REBONDISSEMENTS THAILLANDAIS
BANGKOK (AFP) — Des milliers d'opposants thaïlandais ont encerclé lundi matin le Parlement de Bangkok, ainsi que d'autres bâtiments officiels, pour une "bataille finale" visant à renverser le gouvernement, ont déclaré leurs dirigeants.
Les opposants, vêtus de jaune, en signe d'allégeance au roi, ont bloqué les trois principales avenues menant au Parlement où députés et sénateurs devaient entériner divers accords internationaux concernant la Thaïlande, a constaté une journaliste de l'AFP.
Quelque 1.150 policiers avaient été déployés autour du Parlement qui ressemblait à une forteresse. La session a été ajournée car "il était impossible de se réunir", a annoncé plus tard le président du Parlement, Chai Chidchob.
Des groupes de manifestants ont ensuite pris la direction du quartier général de la police métropolitaine de Bangkok et du ministère des Finances, ont indiqué des opposants.
Les manifestations se déroulaient dans le quartier historique de Bangkok qui abrite de nombreux bâtiments officiels.
"Nous allons encercler le ministère des Finances", a déclaré Pibhop Dhongchai, un des leaders des manifestants, en qualifiant de "succès" l'ajournement de la session parlementaire.
Une foule, estimée à 18.000 personnes par la police, avait commencé à quitter vers 06h00 lundi (23h00 GMT dimanche) le siège du gouvernement, que les opposants occupent depuis fin août.
"Préparez-vous, rassemblez-vous avec des masques, de l'eau et des serviettes" pour (vous) protéger d'éventuels tirs de gaz lacrymogènes de la police, a lancé un porte-parole de "l'Alliance du peuple pour la démocratie" (PAD), organisatrice du défilé.
Des gardes de la PAD, vêtus de noir et armés de matraques, étaient au premier rang des manifestants qui brandissaient des drapeaux thaïlandais et des portraits du roi Bhumibol Adulyadej, selon des témoins.
Sondhi Limthongkul, homme d'affaires et co-fondateur de la PAD, avait indiqué dimanche soir que ses partisans allaient engager la "bataille finale" contre le gouvernement qu'il accuse d'être "corrompu" et d'être "à la solde" du Premier ministre déchu Thaksin Shinawatra.
"Ce sera notre jour le plus long (...) Dans cette guerre, nous allons reprendre notre capitale", avait affirmé M. Sondhi.
M. Thaksin, originaire du nord de la Thaïlande, a été Premier ministre pendant cinq ans avant d'être renversé par des généraux royalistes en septembre 2006. Il s'est depuis réfugié à l'étranger.
Ses lieutenants sont revenus au pouvoir à la faveur d'élections législatives en décembre 2007, les premières depuis le putsch légitimiste. Le gouvernement actuel est dirigé par Somchai Wongsawat, beau-frère de M. Thaksin.
M. Somchai était absent lundi de Bangkok car il a participé ce week-end à un sommet des pays riverains du Pacifique (Apec) au Pérou.
Le vice-Premier ministre Chavarat Charnvirakul a convoqué une réunion urgente du cabinet dans l'ancien aéroport de Don Mueang, où l'équipe de M. Somchai a aménagé en septembre des bureaux temporaires en raison de l'occupation du siège du gouvernement.
Le 7 octobre, une manifestation similaire avait dégénéré en violences (2 morts, 478 blessés) lorsque la police avait dispersé sans ménagement les manifestants de la PAD qui avaient encerclé le Parlement.
Les incidents se sont multipliés depuis. Le 20 novembre, un opposant avait été tué et 29 blessés par l'explosion d'une grenade au siège du gouvernement, occupé par la PAD. Deux jours plus tard, un autre jet de grenade avait blessé huit opposants. L'un d'eux est décédé dimanche.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iVMjwvnu_t3WzlK42JErNFi2pIzw
Des affrontements éclatent à Bangkok: au moins dix blessés
Il y a 9 heures
BANGKOK (AFP) — Dix personnes au moins ont été blessées mardi à Bangkok lors d'affrontements, ponctués par des tirs, entre partisans et adversaires du gouvernement thaïlandais, alors que la tension était à son comble dans le royaume, a indiqué la police.
La police a déclaré que les dix blessés, dont un grave, étaient des partisans du gouvernement et que huit d'entre eux avaient été touchés par des balles.
