2 Analyse des typologies sexuelles
EXITATIONS MANUELLES ET BUCCALES DE PARTIES SEXUELLES: Lorsque le patient est un homme, les trois positions qui totalisent quatre-vingt-dix-neuf pour cent des situations sont : allongé, assis, debout (la dernière est plus rare pour toute la durée de l’acte, cependant elle est de l’ordre de quatre-vingt pour cent lors des cinq minutes précédant l’éjaculation, ce n’est pas sans signification, j’y reviendrai). La femme lorsqu’elle est agent, est à quatre-vingt pour cent à genoux, qu’elle soit sur un lit ou sur le sol, dix pour cent allongée sur le flanc, et les dix autres pour cent assise.
L’homme peut être masturbé, culotté ou déculotté, dans le premier cas il peut être soit pressé soit pudique (et avoir mauvaise conscience). S'il est déculotté, c’est qu’il est voluptueux et qu’il prendra tout le temps nécessaire pour permettre à la femme d’atteindre les recoins les plus intimes ; y compris si le temps pris par cette activité l’est au détriment d’autres plus importantes, urgentes ou simplement plus intéressantes (si le sexe est circoncis la femme devra faire attention qu’il glisse librement dans sa main parce qu’elle n’est pas aidée par la gaine de peau qui couvre le gland et qui contribua à l’exciter). La femme est un peu plus souvent déculottée, mais il n’y a pas de règle prépondérante parce que lorsqu’elle est en jupe, elle écarte facilement le tissu de son sexe sans avoir à se déculotter.
La simple masturbation pour un homme plus ou moins nostalgique est un grand fantasme et une grande jouissance parce qu’il retombe inconsciemment dans ses quatre ou cinq premières années où sa mère, les puéricultrices et autres personnes impliquées dans les soins corporels l’aident à aller aux W.C et plus précisément à uriner. Le début de ces deux actions sont en tout point identiques (déboutonnage de la braguette, recherche et prise du sexe), seul le caractère répétitif de la manipulation du sexe dans la masturbation diffère (le caractère d’urgence est le même : urgence d’uriner, ou d’éjaculer - est aussi fort et le soulagement est aussi agréable [1] ) . Si l’homme jouit en restant allongé, cela signifie qu’il désire pousser la régression infantile très loin, jusqu’au stade du langage (ce qui est symbolisé par les caresses administrées par la femme sur les testicules). Si par contre il se lève pour répandre sur elle le sperme, la symbolique est plus complexe : la première hypothèse est la poursuite de la régression, excepté que maintenant l’aide qu’il reçoit ne vient plus de derrière lui mais est face à lui et pousse parfois la complaisance jusqu’à se faire asperger de sperme (par ce geste elle s’identifie à l’arbre du jardin public où le garçon urinait librement, ce que l’adulte, peut-être par pudeur mal placée, n’ose plus faire). La seconde hypothèse serait que l’homme veuille humilier sa partenaire, la plaçant à genoux devant lui, attendant et/ou recevant l’éjaculation, c’est la symbolisation à ce point parfaite qu’elle en est caricaturale, du siège de la puissance de l’homme. En effet l’homme dans cette position se voit comme l’unique dieu dispensateur, à un être totalement soumis, de sa force et de sa substance vivifiante et fécondante. Cette position le ramène au temps où seul son salaire faisait vivre la famille et où la femme ne possédait pas encore le contrôle de sa reproduction..
La fellation est une variante particulièrement appréciée des hommes qui consiste à introduire le sexe dans la bouche de la femme et à attendre qu’elle fasse elle-même le va-et-vient requis à la jouissance masculine. Dans quatre-vingt-dix pour cent des cas elle se masturbe en même temps (certainement pour s’exciter et être plus ardente au travail), et dans quatre-vingt-dix-neuf pour cent des cas elle s’aide d’une main pour maintenir le pénis dans sa bouche..
Cette pratique emprisonne le sexe de l’homme dans un carcan de douceur et d’humidité (alors que la simple masturbation risque de laisser le gland à l’air). D’autre part elle exige de la femme plus d’attention à ce qu’elle fait que le simple mouvement mécanique de la main ; en ce sens la fellation est plus totalitaire et favorise une plus grande attention de la femme envers l’homme.[2] .
Vu du côté de la femme, la fellation apparaît tout autrement, et si elle a toujours un lien avec la nostalgie enfantine, je crois que son lien privilégié est celui de la gourmandise. Le sexe masculin est comparable à une sucette, et tout le monde a pu observer que cette friandise est plus appréciée des filles que des garçons. Or si l’on compare les mouvements liés au sucement d’une sucette avec ceux qui sont liés à la fellation, on ne peut qu’être frappé par leur extrême ressemblance, de plus l’émission et l’absorption éventuelle du sperme, ne fait qu’accroître l’amalgame inconscient chez certaines femmes entre fellation et dégustation.
