IMPLICATION DES CONCEPTS PHILOSOPHIQUES DANS LA POLITIQUE 2

Publié le par michel baran

Rousseau  le bien public et la vertu

 

    "Si je te parlais des devoirs du Citoyen, tu me demanderais peut-être où est la patrie, et tu croirais m'avoir confondu. Tu te tromperais, pourtant, cher Émile, car qui n'a pas une patrie a du moins un pays. Il y a toujours un gouvernement et des simulacres de lois sous lesquels il a vécu tranquille. Que le contrat social n'ait point été observé, qu'importe, si l’intérêt particulier l'a protégé comme aurait fait la volonté générale, si la violence publique l'a garanti des violences particulières; si le mal qu'il a vu faire lui a fait aimer ce qui était bien, et si nos institutions mêmes lui ont fait connaître et haïr leurs propres iniquités? Ô Émile! où est l'homme de bien qui ne doit rien à son pays? Quel qu'il soit, il lui doit ce qu'il y a de plus précieux pour l'homme, la moralité de ses actions et l'amour de la vertu. Né dans le fond d'un bois il eut vécu plus heureux et plus libre; mais n'ayant rien à combattre pour suivre ses penchants il eut été bon sans mérite, il n'eut point été vertueux, et maintenant il sait l'être malgré ses passions. La seule apparence de l'ordre le porte à le connaître, à l'aimer. Le bien public, qui ne sert que de prétexte aux autres, est pour lui seul un motif réel. Il apprend à se combattre, à se vaincre, à sacrifier son intérêt à l'intérêt commun. Il n'est pas vrai qu'il ne tire aucun profit des lois; elles lui donnent le courage d'être juste, même parmi les méchants. Il n'est pas vrai qu'elles ne l’ont pas rendu libre, elles lui ont appris à régner sur lui." …

 

 Emile,  livre V.

 

http://sergecar.club.fr/index.htm

 

Voici un Rousseau peu connu, et qui mériterait de l’être d’avantage, un Rousseau plus proche du citoyen de Hobbes que du contrat sociale et du « discours sur l’origine de l’inégalité… »

Relisons : « Il y a toujours un gouvernement et des simulacres de lois sous lesquels il a vécu tranquille. Que le contrat social n'ait point été observé, qu'importe, si l’intérêt particulier l'a protégé comme aurait fait la volonté générale, si la violence publique l'a garanti des violences particulières; si le mal qu'il a vu faire lui a fait aimer ce qui était bien, et si nos institutions mêmes lui ont fait connaître et haïr leurs propres iniquités? Ô Émile! »

On comprend bien pourquoi le lois sont qualifiées de « simulacres », parce qu’elles n’ont pas été débattues démocratiquement.

Mais loin de contester la validité des lois, comme on pourrait s’y attendre, Rousseau est proche de Saint Paul pour qui il faut obéir aux lois si elles ne contreviennent pas à celles de Dieu car dit Saint Paul « toute autorité est établi par Dieu » Ce qui n’est certainement pas l’avis de Rousseau

Pour notre philosophe ce qui fonde la légitimité des loi non démocratiques c’est ,l’éducation au bien, au bien commun, et à la possibilité « à se vaincre, à sacrifier son intérêt à l'intérêt commun. »

Ce texte surprenant de Rousseau peut servir de fondement aux régimes autoritaires pourvu qu’ils ne soient ni racistes ni corrompus parce que ces deux fléaux détruisent le bien commun national

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Publié dans REFLEXION

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