LES ERREURS DE LA CHINE EN AFRIQUE
"On n'entend que la voix de Pékin" estime l'essayiste sénégalais Adama Gaye
le 12/2/2009 à 15h15 par AFP
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L'Afrique a "beaucoup à apprendre de la Chine", estime le Sénégalais Adama Gaye, auteur de l'essai "Chine-Afrique: le dragon et l?autruche" (2006). Mais, avant une nouvelle tournée africaine du président Hu Jintao, il déplore qu'on n'entende "que la voix de Pékin" dans ce partenariat.
Quel bilan tirez-vous des relations Chine-Afrique?
Je suis favorable au renforcement des relations sino-africaines, parce que l'Afrique a beaucoup à apprendre de la Chine. Elle a su surmonter des problèmes que notre continent a également connus: conflits intérieurs, dominations coloniales extérieures, gestions économiques pas toujours heureuses... Ce que la Chine a fait pour se réinventer doit inspirer les dirigeants africains, même si, sur le plan démocratique, la Chine n'a pas fait les avancées que beaucoup de pays africains ont réalisées. Mais dans ce partenariat sino-africain, il ne faut pas qu'il n'y ait qu'une seule voix qui soit entendue. Or, à ce jour, on n'entend que la voix de Pékin! Il faudrait un dialogue véritable. La Chine a le droit de poursuivre ses intérêts nationaux, mais il importe qu'elle ne profite pas trop de la faiblesse des pays africains.
Qu'est-ce qui pousse la Chine à renforcer ses liens avec l'Afrique, outre des intérêts économiques?
La Chine, pour maintenir sa forte croissance économique, n'a d'autre choix que d'aller chercher les ressources naturelles qui n'existent pas chez elle; ce qui la pousse à développer de bonnes relations politiques avec l'Afrique afin de pouvoir sécuriser sur place des ressources pétrolières et minières, au Soudan, au Gabon, en Angola ou au Nigeria. Sa présence se justifie aussi par son ambition de contenir toute percée diplomatique de Taiwan au nom de la politique d'une seule Chine mais aussi d'assumer son objectif d'être plus qu'une simple grande puissance économique. Le 25 octobre 1971, Pékin n'avait pu retrouver son siège au Conseil de sécurité des Nations unies que grâce aux voix africaines. Et en 1989, après les évènements de Tiananmen (répression dans le sang du mouvement démocratique à Pékin en 1989), quand la communauté internationale voulait l'ostraciser, la Chine a pu trouver en Afrique des appuis politiques.
Quels types de difficultés se présentent?
Il y a des nuages dans la relation Chine-Afrique que Pékin ne doit pas être tenté de nier. Le président Hu Jintao s'en était rendu compte lors de sa visite en 2007 en Zambie, quand des ouvriers et des politiciens zambiens avaient violemment manifesté contre des dérives liées à la présence chinoise. Trop d'Africains souffrent de tracasseries pour voyager ou travailler en Chine. Des ouvriers africains sont victimes de discrimination sur des chantiers chinois. Et des contrats sino-africains sont signés en catimini, accentuant le risque d'un pillage des ressources naturelles africaines.
http://www.aujourdhuilachine.com/article.asp?IdArticle=10435
La Chine se comporte comme une puissance néocoloniale et n’a pas tiré les leçons de sa colonisation par les occidentaux et les japonais. De même ne l’a-t-elle pas fait de la colonisation africaine par les européens. Il y a comme un aveuglement volontaire ou non devant les leçons de l’histoire
Certes la Chine peut faire part aux africain d’un savoir-faire dans l’auto développement, à condition de prendre en compte la taille réelle de Etats et de ne pas plaquer un schéma
Le silence africain dénoncé par Gaye montre toute la valeur de l’option francophone oû il y a colonisés et colonisateurs qui se comprennent bien