MADGASCAR N’EST PAS SORTIE DE L’AUBERGE
ANTANANARIVO (AFP) — Des négociations ont débuté entre les camps rivaux du président malgache Marc Ravalomanana et du maire destitué d'Antananarivo Andry Rajoelina, qui a poursuivi jeudi la mise en place des institutions de transition censées à ses yeux remplacer le pouvoir en place.
"Depuis hier (mercredi), le dialogue est ouvert: deux délégations (des deux camps) sont en train de travailler. Ces négociations sont conduites par les représentants des Eglises qui sont très importantes ici", a annoncé jeudi à la presse le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet.
M. Joyandet, qui fait partie d'une délégation de la Commission de l'océan Indien (COI), s'exprimait à l'issue d'une rencontre d'une heure et demie avec M. Rajoelina à son domicile.
"Les deux hommes se sont engagés à ne prendre aucune initiative qui puisse conduire à la violence et à des morts supplémentaires", a précisé plus tard à la presse M. Joyandet, avant de quitter Madagascar.
"Il y a un mandat d'arrêt qui a été lancé contre le maire d'Antananarivo, (..) le président a indiqué qu'il était prêt à en revoir le fondement (..) de son côté le maire a pris l'engagement de ne pas marcher sur les ministères avec la foule au risque de faire à nouveau des émeutes et des morts", a poursuivi M. Joyandet.
Le mandat d'arrêt contre le maire destitué de la capitale aurait été signé dimanche selon une source proche du dossier, information qui n'a pas fait l'objet d'une communication officielle.
Une source proche du dossier s'exprimant sous couvert d'anonymat a précisé à l'AFP que les deux délégations étaient composées de trois personnes, et que les négociations étaient menées sous l'égide de l'influent Conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM, qui regroupe 4 Eglises, catholique et protestante).
Des discussions entre les deux parties avaient déjà eu lieu le 6 février, à la veille d'une manifestation des partisans de M. Rajoelina réprimée dans le sang par la garde présidentielle.
De son côté, l'émissaire de l'Union africaine (UA) et ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères Amara Essy, déjà dépêché à Madagascar par l'UA lors de la crise post-électorale de 2002, a rencontré le président malgache jeudi dans le cadre d'une "mission d'évaluation".
"J'ai dit au président que vu la situation, il y a certainement des concessions à faire", a déclaré à l'AFP M. Essy.
Une centaine de personnes sont mortes à Madagascar depuis le 26 janvier dans les violences qui ont émaillé le conflit entre les deux hommes, dont au moins 28 tuées le 7 février par la garde présidentielle.
"A l'instant (lors de la rencontre avec M. Rajoelina), nous avons entendu le souci d'améliorer le sort, sur le plan social et économique, de la population malgache. Et c'est important pour que cette crise prenne fin", avait jugé plus tôt M. Joyandet.
M. Rajoelina est engagé dans un conflit avec le président Ravalomanana, dont il réclame la destitution. Il a pris la tête d'une Haute autorité de transition censée à ses yeux remplacer le pouvoir en place.
Jeudi, sur la place du 13-Mai à Antananarivo, M. Rajoelina a poursuivi devant environ 5.000 partisans la mise en place des institutions de transition en nommant quatre nouveaux "ministres" (Affaires étrangères, Commerce, Justice, et Environnement et Eaux et Forêts).
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jr7lOmOHxg3dwIlSFAbM1t_hjNUQ
On est en droit de douter du sérieux des négociations. En effet Rajoelina est sous le coup d’un mandat d’arrêt- et si çà tourne mal peut légalement être emprisonné. Bizarrement çà ne gène personne ! la moindre des choses serait d’annuler ce mandat d’arrêt (la politique nous enseigne que le pire est toujours le plus sûr !)
Aucun ordre d_ jour, aucun objectif n’est programmé, on discute sur l’identité des participants aux négociations, alors qu’elle tombe sous le sens : les partis politiques, la FFKM, qui regroupe 4 Eglises, catholique et protestante et les syndicats paysans. Si on veut de la France elle sera là, mais vu la fadeur de ses représentants, on se demande à quoi elle sert !
