3) SENTIMENTS ET PRATIQUES SEXUELLES

Publié le par michel baran

 Une seconde remarque est ( ainsi que je l’ai montré dans la première partie) que le sexe a partie liée avec le religieux dans ce qu’il a de plus sacré,  de plus profond puisque les filles de familles distinguées d’Arménie se prostituaient de longues années dans le temple[1] d’Anaitis (et je ne pense pas que ce ne soit qu’une question de monopole économique mais que cela fait partie du culte).

Deux choses sont notables : la prostitution dans ces trois cas ne concerne que les femmes (et tout concorde pour nous faire penser que c’était une activité respectable) et elle se fait avant le mariage. Aussi puis-je émettre l’hypothèse qu’en ces temps la prostitution était une sorte de longue éducation sexuelle afin que l’homme trouve une épouse  accomplie.

Une question se pose à nos esprits, qui sont habitués sous prétexte d’égalité, à nier ou à négliger les différences : pourquoi les femmes auraient besoin d’une éducation sexuelle pratique ?

Il semblerait que : chez les femmes le plaisir ne passe pas nécessairement par les organes génitaux[2] , ce qui pour un homme est très difficilement compréhensible, parce que chez l’homme le désir sexuel s’inscrit immédiatement et naturellement dans son corps (érection), il ne peut rester comme chez la femme sur un plan intellectuel ou esthétique (d’où une responsabilité accrue de la femme). 

Cet état de chose fait que la femme doit avoir besoin de s’habituer à faire passer du plan intellectuel au plan physique les excitations, et doit donc développer la sensibilité sensuelle dans le domaine spécifiquement sexuel. Il y a également une érection féminine, mais on peut dire que le désir masculin est plus évidemment visible que le désir féminin. Peut-être est-ce pour cela que la tendresse est plus spécifiquement exprimée par les femmes envers les hommes, enfants et bêtes, au point que les femmes ont plus de gestes affectifs intimes entre elles sans pour autant être homosexuelles [3] ; et en effet il n’est pas rare de voir deux femmes s’embrasser, se caresser le  dos, caresser le visage d’un enfant ou d’un malade , bref tout ce qui est l’apanage de la femme et qui ne viendrait jamais à l’esprit d’un homme (du moins dans les pays latins : on sait par exemple que les russes n’hésitent pas à embrasser le visiteur sur la bouche, beaucoup d’arabes n’aiment  pas la mixité dans  les lieux publics, ce qui n’en fait pas des homosexuels, alors que pour un occidental il est bien vu d’être entouré de nombreuses personnes du sexe opposé, mythe de Don Juan, virilité pour l’homme, séduction pour la femme).

 

On vit ensuite la femme devenir une personne (bien que toujours inférieure à l'homme) on lui reconnut le droit de choisir son partenaire sexuel. Aux charmes physiques s’ajoutent ceux de l'esprit ainsi que les sentiments. La notion de pudeur  et de fidélité réciproque apparaît[4] .

Si l’égalité des sexes a toujours été contestée c’est parce qu’elle est contestable (tout, ou presque, est toujours contestable).

Chaque sexe, qu’il le veuille ou non, est porteur de valeurs différentes, voire opposées. Le sexe masculin est porteur de courage physique, d’engagement et de réforme sur le monde extérieur, tout ceci demande une certaine violence (qui elle-même est porteuse d’intensité et de brièveté). Le sexe féminin favorise les valeurs de durée (patience, persévérance, ténacité etc. au centuple ) , travail sur soi, chez soi, de douceur due en partie par une certaine infériorité en force physique, voire de repli au pire sur la famille, au mieux sur la communauté.

Or la vie (du moins celle qui s’inscrit dans le cadre des  civilisations, voir plus haut) a jusqu’ici valorisé les qualités masculines au détriment des féminines[5] parce qu’elles étaient les plus susceptibles de faire évoluer les situations historiques vers leurs fins. Les dures conditions d’existence ont mis en avant les qualités inhérentes à la masculinité, et comme ces conditions perduraient dans le temps et l’espace et que l’homme était mieux adapté pour y faire face, on a déduit que l’homme est intrinsèquement supérieur à la femme.

