compléter et se mettre en valeur les une les autres à l’image de l’arc-en-ciel.
Il en est ainsi pour l’actuel Israël (juifs/Etat). Je vais énumérer une première liste de différences-contradictions
- Israël est en petit nombre mais il est fort militairement et intellectuellement.
- Israël est fort mais aussi faible
- Israël est dans sa patrie biblique et dans ses patries d’adoption, pourtant il est uni. Utilité d’Israël
- En terre d’Israël il y a des juifs de toutes nations, pourtant nul incident grave de nature raciste n’est à signaler.
Je vais analyser cette liste :
Israël avec entre cinq et six millions de citoyens (onze ou douze millions de juifs dans le monde) doit faire face à cent millions d’arabes (qui ne sont pas tous musulman). Mathématiquement Israël aurait du être anéanti dès 1948 ; seule l’exceptionnelle bravoure des soldats israéliens sauva l’Etat juif d‘Israël ! Telle est l’apparence. Mais la réalité est autre (et n’enlève rien aux soldats) réalisant les antiques prophéties (que les chrétiens ont cru dépassés parce qu’elle se sont réalisées dans l’antiquité, ils n’avaient pas compris qu’une prophétie est réutilisable jusqu’à sa pleine réalisation) Dieu décida que le temps était venu (personne, ni Jésus, ni aucun pape ne décréta l’abolition des prophéties restauratrices, et l’échec du Birobidjan stalinien garantit la portée théologique d’Israël) et donc combattit en grand secret, comme dans les livres des Macchabées ou d’Esther, aux côtés d’Israël durant toutes ses guerres (Intifadas compris) ce qui illustre parfaitement la formule paulinienne : c’est à travers la faiblesse que Dieu agit. Israël n’est donc pas restauré de sa propre volonté, n’est pas fort de sa propre force, Massada en témoigne, mais de la volonté et de la force de YAHVEH. Et ce témoignage lui vaut un regain d’anti-sémitisme dans une Europe presque athée se disputant pour savoir si Dieu et les religions doivent être dans sa constitution, refusant de voir le miracle permanant devant ses yeux ; comme d’ailleurs en terre d’islam qui bien que se voulant la clôture de la révélation et acceptant la bible juive comme livre inspiré, n’en tire pourtant pas les conclusions qui s’imposent quand aux prophéties restauratrices.
Israël est un petit Etat d’une force incommensurable puisque, je l’ai montré, elle vient de Dieu, mais l’Etat d’Israël, contrairement à d’autres Etats gigantesques est à la pointe de la recherche médicale au point que l’institut Weizman collabore avec l’institut Pasteur ; au point d’envoyer des sondes dans le cosmos. On sait par ailleurs que les entreprises virtuelles (stars up) israéliennes sont parmi les plus dynamiques au monde.
En fait Israël est l’héritier d’une longue lignée d’intellectuels qui pratiquèrent ce qu’ils savaient (on est loin des lettrés chinois, qui une fois l’examen en poche se contentèrent d’un poste de fonctionnaires).Maimonide, par exemple fut philosophe, théologien, médecin et conseiller politique, c’est-à-dire qu’il était dans les sciences humaines et divine, Rachi fut talmudiste et poète (et pour être poète il faut bien connaître l’âme humaine). J’enjambe les siècles et quels révolutionnaires scientifiques je ne trouve pas ? Freud et Einstein ; après eux la science n’a jamais été identique à ce qu’elle était. Explorateur de l’infiniment intime, confinant au domaine spirituel, Freud travailla pour l’humanité. Einstein explora l’infiniment grand et permit à l’humanité de s’extraire du berceau originel. Remarquons au passage que ces deux hommes touchèrent à l’arbre de la connaissance, aux mystères divins enfuient en l’homme et le cosmos.
Mais comme la force, l’intelligence est donnée par YAHVEH car nul n’est intelligent par lui-même s’il n’est pas destiné à l’être (c’est ce qu’avait comprit Salomon qui avait demandé la forme supérieure de l’intelligence : la sagesse). Ce n’est certes pas un hasard si Dieu décida que les deux refondateurs des sciences les plus importantes du futur seraient juifs. Dans le monde occidental (spirituellement issu en droite ligne du judaïsme le plus universaliste, et le plus enclin à comprendre la notion de progrès) il savait que l’agnosticisme, l’anti-sémitisme et l’athéisme (ces trois fléaux éloignent ou corrompent de la lecture de la bible comme de la foi la plus minime) séviraient en occident et qu’il lui faudrait donner un signe areligieux de l’intrinsèque solidarité de l’humanité avec Israël et donc avec lui-même. C’est donc la science qui fut le signe que Dieu destina aux athées ; agnostiques et anti-sémites.
