Une société matérialiste.
À force de passer des heures chaque jour à regarder passivement la télévision depuis la plus tendre enfance, de plus en plus de jeunes ont perdu l’habitude de se battre pour gagner, autrement qu’avec des consoles de jeu électroniques.
On interdit souvent aux enseignants de comparer les performances des élèves au moyen de notes, pour ne pas traumatiser les plus faibles. On a allégé de plus en plus les programmes scolaires des enfants et adolescents, en exigeant de moins en moins d’efforts. C’est ainsi, par exemple, qu’on fait de moins en moins de calcul mental, qu’on ne fait plus faire de grandes divisions avec beaucoup de chiffres après la virgule, qu’on ne fait plus apprendre par cœur de longues récitations, qu’on ne fait plus de démonstrations de géométrie, etc…
Mais à force de ne plus avoir de mauvaise note à l’école, même quand ils ne se sont pas donnés le mal d’apprendre et de comprendre les connaissances qui n’entrent pas dans la tête toutes seules ; à force d’entrer en sixième même quand ils ont de grandes difficultés en lecture, orthographe et calcul, et de monter de classe même après une mauvaise année; à force de ne pas avoir de difficulté à vaincre, beaucoup de jeunes sont devenus faibles, beaucoup manquent de volonté, beaucoup se découragent à la moindre difficulté.
Alors les études difficiles comme les maths et la physique tentent de moins en moins de jeunes bacheliers. Selon le Conseil général de l’Essonne, depuis 1996 les DEUGS en science dure ont perdu 25% de leurs étudiants, et même 46% pour les DEUGS de physique. Il y a 20 ans, une vingtaine de polytechniciens docteurs ès sciences intégraient le CNRS chaque année ; aujourd’hui, ils ne sont plus que zéro ou un. Un professeur au Collège de France constate :
“Moins de jeunes chercheurs signifie moins d’implication technologique et donc un déclin industriel.”
Et le directeur de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne conclut :
“La France va manquer d’ingénieurs dans l’industrie, ainsi que de techniciens. Or les pays industriels ne peuvent pas s’en passer : on a un PIB important grâce à notre technologie!”
La désaffection des jeunes Français pour les sciences exactes vient aussi d’une attitude générale de défiance vis-à-vis des sciences et des grandes entreprises. Parfois, cette peur des sciences conduit à de véritables attitudes de crainte superstitieuse, comme c’est le cas vis-à-vis des OGM, pourtant à l’origine d’innombrables médicaments et de plantes indispensables aux pays pauvres, qui ne peuvent se payer nos engrais et nos pesticides.
Il y a aussi un danger pour notre démocratie : le manque de connaissances scientifiques dû à la paresse allant de pair avec l’ignorance en matière d’économie et en matière d’événements politiques, les citoyens sont prêts à croire n’importe quoi, comme le montrent les innombrables exemples du livre disponible sur Internet “La démocratie malade des médias - Nous votons sans savoir”.
Cet article a été publié le Mardi 17 juin 2008 à 0:26 et est classé dans Faire de la France une Nation, Jeunesse en détresse. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.
Un commentaire pour “L’affaiblissement de la volonté de se donner du mal.”
1. Naradatta dit :
19 juin 2008 à 21:55
Votre Altesse Royale
Je tiens à vous remercier pour l’attention que vous portez à la cause des jeunes scientifiques français, et de l’infâmie permanente qui leur est faite.
Je m’autorise à y apporter mon insignifiant témoignage, si tant est qu’il puisse avoir une quelconque valeur.
Actuellement en première année de thèse de doctorat de biologie, il m’a été impossible d’obtenir le moindre financement, car il m’a fallu deux années afin d’obtenir mon grade de master II, ayant dû travailler simultanément en tant que gardien de nuit pour financer mes études. Cela m’a rendu inéligible à l’attribution de bourses, qui semblent être de nos jours distribuées au compte-goutte. Il m’a même été difficile de me faire inscrire, si ce n’est à force d’acharnement, pour la-dite raison d’absence de financement.
En fait, des origines modestes tempérées par une passion pour la science semblent de nos jours une forme de handicap honteux. La motivation semble moins importante que l’appartenance à une caste, caste à laquelle m’a non appartenance m’a été si souvent reprochée par mes “ainés”, ceux qui, à une époque où il y avait plus de postes de chercheurs que de chercheurs à postuler, ont mis en place ce système.
L’année écoulée, en fonction des petits emplois occupés (mise sous pli etc…) j’ai déclaré 1063 euros.
Voilà le traitement fait aux jeunes qui souhaitent développer la science dans leur patrie. Il est vrai qu’au vu de l’évolution qui se dessine pour la société française, le développement des nouvelles technologies n’a pas l’air d’être une priorité, lui qui pourrait nous rendre compétitif (ce serait un tort immense pour le pays…).
Je m’autoriserai à évoquer une comparaison avec un grand nom de l’ancien régime. Comme au procès de Lavoisier, peut-être entendrons nous tous bientôt dire que : “la révolution n’a pas besoin de savant”. De quelle révolution serait-il question? Peut-être de celle dont les anciens protagonistes, ceux qui interdisaient d’interdire, sont aujourd’hui nos dirigeants.
Je constate avec beaucoup de bonheur la présence de liens vers les sites de Nicolas Dupont-Aignan sur votre blog, en tant qu’adhérent à DLR et en tant que patriote.
Je vous prie d’accepter, avec tous les honneurs qui ont dus à votre personne et à votre illustre nom, l’assurance de ma considération distinguée.
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