L’ANTIPATRIOTISME ECONOMIQUE
PARIS (AFP) — Renault a détaillé mardi en CCE son plan de 4.000 départs volontaires en France, annoncé en juillet dans le cadre d'un plan de retour à la compétitivité, tout en préparant le terrain à 2.000 suppressions d'emplois supplémentaires en Europe qui seront officialisées le 18 septembre.
Victime du marasme qui affecte la plupart des constructeurs en Europe, Renault, qui place tous ses espoirs commerciaux sur un nouveau modèle de Mégane présenté mardi, s'apprête à supprimer d'ici avril 2009, 10% des effectifs de sa maison-mère Renault (41.000 salariés en France).
"Sur trois ans, depuis 2005, 10.000 salariés auront perdu leur emploi chez Renault. C'est comme si Renault avait fermé l'équivalent de deux usines" a calculé Fabien Gâche, délégué syndical central CGT, le premier syndicat du groupe, qui a appelé à une grève dans tout le groupe en France ce jeudi.
Selon lui, ces suppressions d'effectifs "ne sont pas justifiées", et "représentent "l'échec de Carlos Ghosn".
"Aujourd'hui, c'est la marge financière qui détermine le niveau d'activité dans les établissements. Il faut revenir à des choses beaucoup plus saines" a-t-il ajouté.
Le 24 juillet, lors de l'annonce du plan, Renault avait aussi dévoilé une marge opérationnelle en progression de 19,8% sur le premier semestre 2008, par rapport à 2007.
"Nous allons proposer aux autres syndicats de nous suivre" dans la grève, a dit M. Gâche, en précisant que la CGT allait rencontrer Carlos Ghosn mercredi, et qu'elle comptait "construire un rapport de force qui permette d'imposer à la direction d'aller dans un autre sens sur le plan des stratégies industrielle et sociale".
"En 2005, nous étions 44.143 salariés chez Renault, et nous avons vendu 2.533 428 véhicules dans le monde, en 2009, Carlos Ghosn veut qu'on en vende 3 millions avec 35.000 salariés!", a-t-il résumé.
Une autre annonce portant sur "2.000 départs volontaires supplémentaires en Europe, dans un certain nombre de filiales" devrait être également faite le 18 septembre, "lors d'un comité restreint du comité de groupe Renault", a confirmé mardi une porte-parole de Renault à l'AFP, sans dire quels seront les sites touchés.
Elle porterait sur "1.100 départs pour les filiales de Renault en Europe, et 900 en France (...) S'il n'y pas assez de volontaires, on s'arrangera autrement mais il n'est pas question de licencier des gens" a-t-elle ajouté.
"Le marché européen est saturé, les marchés de croissance sont au grand international donc c'est en fonction de ces marchés-là qu'on prend ces décisions", a expliqué la porte-parole. "En France, on produit plus d'un million de véhicules par an, alors qu'on en vend 650.000, donc notre production est déséquilibrée par rapport au marché".
Au total, le plan devrait permettre au constructeur automobile d'économiser 350 millions d'euros dès 2009 et 500 millions en 2010.
"Aujourd'hui, c'est l'inquiétude qui domine chez les salariés devant la surcharge de travail immédiate et les forts moments de stress à venir, ainsi que l'arrêt de certains projets", dit un syndicaliste CGT.
Les élus normands ont vivement réagi mardi à l'annonce qui touche l'usine de Sandouville (Seine Maritime) où 1.000 emplois doivent disparaître. Ceci constitue "un coup grave porté aux salariés de l'entreprise et de ses sous-traitants", a déclaré le député PS de Seine Maritime Laurent Fabius.
Le deuxième CCE, consacré aux mesures d'accompagnement, se tiendra le 1er octobre, a indiqué la direction mardi soir.
http://afp.google.com/article/ALeqM5gH1tmhlnbxLTUY4nUQQhKQl6S2mQ
PARIS (AFP) — Airbus et sa maison mère EADS ont décidé de poursuivre les implantations dans des pays de la zone dollar ou à bas coût, avec notamment la création d'une usine en Tunisie, dans le cadre d'un nouveau plan d'économies d'un milliard d'euros d'ici 2012 dévoilé mardi.
