C’est un beau roman, c’est une belle histoire
« Drogue : l’enfer des paradis artificiels.
La Saint Valentin… Une fête devenue très commerciale. Comme si aimer se résumait à offrir des cadeaux à l’être aimé ce jour-là ! Mais qu’est-ce que vraiment aimer ? Comment vivre en couple sans s’étouffer ni à l’inverse s’éloigner l’un de l’autre dans un quotidien routinier ?
Cela commence souvent comme ça. Cette fois, ça y est… Oubliés les tâtonnements, essais malheureux et autres déceptions ! C’est lui, c’est elle qui occupe nos pensées, peuple nos rêves et stimule nos sens ! On est si bien ensemble…
L’inconscient est à l’œuvre. On se met à croire à une relation comblante, qui va réparer tant de choses… Car on va aimer le même que soi (“On pense la même chose”) ou bien l’autre semble justement nous offrir ce qui nous manque : la confiance, une meilleure image de nous même. L’intensité des ressentis, l’idéalisation de l’autre sont les ingrédients nécessaires à la fondation d’un lien privilégié. Pas facile à ce moment de distinguer sentiments amoureux, attirance sexuelle ou amour qui va engager toute une vie…
Progressivement, après quelques jours ou quelques années, la vérité va reprendre sa place et l’autre va nous apparaître tel qu’il est réellement - pas si mal d’ailleurs ! Ce n’est pas parce qu’il ou elle a changé, c’est notre regard qui s’éclaircit. Ce retour à la réalité va se passer avec plus ou moins de douceur ou de difficultés.
On peut dire que chaque couple adopte une dynamique inconsciente qui peut donner satisfaction aux deux partenaires pendant très longtemps. Prenons deux exemples : quand un partenaire nourricier rencontre quelqu’un qui aime être nourri… ça fonctionne! Jusqu’à ce que l’un des deux ait envie d’autre chose et prive ainsi l’autre des bénéfices de son rôle. Autre exemple : l’un va éprouver une grande fierté à organiser, décider, prendre en charge et l’autre se laissera porter avec délices… Cela n’empêchera pas, quelques années plus tard, les reproches mutuels : “J’en ai marre de tout assumer ! Tu ne me laisses pas choisir !” On remarquera que ce qui fait problème est souvent présent dès le début du couple.
Bien des difficultés peuvent surgir dans le cheminement d’un couple :
Comment trouver sa place ou comment être bien à deux sans renoncer à soi-même ? Certains peuvent avoir du mal à s’affirmer, à délimiter un territoire personnel, se sentiront coupables de garder des activités à eux. D’autres vont ressentir les besoins d’autonomie de l’autre comme menaçants, dangereux pour le couple. Ce serait intéressant d’observer comment ils se situent comme enfants de leurs parents, comme hommes ou femmes adultes. Car chacun arrive dans le couple avec son histoire familiale, simple ou perturbée… Va-t-on demander à l’autre de tout compenser, réparer, consoler ? Puis-je attendre de l’autre « qu’il me donne confiance en moi » ou ai-je à trouver moi-même comment construire cette confiance ?
D’autres couples ne se disputent jamais. A priori, n’est-ce pas formidable ? Ont-ils tellement peur des conflits, souvent fantasmés comme des dangers de rupture ? Ou bien dénient-ils toute agressivité, ce qui se traduira tôt ou tard par d’autres symptômes, notamment, sexuels.
Pour des partenaires à la personnalité mal définie, vivre une vraie vie commune faite de partage de ce que l’on vit « à l’intérieur de soi » est très difficile : l’intimité - si désirée - peut faire peur !
On entend parfois cette réflexion: « S’il (ou elle) m’aime, comment ne devine-t-il (elle) pas ce que je désire ? » L’autre n’est donc pas semblable à moi ? Comme un prolongement de moi-même ? Le chemin est long pour vraiment accepter et respecter cette différence.
