TROUBLES EN GEORGIE
TBILISSI (AFP) — Les premiers pourparlers lundi entre le chef de l'Etat géorgien, Mikheïl Saakachvili, et les dirigeants de l'opposition en vue de mettre fin à la crise politique que traverse le pays depuis un mois n'ont abouti à aucun résultat.
"Saakachvili pense que tout va très bien (dans le pays) et nous pensons que tout va très mal (...). Il n'y a pas eu d'autre résultat de cette rencontre", a déclaré l'opposant Levan Gatchetchiladze à des journalistes à l'issue des discussions.
Devant plusieurs milliers d'opposants réunis devant le Parlement à Tbilissi, M. Gatchetchiladze, un ex-candidat à la présidentielle, a déclaré que les manifestations qui y sont organisées depuis un mois deviendraient plus "intenses", sans autre détail.
Pour sa part, M. Saakachvili a affirmé que ces pourparlers étaient un pas important, en dépit de l'absence de tout accord.
"C'est bien que la rencontre ait eu lieu et nous nous sommes mis d'accord sur le fait que le dialogue devait continuer. Cela est bien entendu un pas en avant", a déclaré le chef de l'Etat à la télévision géorgienne.
Outre M. Gatchetchiladze, l'opposition était représentée par l'ancienne ministre des Affaires étrangères Salomé Zourabichvili, l'ex-ambassadeur de Géorgie à l'ONU, Irakli Alassania, et le dirigeant du parti Forum national, Kakha Chartava.
Le président du parlement, David Bakradze, participait également aux pourparlers au ministère géorgien de l'Intérieur.
L'opposition organise depuis un mois des manifestations à Tbilissi pour réclamer la démission du chef de l'Etat, accusé notamment d'avoir mal géré le conflit en août 2008 avec la Russie.
La Géorgie a déclenché en août dernier une offensive pour tenter de reprendre le contrôle du territoire séparatiste d'Ossétie du Sud, provoquant l'envoi massif de troupes russes en Géorgie. La Russie a ensuite reconnu l'indépendance unilatéralement proclamée de la petite république et celle d'un autre territoire sécessionniste, l'Abkhazie.
"Le dialogue entre l'opposition et le gouvernement (...) est le seul moyen de mettre fin à la crise politique actuelle", avait déclaré M. Alassania au journal Rezonansi, dans une interview avant le début des pourparlers.
"Nous allons à cette réunion avec le président avec des demandes concrètes et nous allons écouter les points de vue du gouvernement et les propositions concrètes de ce qu'ils considèrent comme le meilleur moyen de mettre fin à la crise", avait-il ajouté.
Vendredi, de premières négociations avec le pouvoir avaient échoué, l'opposition n'ayant pas obtenu de rencontre avec le chef de l'Etat, sur fond de manifestations dans la capitale géorgienne.
Quelque 20.000 personnes s'étaient rassemblées samedi devant le Parlement à Tbilissi pour demander la démission de M. Saakachvili.
M. Saakachvili avait déclaré à la radio Echo de Moscou que les manifestations et leur tolérance par le gouvernement étaient le signe d'une démocratie qui mûrit dans cette ancienne république soviétique.
"Cela montre que la Géorgie a parcouru un long chemin sur la voie de la démocratie. Notre société mûrit", avait-il observé.
L'annonce d'une rencontre entre M. Saakachvili et les chefs de l'opposition était intervenue après une semaine particulièrement mouvementée.
Des heurts violents avaient éclaté mercredi, pour la première fois depuis le début de la contestation, entre des policiers et des manifestants, faisant 29 blessés.
Le pays a aussi connu mardi ce qui a été présenté comme une brève mutinerie militaire, un temps imputée à la Russie, alors que des manoeuvres de l'Otan, dénoncées par Moscou, étaient sur le point de commencer.
MOSCOU, 11 mai (Xinhua) -- Le président de la Géorgie Mikheïl Saakachvili a rejeté lundi l'existence des preuves précises sur l'implication de la Russie dans la tentative d'un coup d'Etat avorté survenu la semaine dernière en Géorgie.
Le président a prétendu précédemment avoir vérifié les informations selon lesquelles les services des renseignements russes étaient derrière la mutinerie menée par une unité spéciale géorgienne, a rapporté l'agence de presse RIA Novosti.
Cependant, M. Saakachvili a confié lundi à la radio Echo of Moscou qu'il n'a jamais dit que "nous avons des informations précises".
Le chef de l'Etat géorgien a expliqué que la Géorgie n'a pas l'intention de provoquer la Russie, estimant qu'un acte du genre est équivalent à un suicide pour son pays.
Une mutinerie s'est produite le 5 mai où quelque 500 membres d'un bataillon de chars stationné dans la base militaire de Moukhrovani, à 30 km de la capitale Tbilissi, ont annoncé qu'il ne suivrait pas l'ordre de l'armée géorgienne. Elle a pris fin pacifiquement après que la plupart des participants eurent rendu leurs armes.
Le ministère géorgien de l'Intérieur a estimé dans la même journée que la tentative du coup d'Etat a été soutenue par la Russie, en vue de renverser les dirigeants géorgiens.
Des médias locaux ont également rapporté que le chef de l'Etat géorgien a accusé la Russie de conspiration avec les anciens officiels militaires géorgiens pour lancer ce coup d'Etat déjoué.
http://www.french.xinhuanet.com/french/2009-05/12/content_875927.htm
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gaMKrDS7pTThHgu5Q-ZPZeXj2_7w
http://fr.rian.ru/world/20090519/121653217.html
La Géorgie paie au prix fort, mais moins fort qu’eut été son annexion par la Russie, son aventurisme militaire de l’an dernier. Celle-ci semble avoir rendu son président plus prudent et responsable, mais peut-être n’est qu’une apparence en attendant une conjoncture plus favorable
Pour le moment en plus de la crise économique la Géorgie s’offre un crise politique, pourquoi maintenant plutôt qu’en septembre ou octobre ?
Aucune explication !
Les plans de sortie de crise du gouvernement et de l’opposition sont étonnamment compatibles : il suffirait que l’opposition renonce à l démission du président et qu le gouvernent accepte des législatives anticipées
La conciliation prévaudra-t-elle sur l’affrontement ?