QUI SARKOZY MEPRISE-T-IL LE PLUS ?
De Philippe ALFROY
PETIT-BOURG, Guadeloupe (AFP) — Nicolas Sarkozy a conclu vendredi son séjour antillais en annonçant l'organisation d'un référendum sur un éventuel statut d'autonomie pour la Martinique, avant de dénoncer les fauteurs de trouble et d'appeler au dialogue en Guadeloupe.
Quatre mois après les violentes grèves de l'hiver, le chef de l'Etat s'est efforcé d'accélérer les débats des états généraux de l'outremer, qui doivent déboucher en octobre sur des décisions censées apaiser la crise politique et sociale qui persiste dans les deux îles françaises des Caraïbes.
Sur la question sensible du statut, Nicolas Sarkozy a répondu vendredi matin aux attentes des élus du département-région de Martinique en annonçant qu'il consulterait la population "sur l'évolution institutionnelle de leur territoire, comme la Constitution m'y autorise".
M. Sarkozy a toutefois strictement encadré l'exercice en indiquant qu'il ne cachait pas "un je ne sais quel +largage de la République+". "Le débat qui est ouvert est celui du juste degré d'autonomie", a-t-il insisté, "tant que je serai président de la République, la question de l'indépendance de la Martinique (...) ne sera pas posée".
Le calendrier et les modalités du référendum seront définis "d'ici à fin septembre, début octobre", après consultation des élus martiniquais.
Ces discussions permettront également, selon le chef de l'Etat, de répondre à la résolution des élus de Martinique, qui ont demandé le report des élections régionales prévues en 2010 dans la perspective de ce référendum.
L'annonce de cette consultation a réjoui les élus locaux. "La Constitution française ne pourra pas rester longtemps insensible aux aspirations de nos peuples", a relevé le député-maire apparenté socialiste de Fort-de-France Serge Letchimy. "Les rapports avec la France doivent être redessinés", a abondé le député indépendantiste Alfred Marie-Jeanne.
En Guadeloupe, les élus ont tous demandé vendredi au chef de l'Etat un délai de dialogue supplémentaire de dix-huit mois avant d'évoquer, eux aussi, leur avenir institutionnel. "Si on organise dans la précipitation une consultation référendaire, ce sera un non massif", a plaidé le président PS du Conseil régional Victorin Lurel.
"En Guadeloupe, dès qu'on parle des institutions, la population a peur", a confirmé la sénatrice UMP Lucette Michaux-Chevry. "Rétablissons d'abord la confiance, établissons le dialogue", selon elle.
Le chef de l'Etat a accepté le délai demandé par les Guadeloupéens et s'est lui aussi exprimé en faveur du dialogue dans l'archipel, toujours agité par les actions musclées du collectif LKP, qui boude les états généraux.
Au mouvement d'Elie Domota, Nicolas Sarkozy a adressé une sévère mise en garde en assurant qu'il serait "très ferme sur le respect des principes républicains". "Le droit de grève est un droit légitime mais il ne peut pas être utilisé comme un instrument de propagande et de déstabilisation politique", a-t-il menacé lors d'un discours à Petit-Bourg.
Venu en Guadeloupe avec la volonté "d'apaiser les choses", le président a toutefois tendu la main en appelant tous les acteurs, y compris les syndicats, à "participer à la construction de cette nouvelle France". "Maintenant, il est temps de regarder plus loin et de bâtir", a-t-il exhorté.
A ceux enfin qui lui reprochaient la brièveté de son séjour antillais (à peine plus de 24 heures), Nicolas Sarkozy a répondu efficacité. "Serrer les mains n'est pas le plus difficile. Ce qu'on attend de moi, c'est des décisions", a-t-il plaidé. Avant d'épingler les "discours exotique, dégoulinants de bons sentiments" de ses prédécesseurs.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jKTKtCA6kt2Hv-fNODr_dUt7lH3w
Je n’ai confiance ni en Sarkozy ni en l’autonomie qui pour moi est l’antichambre de l’indépendance
Souvenons-nous : dans les années 59/60 plusieurs pays d’Afrique avaient choisi d’être des républiques autonomes a sein de la Communauté Française. Elles sont toutes indépendantes ! Alors bien sûr Sarkozy restreint le referendum à l’autonomie mais je suis certain qu’au fond de lui, en tant qu’européen fanatique il rêve de larguer cette France extraeuropéenne, parce que tant qu’elle sera là nôtre Patrie ne sera pas réductible à l’Europe, comme la Grande-Bretagne d’ailleurs !
S’il n’avait pas en arrière-pensée la création d’un fort courant d’opinion indépendantiste pourquoi aurait-il choisi la voie référendaire ? S’il n’avait pas cette idée pourquoi accorde-t-il aux martiniquais ce qu’il a obstinément et haineusement refusé aux français à propos du Traité de Lisbonne ? Qui Sarkozy méprise-t-il, les français, les outremarins, les deux ?
Du reste le problème est avant tout social, non institutionnel, on a très peu entendu de revendications indépendantistes durant les manifestations !