De là à sous-entendre que la femme n’a pas toujours été considérée comme une personne (même mineure) il y a un pas à ne pas franchir, que l’on se place du point de vue de Reed (on a du mal à concevoir que l’homme nie l’humanité de la femme après que celle-ci ait présidé au foyer aux évolutions des sentiments décrites plus haut) ou que l’on se place du point de vue du patriarcat traditionnel (on a encore plus de mal à y croire lorsqu’on lit des témoignages littéraires tel « Antigone » de Sophocle pour les grecs, ou les différents livres bibliques où des femmes sont mises en valeur : Sarah, Ruth, Déborah  etc. On ne peut pas soutenir que ce sont des écrits féministes, ce qui leur donne une valeur intrinsèque d’autant plus grande[6] ). On a vu également que le fameux droit de choisir un partenaire sexuel remonte aux babyloniens  mais qu’il n’a pas toujours eu cours (notamment au moyen-âge dans les familles royales et seigneuriales) mais que la confiscation de ce droit n’ôtait aucunement la qualité humaine de la femme et qu’il était en quelque sorte la sanction d’une certaine position sociale (comme l’attestent les nombreuses pièces de Molière).

Mais la sexualité peut comme toute chose être bénéfique et maléfique : s’il est vrai que la vie sexuelle peut être la source des plus hautes vertus, elle peut l'être des pires vices[7] . La Rédemption par la femme se voit tous les jours lorsque par amour un malfrat (de quelque envergure qu’il soit) cesse de troubler l’ordre public. Aussi n’est-il pas utile de s’appesantir sur les bienfaits émotionnels et sexuels du mariage (ses moyens sont universellement connus : altruisme envers le conjoint et la progéniture, satisfactions sensuelles et morales).

Le côté sombre de la sexualité est dû parfois à un excessif repli sur le couple : dans les années 1995 un couple vaguement anarchiste, Audry Maupin et Florence Rey, avait fait plusieurs vols sanglants. La fille, étudiante, s‘était laissée entraîner par amour. C’est l’image type de l’amour refermé sur lui, hostile au monde (peut-être parce qu’il perçoit le monde comme une menace pour le cocon protecteur que forme le  couple).

En général, les amours vécus hors des normes sociales et morales finissent toujours mal : Abélard fut castré, la pédophilie de Gilles de Ray en fit un meurtrier, j’ai évoqué précédemment le drame Russié, sans compter les innombrables petits drames qui finissent par le divorce qu’il soit ou non à « l’amiable ».

Car en réalité le mariage et la sexualité sont l’équivalent d’une religion domestique (ce n’est pas de la poésie)).

Il est écrit dans la « genèse »que l’homme et la femme ne forment qu’une seule chair ; c’est-à-dire que dans l’idéal il devrait y avoir une telle communion de sens et d’intellect, que ni la polygamie, ni les « mariages à trois » n’auraient de raisons d’être. Un mariage digne de ce nom serait l’équivalent de la transubstantiation,  une seule réalité sous deux espèces visibles.

En outre l’analyse que Krafft-Ebing fait me parait abonder dans le sens de mes propos : dans le domaine religieux l'élément premier est celui de la dépendance. Ce n’est qu’à un degré plus avancé de la civilisation qu’intervient dans le sentiment religieux l'élément éthique qui est l'amour de la divinité. Puis on arrive à adorer le Dieu souverainement bon et dispensateur de salut[8] .

La relation entre le sens religieux et le sexuel est psychopathologique.