Pour la deuxième journée consécutive, des milliers d'opposants ont mené des actions visant à paralyser l'activité gouvernementale et à faire tomber le Premier ministre Somchai Wongsawat.
Peu avant les incidents, l'armée a réaffirmé qu'elle n'avait aucunement l'intention de s'emparer du pouvoir.
Les affrontements se sont produits sur une route menant à l'ancien aéroport international de Don Mueang où le gouvernement a aménagé des bureaux temporaires en raison de l'occupation, depuis le 26 août, du complexe abritant les bureaux du Premier ministre.
Un officier de police a averti que certains opposants étaient armés et que de nouveaux incidents étaient à craindre.
Mardi à l'aube, environ 10.000 manifestants, vêtus pour la plupart de jaune, en signe d'allégeance au roi, ont assiégé Don Mueang.
Des groupes de plusieurs centaines d'opposants se sont également rendus au QG des forces armées et à l'aéroport international de Suvarnabhumi, où le Premier ministre était attendu mercredi après avoir participé au Pérou à un sommet des pays de l'Asie-Pacifique (Apec).
Mais un porte-parole gouvernemental a annoncé en fin de journée que l'avion de M. Somchai n'atterrirait pas à Suvarnabhumi.
La police a signalé la présence de quelque 2.000 opposants à Suvarnabhumi dans la soirée.
Les manifestants appartiennent à une coalition d'obédience royaliste qui se fait appeler "l'Alliance du peuple pour la démocratie" (PAD) et dont l'objectif avoué est de renverser le pouvoir, qualifié de "corrompu".
Dans l'avion qui le ramenait vers la Thaïlande, M. Somchai a, une nouvelle fois, rejeté les appels à sa démission et a accusé la PAD de mener une "rébellion" contre le gouvernement élu.
M. Somchai est le beau-frère de l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra qui avait été renversé en septembre 2006 par l'armée.
Les lieutenants de M. Thaksin sont revenus au pouvoir à la faveur d'élections législatives en décembre 2007, les premières depuis le putsch légitimiste de l'année précédente.
"Le peuple est celui qui prend les décisions. Mon gouvernement est arrivé (au pouvoir) à la suite d'une élection, conformément à la Constitution", a déclaré M. Somchai.
Des milliers de manifestants avaient déjà encerclé lundi le Parlement de Bangkok et forcé l'ajournement d'une importante session.
Sawit Kaoewan, un leader des manifestants qui est également secrétaire général de la principale confédération syndicale en Thaïlande (190.000 membres), a affirmé qu'une grève nationale allait démarrer mardi dans les services publics, mais aucun débrayage n'a été signalé.
Le conflit politique en Thaïlande, qui dure depuis plus de deux ans, oppose partisans et adversaires de M. Thaksin qui reste populaire parmi les masses rurales du nord mais est détesté par les élites traditionnelles de Bangkok.
M. Thaksin, qui se trouverait à Dubaï, a annoncé son intention de revenir en politique, dans une interview au magazine Arabian Business. Aucune date n'a toutefois été donnée.
M. Somchai doit rentrer mercredi en Thaïlande et a prévu de réunir les membres de son gouvernement aussitôt après dans un lieu non précisé.
"Nos combattants les pourchasseront", a averti Somsak Kosaisuk, autre leader de la PAD.
Dans l'après-midi, le commandant en chef de l'armée, le général Anupong Paojinda, a déclaré à la presse que "les forces armées avaient estimé qu'un coup d'Etat ne pouvait pas régler les problèmes du pays".
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BANGKOK (AFP) — Le chef de l'armée thaïlandaise a demandé mercredi au Premier ministre d'organiser de nouvelles élections et a enjoint aux manifestants antigouvernementaux d'évacuer les endroits qu'ils occupent à Bangkok, y compris l'aéroport international où des touristes ont été bloqués.
Les autorités ont réussi mercredi à évacuer la plupart des 3.000 passagers qui s'étaient retrouvés piégés la veille à l'aéroport Suvarnabhumi, fermé après avoir été pris d'assaut par des milliers d'opposants vêtus de jaune, en signe d'allégeance au roi.
Le commandant en chef de l'armée, le général Anupong Paojinda, s'est exprimé publiquement, alors que la crise s'aggravait, affirmant toutefois qu'il n'était pas en train de mener un coup d'Etat.
