HISTOIRE DU LIKOUD

Publié le par michel baran

Likoud, coalition de formations politiques du centre et de droite nationaliste autour du parti Herout, au pouvoir en Israël pendant plusieurs années.

 

Le Likoud n’a jamais été un parti, mais une coalition électorale se référant à une idéologie particulière : le révisionnisme sioniste. Il regroupe plusieurs partis indépendants, dont le parti Herout (« Liberté »), le Parti libéral, le Parti libéral indépendant, le Mouvement pour la terre d’Israël. Il ne possède pas d’organe spécifique ; au pouvoir, il s’est souvent exprimé par le biais du quotidien Haa’retz ou de publications comme l’hebdomadaire Hayarden (« le Jourdain ») et le magazine Ha’Uma (« la Nation »), journaux dont la sensibilité est proche de celle du Herout.

 

Le Likoud revendique l’héritage du Mouvement sioniste révisionniste fondé en 1917 en Russie par Zeev Vladimir Jabotinsky, et du Beitar, fondé en 1924 à Riga par le même Jabotinsky. Ce mouvement a donné naissance, dans les années 1940, à l’organisation militaire de l’Irgoun, qui lutta contre les Britanniques. En 1948, l’Irgoun est dissous et son chef Menahem Begin fonde le parti Herout. Le Parti libéral est fondé en 1931 ; il représente traditionnellement la bourgeoisie de droite. Le Parti libéral indépendant provient de la Aliyah Hadasha (« Les nouveaux immigrants »), un parti fondé en 1942 par des réfugiés allemands et des transfuges du Haoved Hatzioni, le Parti sioniste des travailleurs, formé en 1936. Tous ont en commun le refus d’associer socialisme et sionisme, le principe territorial et national devant être l’unique essence du sionisme. Leur but est la réalisation de l’Eretz Israël (le « Grand Israël ») dans ses frontières bibliques ; politiquement, ils refusent l’idéologie qui fut dominante depuis la création d’Israël jusque dans les années 1970 : le travaillisme.

 

Une première coalition est formée en 1973 à la Knesset par la droite nationaliste, mais ce n’est qu’en 1977 que le Likoud arrive au pouvoir. Il y reste jusqu’en 1984, après avoir remporté à nouveau les élections législatives en 1981. À celles de 1984 et 1988, le Likoud constitue avec le Parti travailliste des gouvernements d’union nationale. La seconde union est rompue en 1989 et le Likoud parvient à former un gouvernement de droite grâce à l’appui des partis religieux et de l’extrême droite. Il revient de nouveau sur la scène politique en 1996 en s’alliant aux partis religieux.

 

La rhétorique nationaliste du Likoud est incarnée pendant des années par Menahem Begin, qui sur le terrain réussit à faire preuve de pragmatisme. Il signe en 1978 les accords de Camp David avec l’Égypte et doit reconnaître la légitimité des droits nationaux palestiniens, tout en continuant la mise en place des implantations juives dans les territoires occupés. Yitzhak Shamir, qui lui succède en 1983, a globalement la même attitude ; élu au poste de Premier ministre en mai 1996, Benyamin Netanyahou, qui a pris la direction du Likoud en 1993, se voit dans l’obligation de respecter les accords d’Oslo, signés avec l’OLP en 1993, malgré ses positions plus radicales. En effet, le Likoud, qui représente environ 35 p. 100 de l’électorat israélien, est confronté à une double contrainte : négocier son retrait des territoires occupés avec l’Autorité palestinienne en échange de la paix, tout en protégeant les implantations juives, et cela sans s’aliéner sa base électorale, courtisée par les partis radicaux religieux de la droite israélienne comme le Goush Emounim de madame Geoula Cohen ou l’Agoudat Israël. L’essor de ces partis, beaucoup plus extrémistes, témoigne de la crispation d’une partie de la société israélienne tentée par une logique d’enfermement. Cette situation entraîne notamment des divergences entre le Premier ministre et son ministre des Affaires étrangères, David Lévy, qui démissionne de son poste en janvier 1998. Aux élections législatives de mai 1999, le Likoud avec 19 élus perd 13 sièges et Benyamin Netanyahou, battu par Ehoud Barak, abandonne la direction du parti, reprise le 2 septembre par Ariel Sharon. En février 2001, celui-ci est élu Premier ministre avec 62,5 p. 100 des voix. Cette victoire, d’une ampleur sans précédent, ramène le Likoud au pouvoir, mais dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale alors que les affrontements entre Israéliens et Palestiniens s’intensifient.

 

Lors des élections législatives anticipées de janvier 2003, consécutive à la chute du gouvernement, le Likoud est le grand vainqueur du scrutin et efface son échec de 1999. Fort de 29,4 p. 100 des voix, il obtient 38 sièges (+ 19). Ariel Sharon est reconduit dans ses fonctions de Premier ministre et forme un gouvernement composé du Likoud, du Shinouï, et de représentants de l’extrême droite (Union nationale et Parti national religieux), dans lequel Benyamin Netanyahou occupe le ministère des Finances.

 

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