Dans le penchant sexuel, c’est l'amour, l'attente d’une félicité immense  qui est l'élément premier ; le sentiment de dépendance vient s’y ajouter. Bien qu’il soit ressenti par les deux partenaires,  la femme y est plus sensible en raison de son rôle dans le processus de procréation et des conditions sociales qui lui sont faites[9] . Je crois qu’effectivement les aspects physiques sont premiers dans toute relation amoureuse ou tendant à le devenir (surtout aujourd’hui en occident). Les yeux sont les tout premiers organes à percevoir la beauté ou la sensualité d’une personne (parfois ces qualités sont distinctes l’une de l’autre). De ces yeux naît naturellement (au sens de ce qui est exempt de volonté et de culpabilité) le désir de profiter de cette beauté ou sensualité ; certaines personnes y résistent au nom de valeurs morales (Dieu, chasteté avant le mariage, fidélité au conjoint), d’autres ne le peuvent pas et mettent tout en oeuvre pour établir une relation, d’autres encore fantasment sur la personne croisée tout en faisant l’amour avec le conjoint légitime.

Ces deux dernières possibilités créent une relation de dépendance dénuée  de tout amour (pour la seconde, celle-ci n’est ni morale ni immorale puisqu’elle reste secrète et permet de donner du plaisir au conjoint). Si la relation se concrétise, il y a une inégalité de statut : on peut comparer celui qui établit le contact au dévot et celle qui est contactée au Dieu. Le fait de contacter un(e) inconnu(e) traduit inévitablement un manque que l’on demande à l’inconnu(e) de combler (parfois il peut être indéfini et évoluer avec la relation elle-même : on peut l’aborder avec une simple envie sexuelle et devenir amis et inversement).

Dans tous les cas l’inconnu(e) est censé apporter le salut (au sens de reconnaissance) comme l'attente d’une félicité qui est l'élément premier de toute relation amoureuse.

La dépendance (quoi qu’on en dise) est un besoin profond de l’humain qui remonte à la nuit des temps ; on a besoin de se sentir dépendant (car c’est compter pour quelque chose dans la vie de quelqu’un) tout comme on a besoin de sentir quelqu’un dépendre de soi pour se sentir pleinement exister, c’est-à-dire être responsable d’un autre (le modèle fondamental est celui mère/enfant qui est naturel).

Dans les deux domaines l'amour est mystique : il l'est dans le sexuel parce que le but intrinsèque qui est la procréation n’est pas consciemment présent. Dans le religieux le bien recherché et l'être aimé sont par leur nature  constitués de telle sorte qu’ils entrent dans  la connaissance empirique. Ces états d’âme laissent à l'imagination un vaste champ.

Le sexuel et le religieux ont comme point commun de promettre une félicité à nulle autre pareille et acquièrent une puissance irrésistible.

Le besoin d’une soumission illimitée joue un rôle à côté de l'attente d’un bonheur inconcevable[10] . Ce qui est mystique est ce qui est au-delà des lois du langage et de la raison. A priori aucun concept ne l’est ; pourtant l’amour, le plaisir des sens, s’il peut être rattaché à l’amour conceptuel (platonicien ou biblique, et plus spécifiquement évangélique) le déborde sans l’inclure.

On peut être amoureux d’un corps sans rien savoir de l’âme qui l’habite et tout faire pour se soumettre à la volonté de ce corps dominateur, exigeant  et tyrannique parce que celui-ci est beau et bon. Inconsciemment nous assimilons la beauté et la bonté physique à leurs homonymes moraux, comme si les premiers reflétaient nécessairement les seconds. Cette confiance qui postule l’identité sans preuve entre d’un côté, le partenaire sexuel et Dieu, de l’autre côté les vertus morales, est réellement l’élément mystique qui permet à l’acte sexuel - même fait sans la moindre parcelle d’amour - d’être un acte hautement religieux ; parce que de même que le croyant s’abandonne à Dieu pour son propre bien, de même le partenaire sexuel s’abandonne à son partenaire sexuel avec la même confiance qu’il s’abandonnerait à Dieu (dans le cadre  de cette explication il va de soi que les plus mystiques s’adonnent au sadomasochisme, j’y reviendrai).

