VERS LA RECONDUCTION DE BARROSO A LA TETE DE LA COMPISSION DE BRUXELLES
BRUXELLES (AFP) — Les dirigeants de l'UE devraient se contenter d'apporter un soutien de principe à José Manuel Barroso pour un second mandat à la tête de la Commission européenne lors de leur sommet jeudi, en raison des réserves de Paris et Berlin qui réclament de lui un programme.
La prolongation pour cinq ans de M. Barroso, seul candidat à ce jour, ne fait à terme quasiment aucun doute.
La plupart des dirigeants européens lui ont apporté publiquement leur soutien, qu'ils soient conservateurs comme le Finlandais Matti Vanhanen ou le Polonais Donald Tusk ou plus à gauche comme l'Espagnol José Luis Zapatero ou le Britannique Gordon Brown.
La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont également assuré jeudi qu'ils soutiendraient M. Barroso "sans ambiguïté".
Mais ils ont souligné qu'ils entendaient jeudi soir lui accorder un soutien politique plutôt que formel et juridiquement contraignant.
Une façon pour ces deux poids lourds de l'UE de maintenir la pression sur le Portugais. Ils ont exigé de lui qu'il présente un vrai "programme" pour les 5 ans à venir.
Programme qui, selon M. Sarkozy, devra notamment montrer qu'après avoir réagi tardivement face à la crise, il est décidé à renforcer la régulation financière.
Malgré les réticences britanniques, les dirigeants européens devraient d'ailleurs demander à la Commission au sommet de présenter "au plus tard au début de l'automne" des propositions législatives sur ce sujet.
Mme Merkel et M. Sarkozy ont indiqué laisser au Parlement européen le choix d'entériner la reconduction de M. Barroso dès sa session inaugurale mi-juillet ou d'attendre le résultat du nouveau référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, attendu fin septembre ou début octobre, pour le faire.
Car ce n'est qu'à ce moment là que l'Union européenne saura si ce traité, qui prévoit une réforme de la Commission, peut entrer en vigueur. Sinon l'UE continuera à fonctionner sous le traité de Nice, ce qui obligerait un pays à renoncer à "son" commissaire à Bruxelles.
Nommer M. Barroso dès maintenant donnerait au Portugal l'avantage indû d'être sûr de garder le sien, soulignent les diplomates.
Beaucoup d'eurodéputés préféreraient donc, comme Paris et Berlin, attendre le référendum pour voter sur M. Barroso. Une préférence qui, selon des diplomates, devrait l'emporter jeudi même si M. Barroso, appuyé notamment par la Suède qui présidera l'UE à compter du 1er juillet, la Finlande et la Pologne, espéraient une reconduction plus rapide.
Pour convaincre les Irlandais de voter "oui" au traité après leur "non" retentissant de juin 2008, les dirigeants de l'UE entérineront aussi jeudi les "garanties" qu'ils ont promises à Dublin pour faciliter un second vote.
Ces garanties portent sur la non remise en cause de la neutralité militaire de l'Irlande, de son autonomie fiscale ou de l'interdiction de l'avortement, et surtout le maintien d'un commissaire européen par pays de l'UE.
L'Irlande semble avoir revu ses ambitions à la baisse, en acceptant, au moins dans l'immédiat, que ces "garanties" soient avalisées sans avoir à être ratifiées dans les autres pays européens.
Une ratification donnerait à ces garanties la même valeur juridique qu'un traité. Mais plusieurs pays craignent, vu la crise politique en Grande-Bretagne, que cela ne rouvre un débat risqué sur ce texte censé rendre l'UE plus efficace.
Les représentants des 27 espéraient arriver à un accord mardi, que les dirigeants européens n'auraient plus qu'à entériner. Le Premier ministre irlandais Brian Cowen pourrait alors annoncer au sommet la date du référendum.
De Yacine LE FORESTIER
BRUXELLES (AFP) — Les dirigeants de l'UE ont apporté jeudi soir leur soutien à une reconduction à la tête de la Commission européenne de José Manuel Barroso, qui va toutefois devoir jouer serré pour obtenir une confirmation des eurodéputés en raison des critiques dont il fait l'objet.
Réunis en sommet à Bruxelles, les 27 dirigeants ont aussi trouvé un accord de principe pour tirer les leçons de la crise financière mondiale en engageant une réforme de la surveillance du secteur bancaire, au lendemain d'une annonce en ce sens des Etats-Unis.