L’homme, lui aussi a le sexe (clitoris) de la femme à sucer, mais il le fait moins souvent, moins volontiers et spontanément. Je crois que cela tient à la position, et parfois à l’odeur naturelle du sexe[3] . La position de l’homme est presque identique à celle qu’il avait en venant au monde ; sa tête est entre les jambes de la femme pour la sucer (ce qui réduit la visibilité extérieure à l’appareil vaginal - on peut naturellement faire le « 69 » j’y reviendrai). Le plus souvent il masturbe sa femme, elle-même étant à genoux, en étant soit à la hauteur des hanches, soit entre ses jambes, mais pas nécessairement allongé, ni s'il l’est, nécessairement près du vagin. Dans le premier cas il est au centre de gravité du corps et a deux registres pour faire vibrer la femme ; dans cette situation l’homme ne retire aucun réel plaisir, il n’est qu’excité par les attouchements qu’il administre : il peut en effet, tel un pianiste, jouer sur toute la surface du corps (cheveux, joues, seins, ventre) tout en maintenant une petite mélodie en travaillant le clitoris. Une variante de la position permet à la femme de travailler le sexe de l’homme manuellement comme buccalement, mais l’objectif premier de cette pose est d’exciter le plus possible la femme afin d’accroître son ardeur, donc son efficacité, et éventuellement de faire tomber ses dernières inhibitions ; Lorsque l’homme est allongé entre les jambes de la femme il peut soit faire une masturbation classique, soit introduire plusieurs doigts dans le sexe (ou les fesses).
Lorsque l’homme prend la position classique de la succion clitoridienne, il est en position inverse de celle qu’il avait lors de sa sortie du ventre de sa mère, aussi peut-on faire l’hypothèse que ceux qui s’y adonnent volontiers sont mal dans leur vie, ils peuvent être psychologiquement instables, effacés, dominés ; d’où cette tentation d’un âge d’or d’inconscience individuelle (ce qui ne veut pas dire inconscience totale puisqu’il y a une certaine conscience fusionnée entre mère et enfant) et ce fantasme de réintégrer l’origine prend corps durant cette posture. Lorsque l’homme suce effectivement le clitoris, il est très près et il peut y avoir également une notion de gourmandise en ce sens que si les lèvres du vagin sont bien écartées, la couleur rose du sexe apparaît. Celui-ci est fermé et peut donc suggérer l’idée d’un cône de glace à la fraise ou framboise qu’on termine.
Le « 69 » met dans une position d’apparente égalité les partenaires, cependant si on y regarde de plus près c’est toujours celui qui est sur l’autre qui a le plus de liberté de mouvements et donc a l’initiative. Généralement la femme est sur l’homme parce qu’il y a plus de surface à caresser (sexe et testicules) et aussi parce l’homme est un jouisseur fainéant. La femme a donc tout liberté pour imposer le rythme et le temps de la masturbation réciproque, cependant l’homme peut exercer sa domination en la fessant pour indiquer le rythme de va-et-vient auquel il veut être soumis. Il va de soi que l’homme peut à tous moments renverser la situation mais il le fait rarement dans la perspective de continuer une masturbation, mais pour pénétrer sexuellement la femme (parce que l’homme n’est ni patient ni subtil, il préfère jouir tout de suite en étant mal préparé, plutôt que d’attendre, de laisser monter le désir grâce aux savantes caresses féminines). Cette position peut se pratiquer sur le côté, ce qui a pour avantage de rendre totalement accessible la partie fessière et accroître de plus de soixante pour cent la zone érogène purement sexuelle.
[1] Si ce que je viens de décrire est exact, ceci est multiplié par dix ou cent pour les garçons handicapés entre sept et dix-huit ans qui sont à la merci du personnel soignant pour uriner.
Parfois on s’adresse à une jolie fille (je l’ai fait) prétextant avoir besoin ; quelque fois le besoin est si violent que le simple contact des mains fait éjaculer (c’est vrai surtout en période de menue radicale : sans cassettes pornographiques, ce qui était le cas jusqu’au milieu des années 1980, date de la commercialisation ,sur grande échelle du magnétoscope .
[2] J’ai eu la preuve de ce que j’écris avec la première femme que j’ai aimé, parfois il lui arriver de somnoler en me masturbant (ceci montre à l’évidence que la femme, contrairement à l’homme, peut ne pas être pleinement présente dans l’acte sexuel). Est-ce un hasard ? Elle n’aimait pas faire de fellation, et avait pour toutes les autres choses un tempérament nonchalant.
C’est la seconde femme qui m’a initié à la volupté de la fellation ; les positions relativement inconfortables (à genoux à côté du fauteuil roulant) l’empêchaient naturellement de s’endormir, mais la dynamique interne à cette position est beaucoup plus contraignante pour le buste tout entier.
[3] J’avais beaucoup de mal à le faire à la première femme parce qu’elle dégageait une odeur douceâtre, vaguement écoeurante (bien qu’elle se lava avec soin avant que je le lui fasse). Par contre je n’ai jamais eu ce problème avec la seconde, et je peux même affirmer que j’y prenais un plaisir certain, ce que je n’aurais jamais cru possible auparavant.