Il a appelé le Premier ministre Somchai Wongsawat à dissoudre la chambre basse du Parlement, moins d'un an après les législatives de décembre 2007, largement remportées par le parti au pouvoir.
"Nous allons lui envoyer une lettre pour dire qu'il doit dissoudre (le Parlement) et convoquer de nouvelles élections", a déclaré le général Anupong à l'issue d'une réunion avec les principaux responsables militaires et économiques du pays.
Le chef du gouvernement M. Somchai, qui a participé au Pérou à un sommet des pays de l'Asie-Pacifique (Apec), est revenu mercredi soir en Thaïlande mais, au lieu d'atterrir à Bangkok, son avion s'est posé à Chiang Mai, dans le nord.
Il est resté très évasif à propos de ses intentions. "Je ne sais pas. Je n'ai encore pris aucune décision", a-t-il dit, alors que le gouvernement pourrait se réunir jeudi dans un endroit tenu secret.
Son porte-parole Nattawut Saikaur, a critiqué le général Anupong, dont les forces ont jusqu'ici refusé d'intervenir pour rétablir l'ordre, en soutien au gouvernement.
"Où était-il lorsque (les manifestants) ont pris d'assaut Suvarnabhumi (l'aéroport, ndlr) ? Le lendemain soir, il sort (de sa réserve) et demande au Premier ministre de dissoudre", a critiqué M. Nattawut.
Le chef de l'armée a également ordonné aux manifestants de la coalition d'obédience royaliste baptisée "Alliance du peuple pour la démocratie" (PAD) de quitter tous les bâtiments où ils campent à Bangkok, y compris l'aéroport international Suvarnabhumi. "La PAD doit se disperser immédiatement de chaque lieu qu'elle occupe", a-t-il dit.
"Le gouvernement a encore toute l'autorité", a estimé le chef de l'armée, en précisant s'inscrire dans une démarche susceptible de "régler le problème qui a plongé le pays dans une crise profonde".
La crise politique en Thaïlande, qui dure depuis plus de deux ans, oppose partisans et adversaires de Thaksin Shinawatra, ex-Premier ministre en exil renversé par l'armée en septembre 2006.
M. Somchai est le beau-frère de M. Thaksin, puissant homme d'affaires qui reste populaire parmi les masses rurales du nord de la Thaïlande. Il est cependant détesté par une bonne partie des élites traditionnelles de Bangkok qui avaient multiplié les appels au putsch il y a deux ans.
Lors de sa conférence de presse mercredi, le général Anupong s'est exprimé sur la possibilité d'un nouveau coup d'Etat militaire.
"En tant que chef de l'armée, si je menais un coup d'Etat, les problèmes seraient réglés une fois pour toutes. Mais il y aurait de nombreuses conséquences, y compris la réaction internationale", a-t-il dit.
Un leader des manifestants à l'aéroport a très vite rejeté l'appel à la dispersion lancé par le général Anupong et a estimé que de nouvelles élections ne régleraient pas le conflit.
"Le Premier ministre doit démissionner", a réaffirmé Pibhop Dhongchai, l'un des principaux meneurs des opposants décidés à "rester à l'aéroport".
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ggwF9SSl9NcJnnvbh3aAfo3WlNOg
On aurait pu croire l’affaire thaïlandaise classée après la fixation des législatives anticipées en décembre, mais il semblerait que le gouvernement soit revenu sur l’accord qui ait prévu les élections
On peut déduire de ces articles que le gouvernement veut mettre en place des réformes tendant à mieux intégrer le pays dans le commerce mondial (« M. Thaksin qui reste populaire parmi les masses rurales du nord mais est détesté par les élites traditionnelles de Bangkok. ») donc de rendre le pays plus dépendant de l’extérieur.
Le fait qu’il y ait des syndicalistes dans le PAD montre suffisamment qu’ils ne sont pas par principe contre les réformes pourvu qu’elles s’accordent avec les traditions nationales.
Enfin, et surtout, le fait que les partisans du gouvernement soient prêts à tuer leurs compatriotes prouve la détermination niveleuse de la mondialisation
Bien que les manifestants soient dans leur bon droit refuser d’obéir au général, qui prend leur parti, notons-le bien, les met dans une position de rebelles face à l’Etat, et plus seulement à un gouvernement partisan et cosmopolite.