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Publié le par michel baran

La morale dit ce qui est bien et mauvais pour nous-même, notre prochain et la société. En fait cette définition peut se résumé ainsi : la morale est la cohésion sociale en ce sens que moi et mon prochain sommes solidaires (que nous le voulions ou pas, que nous en ayons conscience ou non) dans la société Il est donc certain que bien que la morale s’adresse à l’individu dès le berceau, sa raison d’être ultime est l’harmonie sociale telle que définie au chapitre V. Elle est donc moyen et fin tout à la fois. Il n’y a pas plusieurs morales mais une seule qui peut être bâtie sur deux grandes visions du monde : l’idéalisme (avec ses variantes religieuses et philosophiques, qui va de Parménide à Levinas, et la morale matérialiste (qui a également ses variantes et héros de Démocrite à Sartre et Conte-Sponville). La nature, l’essence, pourrait-on dire de la morale est d’être castratrice du désir, donc du plaisir (pour me faire bien comprendre je prendrai deux désirs que l’agent doit réprouver quel que soit le lieu et l’époque où il vit : la pédophilie et la zoophilie, à moins d’être mentalement malade). Ces deux exemples montrent que contrairement à ce qu’on peut penser ou voir, l’homme est essentiellement un être moral, qu’il a une programmation quasi instinctive de la morale basée sur le sentiment d’empathie. Il est à observé le mépris ou la méconnaissance du principe d’unité de la réalité exposé au premier chapitre dont font preuve tout à la fois ceux qui refusent les saines limites morale au plaisir et ceux qui par leurs écrits théoriques ou romanesques prônent, favorisent, l’adultère oû la prise de drogues. Le choix de la morale a pour but de concilier le devoir social et le plaisir est crucial. Admettons que l’on fonde la morale sociale sur l’idéalisme platonicien, dans ce cas il nous faut admettre un arrière-monde comme en témoigne ce texte « SOCRATE : Qu’est-ce que se propose la peinture ? Imiter ce que chaque chose est en soi, ou imiter son apparence, telle qu’elle apparaît ? S’agit-il d’une imitation de l’apparence ou de la vérité ? GLAUCON : De l’apparence. SOCRATE : L’art d’imiter est donc bien éloigné du vrai, et s’il se charge d’imiter n’importe quoi, c’est que de chaque objet il ne retient que peu de chose : son simulacre. Ainsi le peintre, disons qu’il nous peindra charpentier, menuisier et autres artisans, sans rien connaître de leur art ; cela ne l’empêchera pas, s’il est bon peintre, en montrant de loin le menuisier qu’il a dessiné, de faire illusion sur les enfants et les ignorants grâce à ce qui paraîtra être un vrai menuisier . » On remarquera tout de même que le peintre fait un vrai tableau (idem pou le charpentier) et que ni le peintre ni l’architecte n’ont à savoir la vérité moléculaire de l’objet peint ou construit et que le peintre n’a pas à se soucier des véritables dimensions de l’objet mais seulement de celles de sa toile. Ce monde, inimitable, au dire de Platon, est celui de l’archée, du ommencement comme du commandement. Les notions de transitoire et de fin n‘ont pas leurs places ici parce que ces places ont été annexées par la vérité transcendante et que les notions de désir et de plaisir mondains n’ont pas de vérité,, donc de pérennité en elles-mêmes. Ces sentiments vont et viennent ; ils ne sont pas « sérieux » ils nous détournent du drame de la vie, de l’objectif suprême de la vie qui est de la réussir. Or dans notre société « réussir » c’est être travailleur, consommateur, économe sobre pendant quatre-vingt-quinze pour cent du temps et dépensier pendant cinq pour cent du temps afin de faire fonctionner la société capitaliste. Je crois donc que nous pouvons constater que l’idéalisme platonicien (à vocation religieuse et mystique, ainsi que l’a prouvé saint Augustin dans son œuvre) a été confisqué pour un but mercantile. Poursuivons l‘analyse du plaisir en société par la voie matérialiste, où du moins agnostique d’Aristote : « Tout ce qui est plaisir innocent convient non