2 Analyse des typologies sexuelles
LA POSITION FACE A FACE : Cette position est certainement celle qui permet le plus aux participants de sauvegarder leur dignité et d’avoir des gestes de tendresse.
Elle se prend tout naturellement lorsque les partenaires sont allongés sur une surface ou qu’ils sont assis sur un divan ou par terre. Généralement elle vient après les embrassades et caresses en tous genres (cf. plus haut).
Le plus souvent la femme est sous l’homme qui la domine et la pénètre. Il lui imprime le rythme qu’il veut tout en l’embrassant et en lui caressant les seins. Les embrassements dénotent le comportement d’un homme réellement amoureux de sa femme qui a le souci de lui donner (et de se donner) plus que le strict nécessaire à la jouissance du corps. S'il caresse ou suce les seins de sa femme cela peut être interprété comme une nostalgie de l’enfance en général, où tout le bien-être découlait de la mère, ou comme une volonté inconsciente de régresser jusqu’au stade de bébé (ce que j’ai écrit sur la masturbation par la femme de ses seins peut être intégralement repris au compte de l’homme à ce stade). J’ai montré dans la partie « considérations psychologiques » que les femmes qui allaitent prennent un réel plaisir à se faire sucer le sein par leur bébé, il est tout à fait possible qu’elles prennent un plaisir identique lorsque les hommes en font autant. Peut-être que ce plaisir est plus ou moins latent chez celles qui n’ont pas allaité et qu’il prend de l’importance après cet acte. Il se peut aussi que des femmes n’aiment pas que l’on touche à leurs seins, en ce cas ce peut être dû soit à un refus conscient ou inconscient de la maternité, soit à de mauvais souvenirs liés à l’allaitement.
La position face à face est la seule (avec la masturbation par voie buccale) qui oblige la femme à être sur le dos, les jambes bien écartées. Ce que la femme doit ressentir, avant d’être immergée dans le plaisir, doit être un sentiment de vulnérabilité, dépendance et soumission à la volonté sexuelle de l’homme. En effet dans cette position les mouvements de coopération ou de refus de ce qu’impose l’homme sont particulièrement réduits. Elle ne peut que faire varier l’intensité de l’étreinte de ses cuisses autour des reins de l’homme, des caresses sur le dos et les fesses ainsi que celle des baisers ; elle ne peut en aucun cas réguler directement la rapidité des va-et-vient ni celle de l’éjaculation précoce ou tardive. Elle peut encore moins ressusciter immédiatement le désir après l’éjaculation, il lui faut attendre un minimum de quinze à vingt minutes. En cas de désaccord (viol) elle ne peut que frapper et crier mais généralement elle est très vite maîtrisée et doit se soumettre à la loi sexuelle du violeur.
Le degré d’écartèlement des cuisses au lit ( si l’acte est fait debout il y a encore moins de jeu possible) peut signifier plusieurs choses : cela peut être un une invitation à pénétrer au maximum des possibilités de l’homme, c’est une franche gourmandise vaginale. Mais si les jambes font presque une barrière dont le sexe est le centre, ou si les jambes reposent des deux côtés de la tête, cela peut indiquer que l’homme n’est pas autorisé à lui caresser le ventre, les seins ou la figure (et encore moins à l’embrasser) et qu’il doit se tenir strictement à son rôle de pourvoyeur de plaisir sexuel sans espérer avoir de relations affectueuses. Si les jambes de la femme encadrent, sans que les pieds forment une sorte de porte, et qu’ils sont à plat sur le matelas de même que les reins de l’homme, deux significations sont possibles : la première est qu’elle se met à l’entière disposition de l’homme, il a tout pouvoir sur son corps pour l’amener à l’illumination sexuelle qui est en définitive le but commun recherché par le couple. Ce peut aussi être une attitude de jouisseuse refusant de collaborer au travail commun et ne voulant que le plaisir. La femme peut exciter l’homme en lui caressant le dos et les fesses, elle peut même lui administrer quelques tapes bien senties au moment ou il baisse d’intensité dans le mouvement, ce qui indique une femme autoritaire. Les caresses indiquent que la femme a la volonté d’entretenir le plaisir tant quelle peut (mais pas au-delà du raisonnable). Toute action trouve un intérêt quelconque.
