A QUOI SERT L’OTAN ?

Publié le par michel baran

A Bucarest, le «testament atlantiste» de George Bush est mis à l'épreuve

         

OTAN. Le président américain plaide vigoureusement pour l'élargissement de l'Alliance. Le dîner d'ouverture du sommet a montré qu'il devra batailler ferme pour emporter l'accord unanime des 26 pays membres.

 

Richard Werly, envoyé spécial à Bucarest

Jeudi 3 avril 2008

 

 

Le décor ne pouvait pas être plus symbolique. Au bout du boulevard de l'Unité et de l'avenue de la Libération, vidés de leurs voitures et des passants par des milliers de policiers et de gendarmes, les 26 chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'OTAN ont entamé hier soir à Bucarest leurs débats sous les impressionnants lampadaires du Palais du peuple construit dans les années 80 par le dictateur Nicolae Ceausescu. Au menu: la nécessité de redéfinir la stratégie globale d'une alliance qui fêtera l'an prochain son soixantième anniversaire. Et surtout, de sérieuses divergences sur les futurs contours de celle-ci.

 

La donne, avant que le repas ne soit servi, avait été résumée mercredi matin par George Bush. Invité à s'exprimer par le «German Marshall Fund» devant un parterre d'experts internationaux et de responsables roumains, le président américain s'est redit partisan d'entamer immédiatement des négociations avec les trois pays candidats jugés aptes à l'intégration: Albanie, Croatie et l'ancienne république yougoslave de Macédoine. Puis il a réaffirmé son désir «d'ouvrir une voie claire» à la Géorgie et à l'Ukraine, demandeuses d'un «plan en vue de l'adhésion», que plusieurs pays européens - dont la France, l'Allemagne et l'Italie - jugent prématuré et risqué au vu de l'opposition russe (voir encadré).

 

L'Afghanistan, promu sujet majeur, a fait l'objet des premières déclarations hier soir avec la confirmation de l'envoi de renforts français à l'Est. La Croatie et l'Albanie devraient obtenir leurs tickets d'entrée aujourd'hui tandis que la Grèce a répété qu'elle opposerait son veto à l'entrée de la Macédoine si celle-ci n'abandonne pas son nom, identique à celui d'une région grecque. A propos de l'Ukraine et de la Géorgie, le premier tour de table n'a pas accouché d'un calendrier, mais d'une formule: «Aucune tierce partie ne doit avoir de droit de veto sur l'Alliance.» Début de feu rouge, donc, pour Vladimir Poutine, qui sera à Bucarest vendredi pour un Conseil OTAN-Russie.

 

L'Afghanistan, cauchemar à longue durée de l'OTAN

Le changement de stratégie en Afghanistan est au cœur des discussions entre les alliés.

Richard Werly

Hamid Karzaï se sait incontournable. A Bucarest, où il est cet après-midi l'hôte d'une réunion spéciale de l'OTAN sur son pays, le président afghan a en main des cartes avec lesquelles les alliés sont obligés de compter.

 

En 2009, un nouveau scrutin présidentiel décidera du sommet de l'Etat à Kaboul. Or malgré les accusations de corruption portées contre son gouvernement, soupçonné de protéger les bonnets de la drogue, la communauté internationale n'a pas d'autre candidat. Au point que le chef de l'Etat, pachtoune éduqué en Grande-Bretagne, a réussi en janvier à bloquer la nomination au poste de représentant de l'ONU du Britannique Paddy Ashdown, dont l'OTAN louait la réputation d'homme à poigne. Un diplomate norvégien, Kai Eide, a été choisi.

 

Difficile donc, pour l'Alliance et l'ISAF, la force internationale placée sous son commandement, d'accoucher à Bucarest de la fameuse «nouvelle stratégie pour l'Afghanistan» maintes fois promise. Alors que la crainte d'une nouvelle offensive talibane agite Kaboul, c'est un catalogue de ses erreurs passées que l'OTAN risque de dresser dans la capitale roumaine.

 

Recrutement difficile

 

La première faute, désormais admise, est la confusion entre l'action militaire et l'aide au développement. Le concept controversé des PRT, les «équipes de reconstruction provinciale» militaires, que plusieurs pays de l'Alliance se partagent - l'Allemagne à Kunduz, le Canada à Kandahar, les Etats-Unis à Khost... - a du plomb dans l'aile. A Bucarest, l'accent sera mis au contraire sur la nécessité de se coordonner avec l'ONU et l'Union européenne. Une réunion des bailleurs de fonds, le 12 juin à Paris, prolongera ce débat.

 

Problème: l'efficacité de la coalition est déjà gangrenée par sa taille (40 pays, 50000 hommes). Multiplier les acteurs accroît les difficultés. Autre écueil: en reconnaissant que des combats durs restent à mener contre les insurgés, l'Alliance effraie les pays prêts à envoyer des renforts mais pas à perdre des hommes. La décision de la France d'envoyer un millier de soldats supplémentaire est un paravent. Le Canada est épuisé par l'effort afghan. Les Britanniques mènent dans le Helmand des tractations avec les talibans, rejetées par Kaboul. Les Européens de l'Est se demandent si l'avenir de l'OTAN ne se joue pas plutôt dans le Caucase que dans l'Hindu Kush.