En revanche, ils cherchaient toujours un compromis permettant de dégager la voie à un nouveau référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande.
Concernant M. Barroso, les chefs d'Etat et de gouvernement ont donné sans surprise leur soutien à sa reconduction pour cinq ans.
Il "a reçu un soutien unanime des chefs d'Etat et de gouvernement, nous soutenons tous sa candidature", a déclaré le Premier ministre tchèque Jan Fischer, qui préside l'UE.
L'ancien chef du gouvernement portugais, âgé de 53 ans, s'est dit "fier et ému" de cette confiance, promettant pour les cinq ans à venir d'être "attentif" aux nombreuses critiques à son encontre.
Il a dû toutefois se contenter d'un appui de principe des 27, et pas d'une désignation formelle comme il l'espérait.
M. Barroso va devoir à présent s'atteler à convaincre le nouveau Parlement européen de l'adouber. Une tâche pas forcément aisée vu le bilan controversé de son premier mandat.
Son camp conservateur le soutient, mais il n'a pas la majorité absolue et doit trouver des alliances. Or beaucoup d'eurodéputés, à gauche et parmi les Libéraux, le jugent trop mou, excessivement docile avec les grands Etats et lui reprochent d'avoir tardé à réagir à la crise financière.
Les dirigeants européens et M. Barroso poussent les eurodéputés à se prononcer rapidement, dès la mi-juillet, afin d'éviter une période d'incertitude au moment où l'Europe est en crise économique.
"Nous espérons tous (...) pouvoir avoir une décision finale en juillet", a déclaré le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen.
En laissant ainsi le sort de M. Barroso entre les mains du Parlement européen, les dirigeants de l'UE ne lui font pas forcément un cadeau. "C'est le jeter dans la gueule du loup", dit un diplomate. "Tout est remis au bon vouloir du Parlement" qui pourrait jouer la montre, dit un autre.
Le chef de file des Verts au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, cherche pendant ce temps à bâtir un front anti-Barroso.
Après avoir rencontré jeudi Nicolas Sarkozy, il a émis des doutes sur la vigueur du soutien du président français qui selon lui n'est "pas prêt à mourir pour Barroso". Le "problème" de Nicolas Sarkozy et de la chancelière Angela Merkel, dit-il, c'est qu'"ils veulent Barroso et en même temps ils ne le veulent pas".
Un des arguments avancés par les eurodéputés désireux d'attendre avant de se prononcer est juridique: ils préfèrent être fixés d'abord sur le traité de Lisbonne, qui doit réformer la Commission et être soumis à référendum en Irlande à l'automne.
Afin de permettre à Dublin d'organiser une nouvelle consultation, après la victoire du "non" en juin 2008, les dirigeants européens veulent fournir aux Irlandais des garanties: il s'agit d'assurer que le traité n'affectera pas la neutralité militaire du pays, son interdiction de l'avortement ou son régime fiscal.
Mais jeudi soir, les 27 n'étaient pas parvenus à un accord sur la forme juridique de ces garanties, que les Irlandais veulent graver dans le marbre pour assurer une victoire du "oui".
Le Premier ministre irlandais Brian Cowen insiste ainsi pour qu'elles puissent être au moins à terme ratifiées, ce à quoi les autres pays rechignent.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5g0dhanKwbzAPUU9UahGF3nk73FfA
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gl0If0E-mhvmxRxv3mrkfwmPaS3w
Barroso ou un autre qu’importe pour ceux qui refusent le cosmopolitisme politique et économique abjecte de’ l’UE Ce n’est pas l’homme qui est en cause mais la fonction et un problème de nomination au parlement apporterait probablement des munitions aux partisans de la résistance irlandaise
Parce qu’enfin l’Irlande n’a rien obtenu. Sa neutralité ? Elle sera de fait respectée car jamais l’UE n’enverra les armées de toutes ses nations sur un champ de bataille. Le commissaire permanant ? Que peut-il faire s’il est minoritaire ? L’avortement ? C’est l’exemple typique d’un domaine oû l’Etat nationale doit rester absolument maître chez lui et oû l’UE est criminelle. Toutes les lois nationales votées n’enlèveront pas le fait que l’avortement est un crime !
Le fait que Barroso soit docile aux grands Etats, donc à la France, me le ferait plutôt soutenir comme un moindre mal, cependant je souhaite une crise politique pour montre que les nations n’ont pas abdiqué leur personnalité