Aussi  peut-on dire après cela que la relation entre le sens religieux et sexuel est psychopathologique  . Toute éthique,  esthétique et religion ont leur source dans la vie sexuelle [11]. Psychopathologique signifie qu’il y a un  lien (généralement étroit) entre le domaine de l’âme et celui du corps ; or à priori dans notre mentalité, le sexe et la religion sont des notions irrémédiablement ennemies, pourtant plusieurs mystiques chrétien(ne)s  ont eu des visions d’union avec le Christ . Les principaux thèmes sont : la « rencontre  amoureuse avec le Christ » qui s’achève souvent en union mystique  laquelle n’en est pas moins réelle. Pour être encore plus précis sur l’implication physique de l’amour religieux, la « vision bienheureuse de Dieu dans l’Au-Delà est l’accomplissement eschatologique  de toutes les possibilités de l’amour et de la connaissance humaine en Dieu de façon qu’il soit reconnu et aimé à l’intérieur même de celle-ci [12]... ». La vision est généralement extatique[13] , enlève des facultés normales et donne d’autres qualités physiques (comme l'insensibilité au  feu). Par ailleurs certaines femmes telles Catherine de Sienne[14]   reçoivent les stigmates du Christ simplement par amour, un amour dévorant, destructif corporellement, fusionnel ; c’est-à-dire que la vision transforme l’humain et sa volonté qui s’ouvrent tout naturellement sur le service d’autrui (sauvetage des âmes du purgatoire, conseil du souverain). C’est donc au nom de la religion et du corps modifié et spiritualisé que des femmes se sont investies dans le soin d’autrui au détriment d’elle-mêmes.

On voit donc combien le désir de Dieu à travers la sexualité (inconsciente) fonde les comportements envers Dieu et l’homme (à travers les multiples représentions artistiques : en peinture, il est probable que chaque peintre religieux fut amoureux de la Vierge, en sculpture, en littérature chaque voyante décrivant ses visions du Christ était amoureuse de lui tout en conservant quelques sentiments maternels, et aidait à transcender toutes les médiocrités.

S’il est vrai que l’amour soit capable d’héroïsme (comme nous l’avons vu avec  Christine l’Admirable ») cet amour n’est pas fait pour le plaisir sensuel, la rencontre avec l’autre qu’il propose est exclusivement avec un autre souffrant qu’il soit humain ou divin. C'est l’amour chaste qu’affectionnent particulièrement toutes les religions pour mieux canaliser l’attention (la tension) sur Dieu (amour absolu et désincarné).

Amour de (du ?) sacrifice donc, mais qu’est donc l’amour sacrificiel tant vanté par les religieux ? Le sacrifice est d’abord offert avec l'idée qu’il est une jouissance matérielle pour la divinité, puis il est présenté comme un sacrifice en signe d’honneur et de soumission et enfin comme devant effacer le péché contre la divinité et servir à gagner la félicité [15].

Si le sacrifice consiste en une torture de soi-même, il est symbole de soumission et équivaut à un échange des peines du moment contre le bonheur futur[16] . Le sacrifice religieux lui-même n’est pas, et ne peut pas être motivé par l’amour parce que c’est un sorte de « donnant » sous la forme du pari pascalien ; le sacrifice de quelque bien périssable dans l’espoir d’un bien éternel ; n’est-ce pas l’expression du plus haut égoïsme que de se repentir pour gagner une éternité de bonheur[17]  ?

N’est-ce pas également un Dieu sadique que la plupart des personnes adorent, puisqu’ils s’imaginent qu’il prend plaisir aux privations et supplices de toutes sortes (flagellations de pénitents, crucifixion à pâques) ? Où donc est-il écrit que Dieu se complaît dans la souffrance des hommes ?

Contrairement à Dieu, il est dans la nature de l’homme, s’il est exigeant, d’être sadique pour les choses auxquelles il attache du prix. L’homme ne peut lire ni dans les coeurs ni dans les esprits ; d’autre part il a un besoin impératif de stabilité. Dans cette perspective l’homme a créé des paroles sacralisées connues sous les dénominations de « promesse » et « serment » ; mais ces paroles furent si souvent bafouées au cours des âges que certains exigèrent l’inclusion d’actes rituels[18] et de terribles menaces si elles ne devaient pas être respectées.

