LES PYROMANES ETTEIGNEN LE FEU

Publié le par michel baran

Les déplacés kenyans craignent un retour au bercail relatif

Des milliers de personnes déplacées internes (IDP) au Kenya hésitent encore à rentrer chez elles ce, en dépit du retour de la paix dans certaines parties du pays touchées par la violence post électorale ayant éclaté au début de cette année.

 

Elles ont encore des appréhensions même après la prestation de serment du gouvernement de grande coalition, mardi, lors d'une cérémonie haut en couleurs, à laquelle ont assisté, entre autres, l'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et le président ougandais, Yoweri Museveni.

 

Le président Kibaki et le nouveau Premier ministre, Raila Odinga, ont tous deux assuré aux Kenyans que le gouvernement mettra le paquet pour rétablir la paix et l'harmonie dans le pays.

 

Surtout, le président Kibaki a promis aux Kenyans lors de cette cérémonie organisée au palais présidentiel de Nairobi, que la réinstallation des IDP restait la priorité du gouvernement.

 

Plus de 350 000 personnes ont été déplacées durant les violences post-électorales déclenchées par l'élection présidentielle contestée du 27 décembre.

 

MM. Kibaki et Odinga (qui était alors son principal rival) avaient tous deux crié victoire.

 

D'après une étude menée par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) la plupart des IDP, particulièrement dans la province de la Vallée du Rift, dans l'ouest du Kenya, craignent d'être attaqués à leur retour chez eux.

 

Quelque 300 élèves ont dû intégrer d'autres institutions, exerçant ainsi une pression sur les infrastructures scolaires déjà pleines à craquer de la région.

 

"Je ne me sens pas encore en sécurité quand je marche ici sans arme", avoue Githinji, 72 ans, qui a été récemment vu à Chogogo, dans l'ouest du Kenya, transportant un arc et des flèches.

 

"Les membres de l'autre communauté nous attaquent régulièrement quand nous venons cultiver nos terres", a-t-il raconté au HCR.

 

La localité, située à quelque 40 km de la capitale de la province, Nakuru, a été durement touchée par la violence qui a suivi l'élection du 27 décembre, et causé des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés.

 

La violence s'est apaisée depuis que les deux parties rivales ont négocié un accord de partage du pouvoir qui a vu la formation, dimanche, d'un gouvernement de 42 membres. Mais les tensions restent vivent dans certaines zones, notamment autour de Chogocho et Elburgon.

 

Beaucoup de maisons ont été incendiées et saccagées ainsi que les bâtiments situés sur la route reliant les deux localités, dont une école primaire détruite et un centre commercial rasé.

 

"Nos enfants souffrent des dégâts causés par les pyromanes car ils sont maintenant obligés d'apprendre dans des conditions qui sont loin d'être idéales", a déploré Kinuthia, 62 ans, devant l'équipe du HCR, qui a bravé les fortes pluies pour visiter la zone.

 

Beaucoup de gens dans la localité sont sans toit et l'agence des réfugiés de l'ONU et la Société de la Croix Rouge kenyane ont promis de leur fournir des tentes et des bâches en plastique.

 

Certaines personnes ont dit à Liz Ahua, représentant du HCR au Kenya et chef de l'équipe, qu'elles n'étaient pas prêtes à rentrer définitivement chez elles, tant qu'elles n'auront pas reçu des assurances du gouvernement allant dans le sens de leur protection et leur sécurité.

 

Le responsable du district, Patrick Nyamai, a pour sa part assuré que le gouvernement était en train de mettre en place des comités pour la paix afin d'initier le dialogue et la réconciliation entre les IDP et leurs rivaux dans leurs villages d'origine.

 

Par ailleurs, le nombre de déplacés vers les sites officiels pour IDP est en hausse.

 

Certains parmi les nouveaux arrivants racontent qu'ils sont venus vers les sites pour IDP parce qu'ils étaient devenus un fardeau pour leurs amis ou parents qui les avaient accueillis.

 

"Le sort des familles qui ont accueilli les IDP mérite une attention de la part du gouvernement mais aussi des agences humanitaires", affirme Mme. Ahua.

 

"Leur générosité envers les IDP ne doit pas être ignorée".

 

Chogocho - 18/04/2008

 

Panapress

 

http://www.afriquenligne.fr/afrique-de-l%27est/kenya/les-deplaces-kenyans-craignent-un-retour-au-bercail-relatif-200804182113.html

   

Que tirer comme conclusion de l’absurdité kenyane ?

En premier lieu que la nature humaine reste immuable à travers les millénaires. Lorsque les gardes fous moraux ne sont pas assez enracinés la violence continue d’apparaître comme’ un moyen légitime d’obtenir ce que l’on veut

En second lieu que les principes et lois sont violés en plein jours, sous les yeux de ceux qui devraient les faire respecter et qui entérinent un compromis antidémocratique, que la force hier comme aujourd’hui fait la loi malgré le blabla démocratique des Busch, Blair et compagnie

Troisièmement le pays est désorganisé, les gens craignent leur anciens voisins donc la paix retrouvée est une fiction et la guerre peut redémarrer n’importe quand, sous n’importe quel prétexte, te donc cet état de cessation de guerre civile n’est pas ma paix

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Publié dans POLITIQUE ETRENGERE

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