Ceux-ci reprochent à Israël d’être tentaculaire, universel. Non seulement il a un Etat (qui entre parenthèse met fin à la pseudo malédiction du « juif errant »relative au « déicide ») mais il est dans la plus part des Etats d’occident et arabes (avant d’en être chassés en 1948). Les apparences (qui ne sont que les reflets de l’âme) que croient voir les anti-sémites sont celles d’une religion voulant exercer une hégémonie politique mondiale.
Il faut être claire et précis, la religion et la politique sont un (les musulmans ont raison). La foi ou l’absence de foi et même la qualité de la foi influe sur la politique d’un Etat. Au sens large du terme il y « Etat » (ouma, diaspora) dès qu’il y a structure ; ainsi peut-on parler de, l’ » »Etat catholique » qui déborde le Vatican, de l’ »Etat protestant » etc… Apparemment rien n’est différent, il y a même un mouvement raciste israélien (la kar du rabbin Kahan). Et pourtant…
Pourtant en Israël sous des apparences normales, rien ne l’est. D’abord l’Etat : sa raison d’être n’est pas la religion (comme les théocraties wahhabite ou iranienne) mais Dieu lui-même. Il y a là une énorme différence que je me dois d’exposer.
La religion en elle-même n’est pas un but mais un moyen d’aller vers ce Dieu si lointain et si intérieur à nous (il est comme dit le coran : « plus proche de toi que la veine jugulaire »). Un simple instrument pour perfectionner notre condition, voir la dépasser. Pour cela l’Etat d’Israël doit s’organiser pour faciliter (non pour imposer) la pratique et l’étude de la religion juive en priorité (les autres religions pouvant naturellement s’y épanouir sans faire de prosélytisme et dans, un esprit fraternel) mais ces religions (sauf les témoins de Jéhovah et les bahaïs) ont toutes un ou plusieurs Etats dans lesquels elles peuvent s’organiser selon leurs règles propres). Toutes facilités doivent donc être accordées aux religieux.
Mais ceux-ci doivent se garder de croire qu’ils monopolisent Dieu dans les traités talmudiques. L’assistante sociale qui se dévoue corps et âme, mange du porc et va en boite le shabbat est aussi proche de Dieu que le religieux La différence est que l’un s’attache à l’aspect transcendant, l’autre immanent. Ils se doivent mutuellement respect au nom de l’altérité qu’ils servent, et qu’ils se doivent l’un à l’autre.
Je soutiens que l’histoire sainte ne s’est pas finie avec la clôture de la bible canonique parce qu’au contraire des autres religion les juifs ont toujours été persécutés pour leur foi depuis 70 (date de la seconde destruction du temple) au nom de leur attachement à la foi juive comme chemin vers Dieu. Ces persécutions, pour le seul motif religieux, coupées de longues trêves, montrent à l’évidence qu’Israël par son intransigeance pacifique, refusant toutes innovations dogmatiques qui emprisonne la réflexion spéculative, et qui d’autre part refuse toutes simplifications rituelles qui pourraient affaiblir le lien extrinsèque dont pourrait avoir besoin une âme un peut faible, dérange son environnement, qu’il se coupe des modes « passagères » (même si elle durent deux mil ans) et qu’il et saint au sens biblique d’être à part pour Dieu (et non au sens d’être parfait).
Israël est d’une absolue loyauté envers ses patries adoptives et l’Etat d’Israël, prétendre qu’il y ait une contradiction entre ces deux loyautés serait aussi absurde que prétendre que la loyauté d’un catholique envers le pape serait en contradiction avec la loyauté envers sa patrie (je condamne avec la plus grande énergie, non seulement l’alya des français juifs pour raisons d’anti-sémitisme ou de confort, mais aussi toute propagande pour l’alya : Depuis quand laisse-t-on un dette à quelqu’un qui nous a donné un aussi glorieux passé ? Depuis quand ne ferions-nous plus confiance au pays de Zola, Jaurès Picquart et Bloy qui ont terrassé Drummond et toute sa clique argentée et raciste ?) En quel honneur partirions-nous de la France que nous avons enrichi de Montaigne, Bergson, Blum, Mendès-France, Fabius et j’en passe ! Sommes-nous tombés sur la tête ? Avons-nous perdu toute force d’âme pour rompre le combat devant les anti-sémites de toutes mouvances ? Qu’à Dieu ne plaise !
