REFLEXIONS SUR L’UTILITE DES ALLIANCES MILITAIRES

Publié le par michel baran

    « …Jamais des exercices militaires ne sont tenus à quelques kilomètres de l'endroit où se déroulent des processus démocratiques. Cela est toujours qualifié de chantage »

    Ainsi s’est exprimé Dmitri Rogozine, ambassadeur russe auprès de l’Alliance atlantique alors que se déroulaient des manœuvres de l’OTAN à proximité immédiate de l’Ossétie du Sud où se dérouleront des élections législatives fin mai 2009...

 

Et de préciser que ces manœuvres militaires ne correspondaient « pas du tout aux traditions de l’OTAN… »

 

Ces manœuvres ont débuté le 6 mai et se poursuivront jusqu’ au 19 mai. Pour reprendre du 21 mai au 3 juin 2009.

 

Initialement l’OTAN prévoyait la participation de 19 pays membres et s’était fendue d’une invitation à l’attention de la Russie afin qu’elle envoie des observateurs…

Invitation déclinée…

 

L'Arménie, alliée de la Russie dans le sud du Caucase, a décidé mardi de les boycotter, rejoignant ainsi le Kazakhstan, la Serbie et la Moldavie dans leur refus d'y participer.

 

Initialement, le quartier général des forces de l’OTAN en Europe, (SHAPE) annonçait 20 participants… Il  semblerait qu’ils ne sont plus que 10 en course dont l’Albanie, la Croatie, le Canada, la Grèce, la Turquie, l’Espagne, la Hongrie… Mais pas la France…

 « Cooperative Longbow » et « Cooperative Lancer 2009 », noms de ces opérations, mobilisent à peine un peu plus d'un millier de soldats, dans un scénario classique : une intervention dans le cadre d'une opération de maintien de la paix, une simulation sur ordinateur à Tbilissi, suivie de manœuvres sur un terrain d'entraînement.

 

Rappelons que le Pentagone assure depuis 2002 l'équipement et la formation des soldats de l'armée géorgienne dans la cadre de « la lutte anti-terroriste et du partenariat pour la paix » qui permet d'associer à l'OTAN des Etats non-membres de l'Alliance.

 

Avec l’équivalent de 4,4 % de son PIB en 2009, la Géorgie détient le record des dépenses militaires planifiées, non seulement au sein des pays ex-soviétiques mais aussi de tout l’espace eurasiatique. « On peut en déduire que le régime du président Saakachvili n’a pas abandonné ses plans de revanche à propos de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie » estimait la « Nezavissimaïa Gazeta ».

 

Pour faire bon poids, la Force collective d’intervention rapide de l’Organisation du Traité de sécurité collective « OTSC », comprenant l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’ Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan  organisera des exercices au Kazakhstan en septembre 2009, n’a pas manqué d’annoncer le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov.

Cette « Force collective d'intervention rapide » aura pour mission de repousser une agression armée, de combattre le terrorisme international et l'extrémisme, de réprimer le crime transnational organisé et le trafic de stupéfiants, de gérer les conséquences des catastrophes naturelles et techniques.

 

L’ancienne  « Route de la soie », à la croisée de routes commerciales nord-sud et est-ouest, a retrouve sa vocation de couloir où convergent les ressources énergétiques de l’Asie centrale, cristallise sur un espace relativement restreint la rivalité qui oppose monde occidental et Russie dans leur volonté de positionnement géostratégique et géopolitique dans la région.

 

Les puissances régionales comme la Turquie et l’Iran, dont le poids n’est pas négligeable, et les grandes puissances mondiales comme la Chine, les États-Unis, la Russie et l’Union européenne se poussent avec plus ou moins de « bonheur » sur cette célèbre « Route »…

 

Nombre d’acteurs sont étroitement imbriqués dans la mouvante toile d’araignée constituée par  des organisations régionales comme : « Black Sea Economic Cooperation » (BSEC, Coopération économique du bassin de la mer Noire), « Black Sea Force » (BLACKSEAFOR, Force de la mer Noire), « Caspian Sea Force » (CASFOR, Force de la mer Caspienne), l’organisation Géorgie-Ukraine-Azerbaïdjan-Moldavie (GUAM) et la « Collective Security Treaty Organization » (CSTO, Organisation du traité de sécurité collective de la Communauté des États indépendants), ou internationales, Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et Union européenne (UE)…

 

Rappelons que l’Asie centrale a été l’objet de plusieurs tentatives de changement de régime soutenues par les Britanniques et les États-uniens. Elles étaient caractérisées par des révolutions de velours semblables à la « Révolution orange » en Ukraine et à la « Révolution des roses » en Géorgie Ces mouvements financés par les États- Unis ont échoué en Asie centrale sauf au Kirghizistan, où la « Révolution des tulipes » a été un succès partiel…

 

Le « Grand jeu », version 2009 va bon train…

 

Portemont, le 15 mai 2009

 

http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article32265.php

 

Nous vivons deux conflits majeurs de civilisation : l’un bien visible oppose la barbarie islamiste au reste du monde. L’autre oppose les démocraties aux pays autoritaires

A cause d’Obama et de ses courbettes devant l’Iran, les choses étaient peut-être plus brutales mais aussi plus claires avec Bush, nous risquons  le premier, et seul vrai conflit

Le fait de provoquer la Russie l’oblige à créer la « Force collective d'intervention rapide », reconstitution à minima et asiatique du « Pacte de Varsovie ». Or l’histoire nous apprend que la première guerre mondiale le fut justement à cause de la création de deux camps irréconciliables. La seconde suivit ce  même schéma à cette modification près que les empires centraux furent unifiés sous la croix gammée. Si la « guerre froide » ne dégénéra pas ce fut grâce à l’équilibre de la terreur nucléaire. La guerre de Corée en fournit la preuve : si la Corée du nord avait eu le feu nucléaire l’ONU ne lui aurait jamais fait la guerre !

Nous sommes dans une nouvelle situation géopolitique : une alliance politico-militaire idéologique impérialiste, l’OTAN, face à de grandes puissances (Chine, Inde, Russie Iran), qui divisées pourraient éventuellement, mais c’est loin d’être certain, vaincues, mais unies battraient facilement l’OTAN Plus une myriade de petits Etats plus ou moins instables, protégés par l’OTAN ou la Russie

Jamais le danger d’embrasement régional n’a été aussi grand en eurasie. Elle a failli avoir lieu en Août dernier, et pourquoi ? Pour rien, comme en 1914

Le temps des alliances militaires est dépassé. La lutte antiterroriste n’exigée aucune coalition militaire classique mais une collaboration intense des services secrets. Je suis certain que les invasions irakienne et afghane auraient pu être menées par les seules forces des USA, mais pour des raisons diplomatiques, pour donner une apparence de droit onusien et démocratique il fallait monter des coalitions internationales et idéologiques

Il me parait évident que dans ces nouvelles conditions internationales toute alliance stable est un facteur d’impérialisme et qu’il est indispensable de les dissoudre simultanément, tout comme il est indispensables de renoncer à vouloir universaliser son système sociopolitique pour assurer la paix du monde

Son unité ne se fera que lorsque chaque unité sociopolitique restera à sa place  et collaborera avec les autres

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Publié dans REFLEXION

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