Pourtant, à ses débuts l'amour est platonique, il se voue aux grandes figures poétiques et historiques ; il les pare des vertus qui sont dans ces figures l'être aimé (d’où d’éventuelles mésalliances, séductions ou faux-pas) [19]..  Je ne pense pas qu’on puisse à ce stade employer les mots d’« amour » ou d’«a moureux(se) » . Il me semble plus  juste d’analyser ce stade en termes d’idéalisation de  la personne (surtout si on est  rarement avec elle). Cette idéalisation peut s’accomplir sur les plans physique et moral, mais indépendamment l’un de l’autre selon la psychologie de la personne qui idéalise[20] (et dans une moindre mesure [21] selon le comportement de la personne idéalisée). Lorsque les plans physique et moral correspondent (comme c’est le cas pour les deux héros du roman « Jane Eyre »), l’idéalisation première décrite par Krafft-Ebing se trouve tout à fait légitimée et aucun acte sexuel pouvant apparaître comme dégradant [22] pour la femme ne sera commis par l’homme parce que « le seul vrai amour est celui qui s’appuie sur la connaissance des avantages moraux de la personne aimée, qui n’espère pas seulement des joies, mais consent à souffrir pour cette personne et à tout sacrifier pour elle [23] . » Comme ce fut le cas pour Jane qui n’épousa Rochester qu’aux  jours de sa détresse.

  On peut appeler l’attitude de Jane du romantisme, un « amour platonique » comme l’on voudra, cependant un amour qui ne passe pas du stade platonique au stade sexuel n’en est pas un : jamais nous n’aurions su si Jane aimait réellement monsieur Rochester sans le mariage et la naissance qui s’en suivit (après tout, l’impossibilité du mariage à cause de l’épouse folle pouvait l’arranger en l’empêchant de faire un acte dont elle ne voulait qu’à moitié), et son départ précipité pouvait être interprété de bien des façons : moralisme excessif, dépit amoureux, indifférence au drame, refus du passage à l’acte etc. C’est pourquoi l'amour platonique est un non-sens et une duperie à soi-même. La sublimation est le détournement de l'énergie sexuelle vers autre chose. Elle se rencontre plus souvent dans l'enfance qu’à l'âge adulte. Elle est inconsciente[24] .. Au  fond l’amour « platonique » est enfantin (celui qu’on a pour la maîtresse d’école parce qu’elle est belle, gentille, supérieure, et qu’on veut être son préféré) et c’est assurément un amour charmant (de type religieux) mais il n’est jamais partagé à cause du fossé d’âge (l’enfant a entre sept et douze an). A cet âge la sublimation est naturelle parce que si l’enfant admire la beauté du corps de l’institutrice, il n’a pas encore pleinement conscience de sa sexualité ni des possibilités de plaisir qu’offre le corps de l’institutrice. L’énergie sexuelle est métamorphosée en désir d’être bon élève et en admiration béate (on se dit que quand on sera grand « on se mariera avec elle »)..

A l’âge adulte la sublimation demande un réel effort de volonté (que ne peuvent ou ne veulent pas faire les violeurs) et cet effort est d’autant plus ingrat, donc méritoire, qu’il est invisible, n’a aucune récompense (du moins pour le célibataire, le marié a en récompense l’amour de son épouse). La motivation de la sublimation (ou abstinence) est des plus mal fondées ; les moralistes parlent de « respect de soi » mais je doute que pour la plupart des hommes qui ont une forte libido cet argument soit satisfaisant[25] , je pense que si la majorité des  hommes sans partenaire  ayant de fortes pulsions ne deviennent pas des violeurs c’est simplement par la crainte d’être emprisonnés (ils n’ont au mieux comme dérivatif que les prostituées et au pire la pornographie)