La France a besoin d’Israël et Israël à besoin de la France non de l’Europe. Si Israël est l’élu de Dieu pour le monde et l’orient, il m’apparaît évident que la France est dauphine d’Israël pour le monde et l’occident pour plusieurs raisons. Si Dieu a donné les frontières d’Israël dans le Bible, il a gravé celle de la France dans la Terre, si Dieu a voué Israël au judaïsme, la France l’a été au catholicisme (fille aînée de l’église) et par Jésus a été en quelque sorte la première fille adoptive d’Israël (par toi toutes les nation seront bénies, dit Dieu à Abraham ; je dit spécialement la France !) N’est-ce pas cette même France qui émancipa la première les juifs ? Qui rendit à Dreyfus son innocence ? Et c’est cette même France qui fut la première co-signatrice de la déclaration Balfour. C’est encore et toujours la France qui protégeât « l’Etoile de David » dans le port de Marseille (ou de Sète ?) contre la Grande-Bretagne. Jusqu’à cette phrase critique et admiratrice de De Gaulle qu’il aurait voulu, à n’en pas douter dire de l France « un peuple sûr de lui et dominateur ». Et à l’exemple d’Israël la France n’a-t-elle pas eu ses Philistins dans les anglais de la guerre cent ans ? Il y eu certes de mauvais serviteurs de la France : Louis IX, Drummond, Pétain, Laval, mais la France reste immaculée !
…
Et aujourd’hui ? En dépit des apparences la France et Israël on le même
destin :De même qu’Israël est sortie de son pays, de même la France a poursuivi une action colonisatrice que ses gouvernements voulaient civilisatrice mais qui a été trahis par certains mauvais français. Par le livre et le sabre Israël et la France ont voulu améliorer le monde et se sont profondément transformé d’un point de vu ethnique. Ces deux nations ont des citoyens de toues races en elles (mais la France a choisi l’option laïque) et ont la loyauté de tous les groupes raciaux.
Contrairement à Israël, la France, qui n’a d’autres horizons que la « légalité internationale »,(que je méprise profondément parce que c’est un prétexte à l’inaction : invasion de l’Ethiopie en 1936, massacre des cambodgiens, kosovards, aujourd’hui serbes) alors qu’Israël, non pas croit mais sait, que le monde n’est pas abandonné au hasard ou à sa propre logique destructrice, mais se dirige sous la férule de Dieu vers une conclusion heureuse de son histoire.
Plusieurs textes témoignant de la conclusion heureuse de l’histoire du monde, encore faut-il y porter crédit ! Il y a d’abord la bénédiction des nations en Abraham (et YAHVEH ne revient jamais sur une promesse positive), ensuite il y a les textes sur le royaume de Dieu de Daniel, puis la résurrection des mort chez Ezéchiel (encore que ce soit très imagé)
Par tous ces exemples, le dessein est de montrer que l’humanité en général, et Israël en particulier, n’ont pas à craindre de se lancer dans l’action politique concrète pour rendre meilleur le monde où l’on vit à cause du péché (celui-ci étant inévitable à cause de la « faute»).
La volonté de Dieu a toujours été que nous coopérions à son plan (si ce n’était pas le cas pourquoi aurait-il demandé à Adam de nommer les choses ?) Ceci établit, il est urgent, qu’Israël négocie, ou impose la paix avec les palestiniens, pour que, réduits à l’impuissance militaire sous toutes ses formes, leurs élites améliorent le sort du peuple et que le bien-être apaise les regrets de la génération de 1948. Le problème palestinien est à la fois très vieux et très jeune. Bibliquement ils sont desSémites, descendants de Sem/ Plus précisément ils viennent d’Ismaël ; premier-né D’Abraham avec Agar, esclave égyptienne de Sarah :
Pour l’histoire profane ils descendent des philistins, également sémites, qui vinrent de la mer s’installer à Gaza et sa bande au XIII° siècle, combattirent l tribu de Dan mis vaincs par David, ils furent intégrés par Salomon. au ru royaume. Après l’échec de la révolte en + 135, Hadrien voulant effacer jusqu’au nom D’Israël, nomma la terre Palestine, du nom des philistins. Elle ne fut jamais indépendante.
Le problème actuel vient des britanniques qui dans le même temps qu’ils signèrent la déclaration Balfour promirent à la dynastie des Hachémites. un vaste royaume arabe sur la région. Pour la première fois les arabes auraient été indépendants Le système des mandats mis en place par la SDN sous prétexte de les préparer à l’indépendance frustra les Arabes. La Palestine entre 1919 et 1921 comprenait toute la Jordanie et l’Israël biblique. Mais en 1921 la Transjordanie ; occupant les deux rives du Jourdain fut donnée aux Hachémite (premier partage). En 1947 l’ONU, au lieu de déclarer la Jordanie patrie des palestiniens, vota un second partage, que ceux-ci, confiant dans le poids démographique arabe, refusèrent, mais qu’Israël réaliste accepta.
