LE PARADIGME JAPONAIS

Publié le par michel baran

Suicide du ministre de l’Agriculture, démission du ministre de la Défense, popularité du Premier ministre, Shinzo Abe, au plus bas : l’hégémonique Parti démocrate libéral (PDL) japonais arrive très affaibli aux élections sénatoriales de ce mois. Cette crise politique de la droite conservatrice est profonde.

 

Elle puise sa source dans les contradictions fortes qui existent entre les attentes de l’électorat traditionnel du PDL (agriculteurs, petits entrepreneurs…) et sa politique très libérale, lancée en 2001 par le charismatique Jun’Chiro Koizumi. Les petites entreprises et les agriculteurs subissent de plein fouet la concurrence de leurs voisins asiatiques. Le nombre de travailleurs précaires explose, touchant durement la jeunesse. La situation est telle que même les médias conservateurs préférent désormais l’opposant de droite, le Parti démocrate. Conscient des dégâts de sa politique, notamment dans son électorat traditionnel, et de son incapacité à offrir un projet politique où se retrouverait le plus grand nombre, le PDL joue sur la fibre nationaliste.

 

Sur la sellette, Abe accélère les contre-réformes libérales à la sauce Shinto. Sa prochaine cible est la Constitution japonaise. L’article 9 fait de l’armée japonaise une armée d’autodéfense, obstacle inacceptable pour les libéraux bushistes ou les néo-impérialistes en quête de « maintien de la paix ». Mais si le LPD rassemble pour le coup ses troupes, cette révision nécessite l’organisation d’un référendum, qui ne pourra se faire qu’avec l’accord des deux tiers du Parlement. Tout dépend donc des prochaines élections.

 

http://www.rouge-hebdo.fr/article-rouge?id=7609

 

Quand Rouge sortira des presses, le Japon devrait avoir un nouveau Premier ministre, en la personne de Taro Arso. Ce dernier vient en effet – indispensable préalable – de gagner la présidence du Parti libéral démocrate (PLD), qui domine la Chambre basse. Comme dans bien d’autres pays (des États-Unis à la France), le candidat de la majorité parlementaire fait campagne en se présentant comme l’homme du changement, histoire de faire oublier un temps le coût social des contre-réformes néolibérales qu’il a lui-même soutenues. Promoteur de la « pop culture » et des bandes dessinées nippones, il est connu sous le sobriquet de « ministre du Manga ».

 

Il se définit lui-même comme un « faucon » en politique étrangère. Il joue à fond sur la corde nationaliste, réhabilitant la colonisation passée de la Corée et chantant l’homogénéité de la nation japonaise, ce « pays d’une seule race et d’une seule langue ». S’il n’ajoute pas ici la religion, ce n’est pas tant parce qu’il y en a, de tradition, plusieurs (shintoïsme, bouddhisme…), mais parce qu’il sera le premier chef d’État catholique du Japon. Pour répondre d’avance à qui douterait de sa « nipponitude », il en rajoute dans la posture populiste de droite et la grandiloquence : il se dit, sans rire, « déterminé à sacrifier sa vie pour défendre la paix du monde et l’intérêt national ».

 

Notre catholique Premier ministre – vous évoque-t-il un Sarkozy nippon ?– risque fort de jeter de l’huile sur le feu des tensions asiatiques. 

 

Antoine Tessour

 

http://www.rouge-hebdo.fr/article-rouge?id=8592

 

On a tendance à confondre démocratie et libéralisme économique, surtout dans une société holistique comme le Japon

Par l’exemple chinois on peut pragmatiquement prouver que c’est faux

Les relations entre les deux concepts méritent une analyse plus fine

S’il y  a confusion elle vient d’Adam Smith pour qui la totalité des désirs égoïsmes s’annulent et créent un équilibre symbolisé par l’expression « main invisible »

Or pour qu’il y ait égoïsmes il faut qu’ils puissent s’exprimer et comme Smith évoluait dans une Grande-Bretagne parlementaire et que la pseudo démocratie s’exprimera par le parlementarisme on confondra démocratie et libéralisme économique.

C’est évidemment une grossière erreur. D’abord parce que c’était un régime censitaire de grands bourgeois et de propriétaires terriens, mais surtout parce que la démocratie (la vraie !), aussi paradoxale que çà paraisse, est ennemie des égoïsmes et du désordre qu’ils provoquent en cherchant leur instable équilibre

En effet la loi de la démocratie, après les débats et les élections est la majorité bête et méchante. Ce qui fait qu’elle a vocation à s’ingérer dans la sphère économique soit pour faciliter la bonne marche du libéralisme, soit pour le régulariser donc le contrarier, ce dont ont horreur les libéraux ainsi qu’ont le voit aux USA comme en Allemagne

On comprend donc le dilemme du parti libéral démocrate : ou il donne la primauté au libéralisme et méprise la majorité sociologique qui se dessine, ou il choisit la démocratie et fait des entorses au libéralisme

Afin de ne pas se soumettre  au dilemme le PLD exalte le nationalisme, comme la Russie en 1905 et 14

On sait la voix qu’à choisi les généraux Franco, Pinochet, Videla et consorts au nom du libéralisme

Tout comme nous suivons le combat démocratique de Morales ett des amérindiens contre les libéraux blancs

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Publié dans POLITIQUE ECONOMIQUE

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