L'avionneur européen "va reprendre le projet de Latécoère d'implantation en Tunisie pour fabriquer des pièces classiques", a déclaré le président exécutif d'EADS Louis Gallois au journal Le Monde.
Cette mesure fait partie du plan d'économies Power8+, qui devra prendre le relais du plan Power8 après 2010 pour contrer la faiblesse persistante du dollar. Il a été présenté mardi lors d'un comité de groupe européen d'Airbus à Toulouse.
L'objectif est de réaliser un milliard d'euros d'économies supplémentaires d'ici 2012, provenant d'Airbus pour 650 millions et des autres divisions pour 350 millions.
Le projet tunisien était à l'origine développé par l'équipementier toulousain Latécoère, qui avait négocié avec Airbus pour la reprise de ses deux sites français de Méaulte et Saint-Nazaire-Ville. Les discussions avaient ensuite échoué.
L'usine de Tunisie dépendra directement d'Aerolia, la filiale française d'Airbus qui sera issue des usines Airbus de Méaulte et Saint-Nazaire-ville, et qui emploiera aussi 200 personnes dans des fonctions de soutien à Toulouse, a précisé à l'AFP le directeur général d'Airbus Fabrice Brégier.
Aerolia, filiale à 100% d'EADS, représentera un "chiffre d'affaires de l'ordre de 800 millions d'euros en 2010" et aura la responsabilité de toutes les pointes avant.
En Allemagne, la filiale Premium Aerotech Gmbh, qui regroupera les usines d'Augsbourg, Nordenham et Varel, "aura un leadership sur les fuselages de grande dimension" et représentera un chiffre d'affaires "de 1,3 milliard d'euros", selon M. Brégier.
Airbus demandera aussi à cette filiale "de transférer des activités dans de la sous-traitance ou des productions à bas coût", a-t-il indiqué.
Louis Gallois a souligné son intérêt pour le Maghreb, la Chine, le Mexique et la Russie.
Les deux filiales auront "une taille critique qui leur permet de jouer dans la cour des grands et de s'ouvrir à d'autres marchés" que ceux d'Airbus, a fait valoir M. Brégier.
Par ailleurs, la finalisation de la cession de l'usine britannique de Filton, spécialisée dans les ailes, à l'anglais GKN est maintenant "une histoire de jours", selon lui.
Airbus va aussi faire grossir ses cinq centres d'ingénierie hors d'Europe (deux aux Etats-Unis, un en Chine, un en Inde et un en Russie).
Ils emploient aujourd'hui 800 salariés au total mais chacun d'entre eux devrait compter "300 à 400 personnes" à l'horizon 2012, selon M. Brégier.
Toutefois, Power8+ "n'a pas de volet emploi", a souligné M. Gallois: "La croissance du marché est telle que nous pouvons le faire sans remettre en cause nos implantations actuelles". La production chez Airbus doit augmenter "de plus de 50% entre 2007 et 2011", a-t-il souligné.
Power8, annoncé en février 2007, prévoyait pour sa part 10.000 suppressions d'emplois d'ici 2010, dont la moitié chez les sous-traitants.
Les syndicats d'Airbus se sont cependant déclarés "inquiets" de l'internationalisation croissante du groupe.
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, a mis en garde contre les dangers de "l'externalisation" et a souligné qu'il ferait "tout pour que les filiales industrielles restent 100% EADS".
Le comité d'entreprise allemand de l'avionneur a aussi fait part de "grosses réserves sur les délocalisations d'autres tâches".
http://afp.google.com/article/ALeqM5jVvLL9lQvp01u6QkKRG5Z1UnDLmQ
On sacrifie des emploies français de qualité sans en prévoir d’autres. Je ne ferai pas pleurer les chaumières en dénoncent l’absence de solidarité nationale, étant entendu, et je pèse mes mots, que les grands capitaines d’industrie sont des salauds, ni plus ni moins. Je pose simplement un certain nombre de questions :
- Etant reconnu que les français ont l’une des plus forte rentabilité horaire, pourquoi ne pas aménager le temps de travail ?
- Pourquoi n’exige-t-on pas d’être payer en euros,
- Est-il certain qu’en 2010/11 la parité dollars/euro sera la même et ne s’inversera pas ?
- Que fait l’Etat, qui veut reculer l’âge de la retraite, pour remplacer ces emploies ?