Mais la vraie question qui se pose est celle-ci : les élites palestiniennes ont-elle intérêt au ben être du peuple ? Où veulent-ils apitoyer le monde pour qu’il les soutienne dans leur guerre insensée pour anéantir l’Etat d’Israël? Car on sait qu’Arafat est millionnaire, voir milliardaire, qu’il a des comptes dans divers pays. Mais là n’est pas l’essentiel, ce n’est pas pour faire la guerre aux arabes ni aux palestiniens que Dieu a rétabli Israël mais pour qu’il soit différent (saint) de tout les autres Etats dans différends domaines dont
- Le religieux
- Le social
- L’art
- La science
A première vue cette liste est disparate mais au fur et à mesure de l’analyse des notions se dégagera sa cohésion, qui bien entendu ne peut être valable que dans la perspective messianique.
- Le religieux est l’assise (non historiquement ni sociologiquement puisque les premiers sionistes étaient socialistes, agnostiques, voir athées) et le couronnement de l’Etat d’Israël, mais ce couronnement n’est lui- même que l’instrument pour aller à Dieu, ainsi que je l’ai écrit plus haut (cette idée a été illustrée par ces deux phrases du nouveau testament : je suis l’alpha et l’oméga, et je suis le chemin…) Encore faut-il s’entendre sur ce que n’est pas la religion (je l’ai défini positivement plus haut).
a) La religion n’est pas : la tristesse, le sentiment de culpabilité du au péché, le ritualisme, l’uniformité de la pensée.
b) La religion est : l’amour de Dieu et de l’humain, la beauté et la joie d’être de la lignée de Dieu, la religion est aussi l’intelligence des choses (nature).
Le b) conduit directement au problème social et économique (tant travaillé par les prophètes).
En effet, si la religion est tout le b) alors on ne pratiquera aucun système pour lui-même mais on prendra ceci de cela, cela de ceci, selon les critères d’humanité et d’efficacité maximum. Il est certain que dans l’Etat prophétique d’Israël (stade préparatoire à l’Etat messianique dirigé par le messie lui-même) la protection des démunis sera assumée conjointement par l’Etat et les citoyens. Ceci demandera une réforme de l’éducation qui devra promouvoir les valeurs collectives de solidarité qui feront qu toutes les familles aisées auront une place ide à table pour le mendiant. L’Etat messianique aura soin par voie législative d’associer la solidarité individuelle avec le rôle nécessairement protecteur de ce même Etat Ceci aurait l’avantage de ne pas rendre la misère anonyme et de renforcer la solidarité fraternelle.
Mais la vie humaine ne se réduit ni à la religion, ni au travail ou à la nourriture. A l’image de Dieu qui artistiquement créa le monde ; l’homme a besoin d’art de toutes sortes pour vivre harmonieusement. L’art en effet, flatte nos sens par la beauté, or la beauté caractérise le monde divin, quel qu’en soit l’idée qu’on s’en fait. L’âme aspire donc plus ou moins confusément à la beauté, grâce et harmonie, or l’architecture contemporaine ne prend pas ces notions en compte : de plus nos villes sont défigurées par les panneaux publicitaires, les matériaux disgracieux. Le résultat est que les notions de beauté, harmonie grâce sont étouffée à la racines dans nos âme, ce qui le empêchent non seulement de s’élever, mais d’imaginer même qu’on puisse s’élever au-dessus de la réalité (sauf en de rares endroits où le travail humain se marie harmonieusement à la nature) Le rôle de l’Etat prophétique d’Israël est de concilier la modernité et la beauté, de faire en sorte que la beauté, la grâce et l’harmonie soient accessibles à tous, en tous lieux. En effet, la culture classique comme contemporaine, nationale comme étrangère, contient la beauté, la beauté conduit inévitablement à l’amour. La culture est donc un instrument d’estime de soi (du soi collectif, national) mais aussi d’estime des cultures étrangères, et par conséquent est un merveilleux moyen de lutte contre toutes les formes de racismes. Il revient donc à l’Etat prophétique d’Israël de mettre en place une politique culturelle populaire de très haut niveau.
Le dernier moyen qu’a Israël d’être le chef de cordée pour entraîner l’humanité vers le paradis est son excellence dans les sciences médicales et écologiques. La particularité de la science est qu’elle ne tient compte ni de barrière nationales, idéologiques ou raciales. Si on voulait la preuve certaine de l’assertion biblique que l’humanité forme une seule famille, sans races, mais s toute en nuances, elle serait dans l’application universelle de toutes les découvertes biologiques.
, Achevé le 8/5/2004
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