[1]  On peut lire à l’appui de mon hypothèse dans « Histoire des religions » T 1 P  286 « l’Anatolie antique » par Vieyra Edition « Folio »

 « D’autres textes font allusion à des Dieux qui disparaissent - divinités de la végétation - emportant avec elles « tout ce qui  est bon » avec comme conséquence, que ce que ni les Dieux ni les hommes ne peuvent se nourrir ni  procréer ». Si donc les Dieux prennent le meilleur, ils prennent les orgasmes masculins comme féminin; et pour les prendre il faut que ces actes soient faits à portée de mains des Dieux, donc dans les temples.

[2] « PSYCHOPATHIA  SEXUALIS »  Auteur : Krafft-Ebing profession : professeur de psychiatrie P 522.

[3]

[4] « PSYCHOPATHIA  SEXUALIS »  Auteur : Krafft-Ebing profession : professeur de psychiatrie

[5]  C’est si vrai que la seule société qui ait survécu au patriarcat et qui a refusé tout compromis avec l’homme est connu pour la bravoure de ses guerrières, je veux parler naturellement des amazones.

Le seul fait que ces personnes, mythiques ou réelles, aient traversé le temps sur une valeur masculine, la bravoure guerrière, montre toute l’ampleur de la défaite historique de la féminité et la victoire des valeurs « machistes ».

Loin d’infirmer cette analyse, les revendications des organisations du genre « MLF » ne font que la confirmer puisqu’elle revendiquent pour les femmes le droit de singer les hommes, c’est-à-dire d’être aussi grossières et stupides qu’eux.

[6] On a assez glosé sur la prétendue misogynie  des rédacteurs de la « genèse » qui font peser le poids de  la première faute sur Eve, pour que ce ne soit pas relevé en passant.

[7] « PSYCHOPATHIA  SEXUALIS »  Auteur : Krafft-Ebing profession : professeur de psychiatrie

[8] IDEM

[9] IDEM

[10] IDEM

[11] IDEM P 12

[12]  « dictionnaire de la mystique « de Dinzelbacher, traduit et adapté par le centre informatique Mardedsoous -édition Brepols articles « vision » et « vision béatifique » PP 778 et 779

[13] IDEM P 170 article « Christine l’Admirable »

[14] IDEM P 150

[15] «  PSYCHOPATHIA  SEXUALIS »  Auteur : Krafft-Ebing profession : professeur de psychiatrie

[16] IDEM

[17] Les religieux le seraient-ils toujours si Dieu faisait un communiqué de presse ordonnant à chacun de l’aimer et le servir tout en garantissent une éternité de malheur ?

Cette absurde hypothèse montre que pas plus que l’amour humain, celui porté à Dieu n’est désintéressé, d’autant plus que « Le seul vrai amour est celui qui s’appuie sur la connaissance des avantages moraux de la personne aimée ... »  PSYCHOPATHIA  SEXUALIS »  Auteur : Krafft-Ebing profession : professeur de psychiatrie P 22.

[18] Chacun connaît par exemple le rite de « l’échange de sang » venant sanctionner une fraternité qui n’est pas inscrite dans l’ordre naturel des choses.

Sur  un autre plan, pour manifester leur attachement indéfectible à Jérusalem, les juifs prononcent cette phrase rituelle que je cite de mémoire : « Si je t’oublie Jérusalem, que ma main droite se paralyse, que ma langue se dessèche. »

[19] « «  PSYCHOPATHIA  SEXUALIS »  Auteur : Krafft-Ebing profession : professeur de psychiatrie

[20]  On peut idéaliser une personne pour ses techniques sexuelles (éveil des sens, prolongation  du désir etc.) et la mépriser à cause de ces mêmes qualités (je pense à l’héroïne de Zola : Nana, avec qui tous les hommes de la « bonne société » faisaient l’amour mais qui ne l’en méprisaient pas moins).