La deuxième interprétation est celle de l’ennui voire de la résistance passive : la femme n’a pas envie de faire l’amour mais se laisse utiliser, durant toute la séance elle consent à tout mais pense à autre chose (c’est la position la plus favorable à ce genre de dissociation corps/esprit parce qu’elle ne requiert pas d’exercices continus de la part de la femme). Il n’y a qu’une différence de degré entre la passivité jouisseuse ou ennuyée, et la résistance passive qui consiste à accroître la force d’inertie sans pour autant s’opposer aux positions corporelles imposées par l’homme.
La femme qui serre les jambe autour des reins de l’homme est incontestablement autoritaire et exigeante, elle en veut ! L’homme est sa propriété et doit lui donner satisfaction sous peine de ne pas être libéré avant qu’elle jouisse, chaque cri est semblable à un ordre d’aller plus fort et plus vite ! Si les bras sont largement ouverts (formant une croix) c’est une invitation pressente à caresser intensément les seins tout en continuant le travail purement sexuel , la femme est pleinement offerte mais garde un minimum d’autonomie. Par contre si la femme joint ses deux bras au-dessus de la tête (si elle agrippe les barres de la tête de lit) elle s’identifie inconsciemment à l’esclave fouettée et s’apprête à subir une certaine dose de violence (je traiterai plus tard du sadomasochisme proprement dit) pour avoir une plus grande jouissance.
POSITIONS DE SODOMISATION : Cette position révèle un double mépris et un double asservissement s'il n’est pas pratiqué par un couple qui s’aime. Dans le cas du couple illégitime (qui se forme quelques heures après la première rencontre) il y a la volonté de réduire le partenaire à l’aspect sexuel, peu importe qu’il soit joli, l’important ce sont ses prouesses physiques. Par contre dans l’hypothèse du couple légitime cette position ne sera pas dans les premières positions pratiquées mais viendra après de longs moments de complicité et tendresse physique et dénotera une volonté de passer à une sexualité plus intense dépouillée de tous gestes de tendresse ressentis dans cette phase, non seulement comme superflus, mais comme brisant le rythme du travail sexuel.
La position classique de la sodomie est une femme à quatre pattes sur le lit devant l’homme qui introduit son sexe dans l’anus de la femme (j’analyserai l’autre variante de la sodomie dans la section « dominations féminine ). Cette position montre un double mépris en ce sens que ni l’homme ni la femme ne se voient (l’homme ne voit de la femme que les fesses, le dos et les cheveux) la femme ne voit rien de celui qui la travaille. Le but de cette position est d’accroître le plaisir de chacun par un double processus : le premier processus est l’introduction du sexe dans l ‘anus, c’est-à-dire dans un conduit plus étroit que celui conçu normalement pour cela. Or plus le sexe masculin est fortement prisonnier dans un conduit où peut se faire le va-et-vient, plus la jouissance masculine est intense (je suppose que la jouissance féminine est également liée à l’étroitesse du conduit pour celles qui apprécient cette méthode) .
Habituellement l’homme prend place entre les jambes de la femme, mais dans un souci d’asservissement et de jouissance plus grands il peut faire en sorte que les jambes de la femme se touchent. Dans une telle configuration il la chevauche presque et l’on peut dire que c’est la figure parfaite de la domination de l’homme puisque la femme n’a aucune liberté de mouvements (ses bras devant soutenir son buste). L’homme qui aime cette position et la pratique souvent est forcément autoritaire et la femme qui l’aime aussi est naturellement soumise et cherche avant tout à satisfaire la volonté sexuelle de l’homme (la position étant loin d’être reposante). Parfois l‘homme condescend à faire l’effort de lui caresser les seins dans le but soit de l’encourager dans la voie de la soumission, soit pour l’encourager à crier (certains aiment entendre les cris de la femme qu’ils travaillent). L’homme peut également prendre la femme dans deux autres variantes de cette position : lorsqu’elle est à plat ventre sur le lit ou debout devant lui. La première variante marque une volonté d’assujettissement encore plus radicale puisque la tête qui était encore libre ne l’est plus, et que les seins sont écrasés contre le matelas. La seconde est une instrumentalisation à outrance du sexe féminin puisqu’il n’y a même plus de préliminaire si cette position est faite hors du contexte normal[1] .
[1] Je pense à une scène décrite au début du « choix de Sophie » de William Seyron , où Sophie est dans un transport en commun, et où profitant d’un tunnel un inconnu la pénètre par derrière.