 

Sur le plan politico-social, l'opération afghane vire en outre au casse-tête. L'opium, dont l'Afghanistan est le premier producteur mondial, s'écoule par l'Iran et l'Asie centrale, puis atteint l'Europe. Sans riposte vigoureuse. «En Iran, 400 à 500 policiers par an meurent dans des combats avec les trafiquants, note un expert. Ailleurs, rien ou presque...»

 

Même les Etats-Unis, partisans d'une éradication par épandage aérien, savent que cela précipiterait les paysans dans les bras des islamistes. La police afghane est dans un état de perdition dénoncé par tous. La bonne nouvelle qu'est la formation de l'armée, dont les nouveaux bataillons sont encadrés par des formateurs étrangers, est aussi nuancée. Les 80000 soldats afghans opérationnels dans les mois à venir sont un appui plus qu'un rempart: «Jusque-là, cette armée n'a pas combattu seule. Personne ne l'imagine défendre Kaboul. Se retirer n'est pas une option», complète un officier américain. Un seul choix s'impose à Bucarest pour les alliés: accepter un engagement à long terme. Et les cauchemars qui vont avec.

 

«L'arme fatale de la Russie est la division»

Les «candidatures» de Kiev et de Tbilissi en question.

Richard Werly

Directeur du «Projet pour les transitions démocratiques», financé par les Etats-Unis en Europe de l'Est, Bruce Jackson s'en prend à l'immobilisme de Paris et Berlin.

 

Le Temps: Vous dénoncez l'opposition de Paris et de Berlin à l'octroi d'un «plan en vue de l'adhésion» de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN...

 

Bruce Jackson: Angela Merkel prétend qu'il sera plus facile de prendre cette décision lors du sommet de l'OTAN en 2009. Pourquoi? Sera-t-il plus aisé de se mettre à dos Dmitri Medvedev que Vladimir Poutine? Je ne vois que deux explications à cette hostilité: le «syndrome» Schröder, selon lequel l'Allemagne doit ménager ses intérêts économiques avec la Russie. Et le désir de la République fédérale d'être, au niveau européen, la puissance incontournable pour tout ce qui touche l'est du continent. L'Allemagne est, sur le dos de l'OTAN, en train de riposter à l'offensive française sur l'Union pour la Méditerranée.

 

- L'instabilité de la Géorgie, fragilisée par des séparatismes, n'exige-t-elle pas de la prudence?

 

- Et quelle était la situation de l'Allemagne lorsqu'elle a intégré l'OTAN en 1955? L'avons-nous maintenue à l'écart parce qu'elle était divisée en deux? Les Alliés ont pris leurs responsabilités pour protéger la démocratie. La question posée par la Géorgie et par l'Ukraine est identique et ces deux pays ne demandent pas une admission. Le plan prévoit surtout des réformes militaires, supervisées pendant dix ans - voire plus - par une poignée d'officiers de l'OTAN. Sans garantie d'adhésion future. Ce n'est en rien la «menace atlantique» brandie par la Russie, dont l'arme fatale est la faiblesse et la division des Occidentaux.

 

http://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&article=229092

                                      

A l’origine « l’organisation du traité de l’Atlantique nord » (OTAN) avait un seul et unique objectif : se protéger contre l’impérialisme soviétique. Celui-ci ayant disparu je considère que la légitimité officielle de l’OTAN a également disparu et par conséquent je ne vois pas la nécessité de la réintégrer d’une façon ou d’une autre

Mais peut-être qu’une nouvelle légitimité a secrètement été assignée par les chefs d’Etat à cette organisation, celle d’aider les pays réclament convertis au capitalisme de s’y maintenir et de durcir le capitalisme dans les pays qui le sont historiquement

Je ne vois pas d’autres explication à cette volonté d’intégrer encore et toujours de nouveaux pays.

 

Les conflits modernes, à quelques exceptions près, ne meteront plus en jeu des masses de blindés ou d’hommes, ce seront des conflits par attentats, prises d’otages ou guérillas.

Nous avons certainement eu tort d’un point de vu stratégique d’envahir l’Afghanistan, qui par elle-même ne menaçait aucun pays et dont le gouvernement taliban avait réussi a éradiquer la culture du pavot.

Il suffisait de surveiller les chefs d’Al Quaida par satellite et de bombarder au bon moment et  au bon endroit

Il serait bon que nous cessions de nous prendre pour les gardiens (à géométrie variable selon la puissance du pays) des droits de l’homme.

Nous ne sommes pas chargés de les faire respecter par les armes en Afghanistan ! Ou bien il faut le faire aussi au Tibet et partout ailleurs !

L’intrusion des droits de l’homme dans les rapports entre Etats est mortifère ou hypocrite !

Si nous ne voulons pas un Vietnam occidental nous devons négocier avec les talibans.

Le marché est simple : nous leur rendons le pouvoir en contre partie de quoi il renoncent à la mise à mort des adultères, à couper la mains des voleurs et ils luttent contre la drogue et le terrorisme.

S’ils respectent ces quatre clauses ils sont maîtres chez eux et leur façon de gouverner ne nous concerne pas !

Ca me parait être un bon accord pour toutes les parties !

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Publié dans POLITIQUE ETRENGERE

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