THAILLANDE: LA REVENCHE DES VAINCUS
BANGKOK (AFP) — Des milliers de manifestants thaïlandais, favorables au diigeant déchu Thaksin Shinawatra, ont contraint lundi matin le nouveau Premier ministre Abhisit Vejjajiva à repousser son premier discours devant le Parlement.
Une session extraordinaire du Parlement, qui était prévue à partir de 09h30 (02h30 GMT) à Bangkok où M. Abhisit devait dévoiler la politique de son gouvernement, a été reportée à 14h00 (07h00 GMT), a annoncé le président du Parlement, Chai Chidchob.
La police a déclaré que des milliers de manifestants pro-Thaksin, vêtus de rouge, avaient bloqué les avenues menant au Parlement, ainsi que les principaux accès au complexe, pour exiger la dissolution de la Chambre des Représentants et la tenue de nouvelles élections.
Plus de 3.000 policiers non armés ont été mobilisés pour faire face au nouveau défi des "chemises rouges", ces partisans de M. Thaksin qui ont succédé dans la rue aux "chemises jaunes", militants royalistes ayant occupé les aéroports de Bangkok il y a un mois et précipité la chute du précédent gouvernement.
Le président du Parlement a précisé que le Premier ministre avait repoussé son discours pour éviter une répétition des violences du 7 octobre autour du Parlement où la police avait abondamment fait usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants royalistes, faisant deux morts et 478 blessés.
A l'époque, le Premier ministre était Somchai Wongsawat, beau-frère de M. Thaksin, qui a été contraint à la démission le 2 décembre.
"Si nous ne pouvons ouvrir la session (lundi), nous la reporterons jusqu'à ce qu'elle puisse se tenir", a déclaré Satit Wonghnongtaey, ministre rattaché au bureau du Premier ministre.
M. Abhisit, 44 ans, chef du Parti démocrate (jusqu'ici dans l'opposition), est devenu Premier ministre le 15 décembre à la faveur d'un renversement d'alliance parlementaire consécutif à la dissolution par la justice du Parti du pouvoir du peuple (PPP) des lieutenants de M. Thaksin.
M. Thaksin avait lui-même été renversé par l'armée en septembre 2006 après plus de cinq années au pouvoir et il vit aujourd'hui en exil pour échapper à une condamnation pour corruption dans son pays.
Ses lieutenants étaient revenus aux affaires après les législatives de décembre 2007 mais ils ont perdu le pouvoir au début du mois après l'interdiction du PPP par la Cour constitutionnelle et la défection de certains alliés parlementaires.
"Nous rejetons la voie empruntée par le Premier ministre (Abhisit) pour accéder au pouvoir", a déclaré Nattawut Saikuar, un des leaders du mouvement pro-Thaksin des "chemises rouges".
Jatuporn Prompan, autre meneur des manifestants, a déclaré que M. Abhisit n'était devenu Premier ministre que grâce au "soutien de l'armée" et il a mis en garde contre les risques de "guerre civile" si la police dispersait la foule.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hZOkbeQ4pBVhMJnTLGoVZoBlz3rA
Si mes lecteurs s’en souviennent, j’ai émis des réserves, pour d’autres motifs naturellement, sur la légitimité de l’accession au pouvoir du PAD par voie parlementaire
Le PPP fait la même analyse, qui est logique dans un régime démocratique oû deux légitimités coexistent et peuvent entrer en conflit
A moins d’un coup d’Etat, il fait des élections sincères pour rendre ce pays gouvernable
Quand aux motifs et à la détermination des manifestants il faut attendre et voir !