Cette dichotomie n’est possible que parce qu’il n’y pas d’harmonie entre l’âme et le corps, la raison et les sens, et que le premier est intellectuellement survolais alors que pratiquement c’est le second qui a la prépondérance/. ce. MP ????????

[21]  J’ai écrit « dans une moindre mesure... » parce que l’interprétation du comportement peut être fautif de deux façons : la première serait que la personne observée  envoie délibérément de faux messages pour attirer l’observateur. La seconde serait que l’observateur aveuglé par un préjugé favorable, gomme, amoindrisse les défauts ou qu’il exagère certaines qualités ou actions.

En tout état de cause c’est toujours la subjectivité observatrice qui est vulnérable.

[22] La plupart des actes sexuels qui ont une connotation sexuellement et psychologiquement dégradante (surtout pour la femme) sont commis à l’instigation de l’homme (fellation, sodomie, double pénétration, éjaculation dans la bouche etc.)

[23]«  PSYCHOPATHIA  SEXUALIS »  Auteur : Krafft-Ebing profession : professeur de psychiatrie

 P 22

[24] IDEM p 23

[25] Si cet argument était vraiment pertinent les industries de la prostitution et de la pornographie seraient en faillite.

Un homme normal qui va voir une prostituée est dans une logique d’appel à l’aide ; il lui dit en substance qu’il ne peut plus s’assumer seul, corps et âme, il la supplie de le libérer  de sa douleur obsessionnelle et de le rétablir dans sa liberté d’esprit en échange d'une somme d'argent (le sperme qui gicle hors du sexe peut symboliser la douleur obsédante qui sort hors de l’esprit).

L’état d’esprit de l’acheteur de la cassette pornographique est quelque peu différente : en premier lieu il n’achète pas une relation salvatrice avec une femme mais un produit comparable à n’importe quel médicament ; ceci fait que même lorsqu’il jouit devant la vidéo, il n’est pas, et il ne peut pas être pleinement satisfait (si il regarde à de trop brefs intervalles la même cassette il la connaîtra par coeur, et la surprise qui est une fonction importante de l’érotisme disparaît ce qui rend plus difficile le soulagement ; d’où le besoin d’avoir un jeu de cassettes et de le renouveler. Ce qui entraîne une dépendance plus ou moins forte selon la nature de l’homme.

Entrant dans un sex-shop premièrement j'ai toujours l'impression de mettre dans ma poche ma dignité d’homme (je ne suis même pas capable de me faire aimer ), deuxièmement j'ai toujours l’appréhension d’être vu et pris pour un vicieux.

Il y a toujours plusieurs actrices par cassette ayant chacune une manière différente d’exécuter les mêmes actes, ce qui fait du spectateur un polygame virtuel (il peut choisir grâce à quelle scène il jouira). Mais cette polygamie n’est que virtuelle et s’il y une réelle éjaculation, les caresses qu’il reçoit durant le film ne sont que les siennes ; aussi reste-t-il souvent plus que nécessaire dans le magasin dans le double but de s’en mettre plein la vue grâce aux couvertures des boites, mais surtout dans l’espoir de rencontrer une femme ayant les mêmes goûts (ce qui est très rare parce que la fréquentation est à quatre-vingt-dix-neuf pour  cent masculine). Aussi doit-il lutter contre la tentation de projeter dans la réalité le fait que dans ces vidéos les femmes sont toujours consentantes.

J’ajouterai  pour en finir avec le problème des cassettes, que les amateurs de vidéos sadomasochistes sont souvent (c’est mon cas) des hommes qui ont été trahis par une ou plusieurs femmes, qui n’ont pas pu (ou voulu) se venger sur elles, et qui par ce biais leur font subir les pires atrocités et en jouissent également. D’autres se vengent également par ce bais d’avoir subi des tentations par l’impudicité de leur tenue. Il se peut qu’il y ait d’authentiques sadiques prenant plaisir aux souffrances elles-mêmes, sans aucune excuse, mais je crois qu’ils sont infiniment peu nombreux, et devraient être soignés .

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Publié dans MES OEUVRES: L

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