ETAT DE GUERRE CIVILE A MADAGASCAR

Publié le par michel baran

ANTANANARIVO (AFP) — Les forces de l'ordre malgaches ont tué samedi au moins 23 personnes en tirant sur les partisans du maire d'Antananarivo Andry Rajoelina, qui les avait appelés à investir un palais présidentiel, nouvelle étape dans son opposition au pouvoir de Madagascar.

 

"J'appelle les forces de l'ordre et la population à se donner la main pour rétablir le calme et l'ordre à Antananarivo et dans tout Madagascar", a réagi dans la soirée le président Marc Ravalomanana sur la télévision nationale, accusant l'opposition d'avoir "dépassé les bornes".

 

"Tout ça est arrivé malgré les pourparlers menés" en coulisses, a-t-il dit.

 

Dans l'après-midi, des policiers ont ouvert le feu à balles réelles sur des manifestants qui se dirigeaient vers le palais Ambohitsorohitra, abritant le bureau du président Ravalomanana dans le centre de la capitale.

 

"Il y a 23 morts et 83 blessés à l'Hôpital Joseph Andravahangy Andrianavalona", hôpital universitaire du centre-ville, a déclaré le chef des sapeurs-pompiers d'Antananarivo, Jaona Andrianaivo. "Je ne sais pas pour les autres hôpitaux".

 

Un journaliste de l'AFP avait auparavant compté sept cadavres dans la morgue de cet hôpital. Les blessés y étaient soignés à même le sol ensanglanté des couloirs, par des équipes médicales débordées.

 

Des tirs sporadiques mais nourris ont retenti tout l'après-midi aux abords du palais où les forces de l'ordre faisaient face à des pillards, avant de se taire en début de soirée.

 

Ces décès portent à au moins 91 le nombre de personnes mortes dans les violences qui ont émaillé depuis le 26 janvier le bras de fer entre M. Rajoelina et le président Ravalomanana dans la Grande Ile de l'océan Indien.

 

Samedi, les manifestants arrivaient de la place du 13-Mai, où au moins 20.000 personnes avaient assisté à un nouveau rassemblement de l'opposition au cours duquel le maire avait pris la tête d'une "Haute Autorité de transition" censée à ses yeux remplacer le pouvoir en place.

 

"Vu le vide institutionnel relatif à la procédure de destitution du président (...), Andry Rajoelina est nommé président de la +Haute Autorité de transition+", avait déclaré une proche du maire.

 

M. Rajoelina avait ensuite désigné comme "Premier ministre" Roindefo Monja, un homme politique de Tulear (sud-ouest), à la tête d'un "gouvernement d'unité nationale où toutes les régions seront représentées".

 

Le maire, destitué mardi de son mandat par les autorités, a engagé, sans succès jusqu'ici, des procédures de destitution de M. Ravalomanana.

 

A la fin du rassemblement, M. Rajoelina avait appelé ses partisans à marcher vers le palais Ambohitsorohitra, qui hébergeait le bureau du maire avant l'accession au pouvoir de M. Ravalomanana en 2002.

 

"Ce palais appartient au peuple et à la commune. Je décide de donner à la primature (services du Premier ministre) ce palais", avait lancé Andry "TGV", surnom attribué pour son caractère fonceur.

 

Il y a une semaine, M. Rajoelina s'était proclamé à la tête des affaires de Madagascar, mais M. Ravalomanana avait réaffirmé qu'il demeurait le chef de l'Etat.

 

L'Union européenne a considéré vendredi qu'un retour à la situation d'avant la crise n'était "pas envisageable" à cause du "profond malaise dans la société malgache", réitérant ses appels au "dialogue". Washington tient sensiblement le même discours.

 

Andry "TGV" s'est fait le porte-voix de nombreux Malgaches touchés par la hausse des prix. Il a aussi porté sur la place publique leur ressentiment contre M. Ravalomanana, qu'ils décrivent comme coupé de la population et affairiste.

 

 

dimanche 8 février 2009

           

           

Madagascar: situation apaisée au lendemain d'une manifestation où la police a abattu 28 opposants

08.02.2009 08:56

La situation était calme et l'activité quasi-normale dimanche matin à Antananarivo, la capitale malgache, au lendemain d'un meeting du maire déchu Andry Rajoelina où au moins 28 manifestants ont été abattus par les forces de l'ordre. On dénombre également 212 blessés. Dimanche, dans l'hôpital universitaire de la ville, de nombreux habitants inquiets tentaient encore de localiser un proche ou un ami porté disparu. Les décès de samedi ont porté à 96 au moins le nombre de personnes tuées depuis le début du bras de fer entre le pouvoir et A.Rajoelina. Fin janvier, 68 personnes avaient trouvé la mort.

 

Marc Ravalomanana a appelé samedi soir à la télévision nationale au rétablissement du "calme" et de "l'ordre" à Antananarivo et dans le reste du pays. Le chef de l'Etat a accusé l'opposition d'avoir "dépassé les bornes". Dans la journée, Andry Rajoelina avait pris la tête d'une "Haute autorité de transition" aux contours assez flous, censée remplacer le pouvoir en place. Depuis plusieurs jours, le maire de la capitale s'est fait le porte-voix des frustrations de nombreux Malgaches durement touchés par la hausse des prix, décrivant Marc Ravalomanana comme coupé du monde et affairiste. (SWISS TXT)

           

 

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5g8JeIofIwzhaJNC80ZXuZokIlEAw

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200002&sid=10299812&cKey=1234079772000

 

La situation malgache est au bord de la guerre civile. Elle rappelle la manifestation de 1905 en  Russie oû le Tsar fit tirer sur les manifestants désarmés. La comparaison s’arrête là

Le tout est de savoir si les parties veulent éviter le pire et si la France en particulier, ou ào défaut la communauté internationale peut faciliter la tenue d’élections présidentielle et législatives anticipées

Parce qu’il est clair qu’un pouvoir, quel qu’il soit, qui fait tirer sir le ^peuple, et prend ainsi le risque d’une guerre civile, devient ipso facto illégitime

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Publié dans POLITIQUE ETRENGERE

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