AMERIQUE LATINE ; L’ANNEE CRUCIALE

Publié le par michel baran

MADRID, dimanche 11 janvier 2009 (LatinReporters.com) - Le Chili, si symbolique, va-t-il virer à droite comme le suggèrent les sondages? En revanche, au Salvador, les urnes porteront-elles au pouvoir l'ancienne guérilla d'extrême gauche du FMLN? Les Vénézuéliens octroieront-ils à Hugo Chavez le droit de briguer indéfiniment la présidence? Et en Bolivie, l'Amérindien Evo Morales sera-t-il réélu et sa Constitution indigéniste plébiscitée? Ces questions dominent les 2 référendums, 7 élections présidentielles et 9 législatives qui se succéderont en 2009 dans 10 pays d'Amérique latine: Salvador, Bolivie, Venezuela, Equateur, Panama, Mexique, Uruguay, Argentine, Honduras et Chili.

 

A noter d'emblée que les régimes présidentiels généralisés en Amérique latine relativisent, davantage encore qu'aux Etats-Unis, l'importance des scrutins législatifs, souvent concomitants avec le présidentiel. La présidence s'exerce avec un gouvernement nommé par elle, même si l'opposition parlementaire est majoritaire et peut freiner, voire enterrer, certaines initiatives présidentielles.

 

Assaisonnant le marathon électoral continental qu'enrichiront encore divers scrutins municipaux, le Ve Sommet des Amériques, du 17 au 19 avril à Trinité-et-Tobago, permettra au nouveau président des Etats-Unis, Barack Obama, de côtoyer ses pairs du continent convoqués sur le thème "Assurer l'avenir de nos citoyens à travers la promotion de la prospérité humaine, la sécurité énergétique et la durabilité environnementale".

 

L'institution des Sommets des Amériques, dont le IVe fut accueilli par l'Argentine en 2005, est une émanation de l'OEA (Organisation des Etats américains). L'OEA compte 34 Etats membres, soit tous ceux des Amériques à la seule exception de Cuba. L'île des frères Castro en fut exclue en 1962, un système communiste étant alors considéré comme incompatible avec le système interaméricain. Atteintes aux droits de l'homme et absence de pluralisme sont les raisons invoquées par Washington pour prolonger cette exclusion. Barack Obama la maintiendra-t-elle, alors que les 33 pays d'Amérique latine et des Caraïbes, à nouveau tous ceux des Amériques à l'exception cette fois des Etats-Unis et du Canada, applaudissaient Raul Castro le 17 décembre dernier au Brésil et jetaient, quoique certains avec tiédeur, les bases d'une organisation parallèle à l'OEA incluant Cuba?

 

Salvador, Bolivie, Venezuela

 

Le Salvador ouvrira le bal électoral en élisant le 18 janvier ses 84 députés, puis, le 15 mars, son président. Pour les deux scrutins, les sondages prédisent le triomphe du Front Farabundo Marti de Libération Nationale (FMLN), l'ex-guérilla reconvertie en parti politique. La victoire de son candidat à la présidence, le journaliste Mauricio Funes, très populaire et relativement modéré, mettrait fin à 20 ans de pouvoir de l'Alliance Républicaine Nationaliste (ARENA, originellement façade politique de paramilitaires d'extrême droite). Succédant au retour à la présidence du Nicaragua, lors des élections de novembre 2006, de l'ex-chef guérillero sandiniste Daniel Ortega, ce bouleversement renforcerait les pressions internationales exercées sur la guérilla marxiste colombienne des FARC pour la convaincre de briguer le pouvoir par les urnes et non plus par les armes.

 

Le 25 janvier en Bolivie, le président amérindien Evo Morales jouera son avenir politique au référendum sur une nouvelle Constitution dont l'adoption est probable. Instaurant une version locale du "socialisme du 21e siècle" cher au président vénézuélien Hugo Chavez, la nouvelle charte fondamentale, très soucieuse des intérêts des populations autochtones, permettrait à Evo Morales de solliciter un second mandat lors d'élections présidentielle et législatives déjà fixées au 6 décembre. A cette date, les pleins effets de la crise financière et économique mondiale auront créé, en Amérique latine comme ailleurs, des paramètres qui pourraient bousculer les schémas politiques.

 

La victoire référendaire attendue du chef de l'Etat bolivien épaulerait psychologiquement l'ambition très contestée de son allié Hugo Chavez de faire sauter, également par référendum en février, le verrou par lequel la Constitution dite bolivarienne du Venezuela ferme actuellement la possibilité d'exercer plus de deux mandats présidentiels consécutifs. Une victoire du non, qui surprendrait autant que le rejet populaire en décembre 2007 d'une autre tentative de révision constitutionnelle, empêcherait Hugo Chavez de briguer à nouveau la magistrature suprême en décembre 2012 et le contraindrait à céder le pouvoir à son successeur en janvier 2013. Dans l'immédiat, un non majoritaire des Vénézuéliens au droit de briguer un nombre illimité de mandats successifs nuirait à toutes les gauches radicales d'Amérique latine et alourdirait peut-être davantage les tensions politiques au Venezuela pendant les 4 dernières années du mandat de Hugo Chavez. Sa marge de manoeuvre, tant nationale qu'internationale, est actuellement hypothéquée par l'effondrement des prix du pétrole brut, dont le Venezuela est le 5e exportateur mondial.