D’autres encore disent : « Mon conjoint est tout pour moi ! Je lui donne tout ! » Le sous-entendu, rarement exprimé, voudrait dire : « En échange, je veux être tout pour lui (elle) ! » Tout, n’est-ce pas trop ?
La fidélité à l’intérieur du couple est une valeur assez unanimement partagée et souhaitée. Certes, il existe des relations brèves, peu investies, où l’autre est utilisé comme objet de plaisir. Mais les couples souffrants ont pratiquement toujours un projet ou désir de relation stable et durable.
Parler de fidélité, c’est parler de promesse, de responsabilité. Mais fidélité à quoi ? A un engagement, à un contrat ? Que met chacun dans ce contrat ? Cet engagement, envers qui ? L’autre, les autres à venir, soi-même, la société ? Y aurait-il un glissement de la notion de fidélité vers celle d’authenticité ?
Le couple d’aujourd’hui, marié ou non, n’a plus une fonction de survie. Il trouve son sens dans des sentiments partagés et un espoir de satisfaction, de jouissance, de solidarité. Existerait-il aujourd’hui l’idée que si le degré (variable) de satisfaction des partenaires ne peut plus être atteint, autant se séparer et tenter une nouvelle expérience que l’on ne peut rêver que plus positive ? Est-ce que cette façon de voir peut être un leurre ? Que de questions ! Vaste débat !
Bien sûr, certains couples vont être confrontés à l’infidélité. Pour tous, cette mise à l’épreuve de la confiance sera douloureuse. Pour certains, l’événement sera insurmontable et signifiera la fin du couple. Mais l’infidélité ne signe pas, loin s’en faut, la fin d’une relation. Certains chercheront à comprendre ensemble ce que la crise signifie, comment ils en sont arrivés là. Parfois avec l’aide d’un professionnel, ils pourront prendre conscience de ce qui n’a pas pu se dire autrement.
Deux mots sur les couples qui débutent très tôt, à l’adolescence. Certains, bien-sûr, vont traverser ensemble toutes les étapes vers une vie adulte et confirmer cela par un engagement à long terme. Pour d’autres, cette vie conjugale précoce va les aider à affronter les angoisses et les mutations de la jeunesse. Ayant acquis, grâce à cette phase, plus d’assurance, il n’est pas rare que l’un des deux souhaite « s’envoler » et vivre d’autres expériences.
Que serait donc l’équilibre dans un couple ? Sûrement davantage une recherche perpétuelle plutôt qu’un état acquis une fois pour toutes ! Ensuite, la vie de couple focalise aujourd’hui tellement d’attentes : l’Amour, la sécurité, la jouissance, le confort et le dynamisme, la protection, le plaisir… ! Est-ce seulement possible ?
Au lieu d’attendre l’impossible, explorons donc les possibles, ce qui nous ramène aux limites, au manque, aux différences fondamentales. Non, l’amour ne peut pas tout !
Entre le tout et le rien, nous devons réaménager nos attentes, assumer notre histoire, reconnaître notre responsabilité. Si nous voulons que le couple reste un lieu d’échanges et une source de plaisir, nous passerons parfois par le conflit, la négociation… et les réconciliations !
Reste le bon usage de la parole… S’il ne faut pas tout dire, comment se parler ?… Parler de ses sentiments, de ses peurs, de ses déceptions, de sa fragilité, ce n’est pas facile pour tout un chacun. Certains doivent apprendre ce langage ou apprendre à oser partager cela. Paroles qui ouvrent, qui blessent parfois, paroles qui essaient de dire leur propre vérité, paroles qui tentent de rejoindre l’autre…
Tenter l’aventure d’un couple, avec lucidité et humilité, si ce n’est pas tous les jours un roman, cela peut être une bien belle histoire…
Cet article a été publié le Lundi 14 juillet 2008 à 11:57 et est classé dans Faire de la France une Nation, Jeunesse en détresse. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.
Un commentaire pour “C’est un beau roman, c’est une belle histoire…”
1. Anne-Charlotte dit :
25 novembre 2008 à 15:58
très intéressant !
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