seulement à la fin ultime mais aussi du délassement … » « Il est arrivé que les hommes fassent de leur jeux une fin, sans doute parce que la fin implique un certain plaisir »La fin, (faut-il comprendre a fin d la vie ?) impliquerait donc un certain plaisir (en ce sens Aristote est en accord avec toutes les religions révélées). Mais la mort est un terme habituellement lointain et les humains quoi qu’ils en disent (ou font comme par exemple les cathares ) veulent et aiment le plaisir et ne sont pas pour la plus part disposés à vivre sans en prendre un minimum (qu’ils se sont reconnus comme légitimes). Bien que l’humanité soit instinctivement morale, celle-ci a presque universellement mauvaise presse : ne dit-on pas avec un brin d’irritation « tu vas pas te mettre à me faire ma morale ! » La raison de cette impopularité est simple. La morale est purement négative et répressive (tu ne voleras pas, sinon…) mais il manque le volet positif : à savoir donner aux personnes le moyens de vivre honnêtement : la société, si elle a le droit d’exiger de ses membres le respect le plus stricte de la morale la plus élémentaire, doit en contre partie lui fournir protection et aide dans les domaines aussi divers et élémentaires que la nourriture, le logement, le travail et la culture. Or aucune société, si loin que nous remontions dans le temps, n’a assuré ces prestations aux habitants de son territoire. L’antiquité fut marquée par l’esclavage et le « métèquat », le Moyen-Âge et la Renaissance eurent leur «coures des miracles ». Actuellement depuis 1946 environ, de grands textes, aussi bien nationaux (droit au travail inscrit dans les constitutions) qu’internationaux (« déclaration universelles de droits de l’homme » et autre chartes de protection de l’enfance, des minorités ethniques, religieuses ou sexuelles) sont votées et pourraient, si elles étaient rigoureusement appliqués,y compris au mépris de la logique économique, devenir le second volet de la morale (mais plus aucun responsable n’a le courage de reprendre à son compte la phrase de De Gaulle : « la politique de la France ne se fait pas à la bourse ». Ces textes ont cependant l’inconvénient de ne pas avoir la garantie divine , religieuse ; il en résulte de ces textes qu’ils sont le fruit de la prise conscience collective est souvent guidée par des personnes d‘exception (tel René Cassin qui fut l’auteur principal de « la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme » adoptée par l’ONU). Mais il faut se rendre compte de deux choses : la conscience collective est composée d’une multitude de consciences individuelle et sectorielle reflets de générosités comme de cupidités, bref d’humeurs collectives momentanées. Jamais l’opinion publique ne mettra sur un pied d’égalité les délits de vol et de location de taudis insalubres (à des nationaux comme à des immigrés), ceci parce que le locataire est censé pouvoir refuser ou prévenir la police ; or d’un point de vu philosophique comme pratique ces délits ont le mêmes résultat qui a pour conséquence une importante diminution de moyens d’être heureux pour autrui. Que devrait être l’essence, la philosophie du droit si on fait abstraction des différentes spécialités (droit criminel, commercial etc…) ? L’ultime but du droit ne devrait pas être la punition du délinquant (à moins de crime da sang, blessure entraînant la paralysie ou la dégradation sanitaire (vente de drogue) mais la restitution du sens moral par un moyen approprié (qui ne peut être l’incarcération, qui n’est qu’une vengeance prolongée ans le temps ). Le vol, même avec effraction, n’est qu’une diminution par une subtilisation de moyens matériels du bonheur, qui demande réparation pécuniaire, ou restitution mais qui ne justifie pas une diminution du bonheur du voleur puisqu’il se juge (peut-être à juste titre) moins favorisé que beaucoup et ce n’est pas en le privant de sa part de bonheur, déjà insuffisante à ses yeux (emprisonnement), qu’on en fera une être respectueux d’autrui.
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