Bref Madagascar n’est pas sortie de l’auberge ! le 13/2/2009 à 10h11 par François Bougon (AFP)
A plus d'un mois du premier anniversaire des émeutes de Lhassa, Pékin affirme contrôler la situation, avec une présence visible des forces de l'ordre dans certaines zones tibétaines, même si le dalaï lama met en garde contre des débordements et une répression accrue.
Jeudi, la Chine a réagi aux mises en garde la veille du leader spirituel tibétain en exil. Il avait dit craindre des "débordements" et une répression accrue au Tibet à l'approche du 50e anniversaire du soulèvement anti-chinois, le 10 mars 1959, autre anniversaire sensible. "Actuellement, la situation est stable au Tibet", a répliqué Jiang Yu, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. "La question tibétaine est une affaire intérieure, nous avons les moyens de gérer nos propres affaires", a-t-elle ajouté.
Pour montrer que la situation est sous contrôle, les autorités organisent de mardi à vendredi un voyage encadré pour une dizaine de journalistes étrangers, le premier depuis le passage de la flamme olympique à Lhassa en juin. L'AFP n'a pas été invitée.
Alors que des touristes ont témoigné les mois précédents d'une importante présence des forces de l'ordre à Lhassa, en particulier dans la vieille ville où s'étaient produites les émeutes l'an dernier, les journalistes étrangers n'ont rien vu de tel. "Nous n'avons pas l'impression d'une ville sous tension avec un fort déploiement policier ou militaire", a expliqué à l'AFP l'un des membres du groupe, Arnaud de la Grange du quotidien français Le Figaro.
Cependant, dans les monastères visités, à Jokhang et Drepang, ils n'ont pu rencontrer que quelques moines. "A Drepang, où nous a dit qu'il y avait 550 moines, mais nous n'en avons vu que trois", a-t-il expliqué.
Des manifestations anti-chinoises pacifiques avaient débuté le 10 mars dernier à Lhassa, avec une forte présence de moines. Elles avaient pris une tournure plus violente le 14 mars avant de s'étendre à d'autres régions de Chine où vivent des minorités tibétaines.
Certaines de ces régions, comme le Gansu ou le Sichuan, où des troubles avaient eu lieu l'année dernière, ont été fermées et la présence des forces de l'ordre est forte, selon les témoignages de voyageurs. "L'année dernière, cela avait été une surprise, il semble qu'il y ait des émeutes tous les dix ans. Mais cette année, il n'y aura sûrement pas de surprise", affirme Tsering Shakya, historien tibétain, chercheur à l'Université de Colombie-Britannique (Canada). "Comme les gens sont sous stricte surveillance, il n'y aura pas de manifestations de l'ampleur de celles de l'année dernière, même si cela n'exclut pas que deux ou trois personnes tentent de protester", dit-il à l'AFP.
La reprise des négociations entre les représentants du dalaï lama avant les jeux Olympiques, sous la pression des pays occidentaux, n'a rien donné.
Selon certains blogs tibétains de l'étranger, des appels ont été lancés pour boycotter le Losar, le Nouvel an tibétain, qui se déroulera le 25 février. Une initiative vouée à l'échec, selon les autorités. "Les Tibétains vivent bien maintenant, par conséquent il n'y a aucune raison pour eux de ne pas célébrer leurs vacances traditionnelles", a déclaré mardi Nyima Tsering, vice-président du Parlement régional tibétain.
Et le 28 mars, ces autorités régionales organiseront la première "journée de la libération d'un million de serfs", occasion de célébrer la fin du régime "féodal" du dalaï lama.
La politique tibétaine de la Chine est une insulte à son esprit de subtilité. Elle n’a rien appris décolonisations occidentales
Pour le moment la Chine a de la chance : le Dalaï-lama est non violent, mais lorsqu’il mourra, mors qu’une nouvelle génération se lèvera plus radicale dans ses objectifs comme dans ses moyens la Chine paiera cher son obstination actuelle