PHILIPPE AUGUSTE LE VICTORIEUX

Publié le par michel baran

Fils de Louis VII, Philippe II Auguste, qui monte sur le trône en 1180, fait accomplir à la monarchie capétienne des progrès décisifs. Cherchant d’abord à agrandir le domaine royal, il profite habilement des luttes qui divisent les Plantagenêt pour faire reculer les Anglais sur le sol français. Il soutient ainsi Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre contre leur père, le roi Henri II d’Angleterre. Il prend ensuite prétexte du mariage de Jean sans Terre avec une princesse déjà fiancée à l’un de ses vassaux pour le déclarer félon (1202) et se saisir de tous ses fiefs français : l’Anjou, la Normandie, le Poitou, la Touraine et la Saintonge. Par son premier mariage avec Isabelle de Hainaut, Philippe Auguste a reçu l’Artois ; il prend ensuite possession, aux dépens des seigneurs, de nouveaux territoires dans le nord de la France (Boulonnais, Vermandois, Valois), réussit à imposer le contrôle royal sur le Vexin et fait reconnaître sa suzeraineté en Bretagne. S’attaquant à l’indépendance des comtes de Flandre, il réunit contre lui une coalition groupant l’Angleterre, Ferdinand de Portugal, comte de Flandre, et l’empereur germanique Othon IV de Brunswick. En 1214, il assure ses conquêtes en vainquant les armées coalisées de l’Angleterre et du Saint Empire à la bataille de Bouvines — cette importante victoire est le premier témoignage d’un sentiment national en France et l’expression de la suprématie du souverain sur ses vassaux insurgés.

 

La mise en place d’une administration, dotée d’un personnel compétent (baillis, sénéchaux) permettant au roi de lever des impôts et de rendre la justice dans un royaume considérablement agrandi, contribue à asseoir l’autorité royale. Des travaux d’assainissement et d’embellissement sont entrepris dans la capitale Paris, dotée d’une nouvelle enceinte et d’un château fort, le Louvre, où réside le roi. Contre ses grands vassaux, la monarchie se fait l’alliée du mouvement communal né du renouveau commercial et économique, qui voit notamment s’amorcer l’essor d’une bourgeoisie urbaine.

 

Une possibilité d’intervention dans le Sud occitan est fournie par la croisade lancée par Innocent III contre les albigeois en 1209. Les chevaliers, auxquels sont promises les terres prises aux « hérétiques », se précipitent pour y participer sous le commandement du comte Simon IV de Montfort, qui met la région à feu et à sang. La politique centralisatrice de Philippe Auguste explique en partie l’adhésion massive du Midi à la doctrine albigeoise, qui ne combat pas seulement pour des raisons théologiques, mais aussi pour maintenir son indépendance. Philippe Auguste est alors trop occupé contre les Anglais pour se joindre à la première phase de la croisade contre les albigeois, mais son fils, Louis VIII, organise une campagne militaire couronnée de succès. Après la prise de contrôle du comté de Toulouse, le domaine royal s’étend vers le sud jusqu’aux rives de la Méditerranée.

 

SUPPLEMENT :

Bouvines, bataille de

Bouvines, bataille de, victoire de l’armée française, menée par Philippe II Auguste sur une coalition de puissances européennes le 27 juillet 1214, près du village de Bouvines, en Flandre.

 

Afin de contrer la puissance grandissante de la France, le roi d’Angleterre Jean sans Terre (dépossédé de ses territoires normands et angevins par Philippe Auguste) forme une vaste coalition dans laquelle entrent l’empereur germanique Othon IV, Ferdinand du Portugal (comte de Flandre et du Hainaut) et le comte de Boulogne, Renaud. Face à cette menace, la cause française est soutenue par Frédéric II de Hohenstaufen, rival d’Othon IV pour la couronne impériale, et par les milices communales des villes du nord du royaume.

 

Dès le début du mois de juillet, la stratégie des coalisés est déjouée par les troupes françaises du prince Louis qui défont l’armée de Jean sans Terre. Le 27 du mois, un dimanche, l’armée impériale rencontre à son tour celle de Philippe Auguste près de Bouvines. Malgré le repos dominical imposé par la « Trêve de Dieu », les troupes d’Othon attaquent l’arrière-garde française qui riposte immédiatement. Désarçonné, Philippe Auguste est sur le point d’être tué lorsqu’un chevalier français, Guillaume des Barres, contraint personnellement Othon à prendre la fuite. Seules les troupes de Renaud résistent encore jusqu’à la capture de leur commandant.

 

En France, la victoire de Bouvines est ressentie comme celle de la suprématie du souverain sur ses vassaux insurgés. Elle reste le témoignage d’un premier sentiment national d’une France aux nombreux particularismes. Cette bataille a également des conséquences européennes : Frédéric de Hohenstaufen dépose Othon et accède au trône du Saint Empire romain germanique (1212) ; en Angleterre, Jean sans Terre, affaibli, doit céder aux barons en révolte qui lui imposent la Magna Carta ou Grande Charte (1215).

 

 

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Réalisez-vous la dose de ruse et de cruauté que Philippe-Auguste a du déployer pour que les français soient maîtres chez eux ? Si nous sommes une grande nation unifiée c’est gr^ce à nos Rois qui ont bouté hors de France les ennemis, et en un sens la Fête de la Fédération de 1790 fut un plébiscite de la politique royale !

La France se bat le dos au mur à Bouvines pour préserver son unité naissante autour des Rois et ne trouve la force de résister à l’Europe qu’en elle-même, ainsi que ce sera le cas dans toute son histoire !

Déjà les français se sentent unis entre eux, autour du Trône et se sentent héritiers d’une histoire déjà séculaire !

Alors Français, voulez-vous désavouer vos ancêtres, vous asservir à l’UE en votant dans un an pour des listes apatrides ou ferez-vous un Bouvines électoral ?

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