 

Equateur, Panama, Uruguay, Honduras

 

La théorie des dominos entre la Bolivie et le Venezuela, ainsi que la crise mondiale pèseront également sur l'Equateur, appauvri soudainement par la réduction des prix pétroliers et du montant des devises envoyées par les émigrés. Les sondages laissent toutefois peu de doutes sur la réélection du socialiste équatorien Rafael Correa aux élections présidentielle et législatives du 26 avril. Allié de ses homologues Morales et Chavez, le président Correa suspendait en décembre dernier le paiement de près de 40% de la dette extérieure équatorienne. Populaire et permettant de ne pas réduire les programmes sociaux avant les élections, cette mesure expose à terme l'Equateur à de coûteuses représailles internationales.

 

Scrutins présidentiels et législatifs aussi au Panama, le 3 mai, et en Uruguay, le 25 octobre. Une gauche modérée apparentée à la social-démocrate régit actuellement les deux pays. Nettement favori dans les sondages, l'homme d'affaires et milliardaire Ricardo Martinelli ramènerait le Panama au centre droit s'il remportait la présidence. En Uruguay, le Frente Amplio (Front Elargi) a des chances raisonnables de conserver le pouvoir. L'élection à la présidence de son candidat le plus probable, l'ex-guérillero José Mujica, pourrait incliner le pays davantage à gauche par rapport à la gestion de l'actuel président Tabaré Vazquez.

 

Au Honduras, lors de la présidentielle et des législatives simultanées du 29 novembre, la présidence se jouera entre Porfirio Lobo, du Parti national, et Elvin Santos, du Parti Libéral. Ces partis théoriquement de droite sont les deux principaux du pays. L'actuel président Manuel Zelaya, élu en 2005 comme candidat du Parti Libéral, a plongé dans le flou les étiquettes politiques en signant en août 2008 l'adhésion du Honduras à l'ALBA (Alternative bolivarienne pour les Amériques), organisation politico-économique de la gauche radicale à laquelle appartiennent Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et la Dominique.

 

Mexique, Argentine, Chili

 

Des élections législatives partielles renouvelleront le 5 juillet au Mexique la totalité des députés (le sort des sénateurs se jouera en 2012) et le 25 octobre en Argentine la moitié de la Chambre des députés et le tiers du Sénat. Le président conservateur mexicain Felipe Calderon et son homologue argentine, la péroniste de gauche Cristina Fernandez de Kirchner, tous deux arrivés alors à mi-mandat, mesureront la température socio-politique de leur pays et les analystes ébaucheront leurs premières prévisions pour l'élection présidentielle de 2011 en Argentine et celle de 2012 au Mexique.

 

Enfin, le Chili fermera le cycle électoral latino-américain de 2009 par les élections législatives et la présidentielle concomitante du 11 décembre. Cette dernière aura une forte charge symbolique. Au pouvoir depuis 1990, soit depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet, la coalition de centre gauche Concertation pour la Démocratie pourrait perdre le scrutin présidentiel après avoir été devancée en octobre dernier, pour la première fois aussi, par la coalition de droite Alliance pour le Chili à l'élection directe des maires des municipalités.

 

Début janvier, un sondage du Centro de Estudios de la Realidad Contemporánea (CERC) octroyait 41% des intentions de vote au candidat de la droite, le milliardaire Sebastian Piñera, qui avait recueilli en janvier 2006 46,5% des suffrages au second tour de la présidentielle, contre 53,5% à la présidente en exercice, la socialiste Michelle Bachelet. La Constitution empêche cette dernière de briguer un second mandat consécutif. Le candidat le mieux situé au sein de la Concertation pour la Démocratie, le revenant démocrate-chrétien Eduardo Frei, premier président de la nouvelle démocratie chilienne, n'est crédité par le CERC que de 9% de préférences.

 

Qu'au pays du général Pinochet, décédé en décembre 2006, la droite revienne au pouvoir, cette fois au moyen d'urnes démocratiques, porterait un rude coup au messianisme des gauches latino-américaines. Et que l'alternance démocratique ne favorise pas nécessairement la gauche serait difficilement admis à Caracas, Quito, La Paz, Managua et la Havane. Mais d'ici décembre, divers impondérables, dont les effets de la crise économique mondiale, pourraient retourner les sondages.

 

http://www.latinreporters.com/amlatpol11012009.html

 

Il est bien entendu souhaitable, dans une vision géopolitique et de diversité politique, que la gauche radicale soit majoritaire en Amérique latine puisque plus rien ne sort de la vielle Europe droguée par le matérialisme (si encore il était d’Epictète, mai même pas, c’est celui de la paraisse et du consumérisme !)

Pourtant durant tout le XIX° siècle et presque la moitié du XX° l’Europe, et particulièrement la France étaient une fourmilière d’idées et de réalisations pour lutter contre l’injustice

Or donc l’Amérique latine reprend le flambeau tombé de nos mains

La chance de la gauche radicale vest d’avoir compris que la collégialité de décision était un mythe démocratique qui réduisait l’efficacité du pouvoir. Le danger est que les chefs d’Etats s’accrochent au pouvoir plus qu’il n’est raisonnable au détriment de la pérennisation des idées: Castro, Chavez

Le pouvoir à vie, à cause des progrès médicaux n’est plus acceptable parce le chef d’Etat peut devenir sénile

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Publié dans POLITIQUE ETRENGERE

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