LE ZIMBABWE COURRE VERS LA GUERRE
Alors que le chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai accuse toujours le président Mugabe de jouer la montre, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, juge «inacceptable» le fait que les résultats du premier tour de la présidentielle n'aient pas encore été publiés, plus de trois semaines après le scrutin. Et mardi, ce sont les leaders religieux du pays qui ont appelé à une action internationale pour éviter un «génocide», des dizaines de militants de l'opposition étant toujours maintenus en détention au Zimbabwe.
• Un navire chinois est également en route pour l'Angola, d'où il compte peut-être encore livrer 77tonnes d'armes destinées à Harare. Un commerce jugé «normal» par Pékin. Ce navire, aux documents en règle, transporte 3,5 millions de cartouches pour fusils d'assaut AK-47 et armes légères, 1500 roquettes de 40 mm, 2500 obus de mortier, ainsi que 93 tubes de mortiers, selon une copie de l'inventaire du navire publiée la semaine dernière par Beeld. Resté bloqué pendant plusieurs jours dans le port de Durban, il avait reçu le feu vert des douanes sud-africaines pour décharger sa cargaison avant qu'un juge n'interdise le transport des armes par voie terrestre. Ces «armes sont destinées au Ministère de la défense zimbabwéen», affirme The Citizen, qui craint également que «Pékin n'envoie des soldats soutenir le régime de Robert Mugabe».
• «En dépit des critiques de la communauté internationale, écrit pour sa part le Guardian, le gouvernement chinois soutient depuis longtemps le régime autoritaire du président Robert Mugabe, à qui il a livré des avions de combat, des véhicules militaires et des armes.» Et de préciser au passage qu'outre son appui logistique au régime soudanais, «Pékin aurait également conclu des accords avec le Zimbabwe dans le domaine agricole. Même les tuiles bleues qui ornent la toute nouvelle demeure de 25 chambres de Mugabe, qui n'est pas sans rappeler la Cité interdite, sont un cadeau de la Chine.»Ces révélations sur la nature de la cargaison du navire surviennent, relève encore le Guardian, «après qu'un responsable du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le parti d'opposition zimbabwéen, eut annoncé que des soldats chinois avaient été aperçus dans le pays», ce qui corrobore l'hypothèse du Citizen.
• Dans ce vaste jeu géostratégique entre la Chine et l'Afrique, le Financial Times s'inquiétait d'ailleurs récemment de savoir si la classe politique américaine avait compris qu'elle devait s'allier avec l'UE pour négocier avec la Chine sur les questions globales essentielles que sont le changement climatique, la sécurité énergétique, la prolifération des armes et les Etats voyous. «Il faut offrir davantage de technologies vertes à la Chine, suggérait également le New York Times, en échange d'une diminution de ses ventes d'armes et du retrait de son soutien aux tyrans soudanais et à la junte birmane.»«En fermant les yeux sur les atteintes aux droits de l'homme et sur la faiblesse de certains gouvernements africains, écrivait aussi le Daily Star, ce sont leurs propres intérêts que les Etats-Unis mettent en péril à long terme.» D'ailleurs, les Etats-Unis ont demandé mardi à la Chine de rappeler les armes destinées au Zimbabwe et de renoncer à de futures livraisons d'armes par bateau à ce pays.
• La pression internationale montant, le Guardian voit un espoir dans le fait que le gouvernement sud-africain «s'est joint aux appels en faveur d'une publication des résultats électoraux au Zimbabwe». Morgan Tsvangirai, le chef de file de l'opposition zimbabwéenne - qui a annoncé mardi son prochain retour au pays - «a enjoint le président sud-africain Thabo Mbeki à démissionner de son poste de principal médiateur dans la crise électorale, tandis que les Etats-Unis critiquaient l'absence d'initiative des gouvernements africains à ce sujet. Mbeki subit également les pressions de Jacob Zuma, président de l'ANC. Zuma a adopté une attitude plus hostile envers Mugabe.»
http://www.letemps.ch/template/zoom.asp?page=22&article=230441µ
La Chine a définitivement rompu avec la politique traditionnelle d’isolation pour s’allier aux pires dictatures.
Elle passe alliance avec les régimes qui peuvent lui vendre des matières premières dont elle a besoin ; de ce fait nous pouvons conclure que sa politique s’inspire en parti du réalisme politique classique.
Mais il y a une partie idéologique qui s’enracine au temps oû les démocraties s’étaient arbitrairement taillées de « concessions » dans « l’Empire du Milieux » et qui n’ont rien fait pour arrêter l’agression nippone dans les années 30. Ce sont ces mêmes pays, qui sans s’être jamais excusé, donnent des leçons de « droits de l’homme », méritées. Le mépris chinois pour ces « tigres en papier » écloate au grand jour, d’autant plus qu’aucune coalition ne fera la guerre à deux ou trois milliards de chinois.
Pourtant la Chine, sous la conduite du PCC aurait pu avoir une diplomatie plus respectable. Elle en avait l’outil dans le marxisme lui-même à travers « l’internationalisme prolétarien ».
Peu théoisé, ce concept s’explicite de lui-même : C’est le fait de privilégier les rapports humains sans tenir compte de la nature du gouvernement. Ainsi la Chine aurait-elle pu négocier avec des régions en révolte contre un régime inique (Darfour). Mais c’était resté au ban de la diplomatie traditionnelle.
La Chine a donc décidé de soutenir les criminels politiques dont Mugabe.
Nous, communauté internationale, devons prendre exemple sur l’Afrique du sud en interdisant aux navires et avions chinois d’aborder les Etats voyous e,n les gênant par nos flottes.
Exactement comme l’a fait la Grande-Bretagne pour empêcher les réfugiés juifs d’entrer en Palestine entre 1945 et 1948 sans qu’aucun coup de feu ne soit tiré