LE LIBAN A UN PRESIDENT
BEYROUTH (AFP) — Le nouveau président libanais, Michel Sleimane, a pris ses fonctions lundi et se préparait à lancer les consultations avec la majorité, appuyée par l'Occident, et l'opposition, menée par le Hezbollah, pour former un gouvernement d'union nationale.
A son entrée au Palais de Baabda, près de Beyrouth, le chef de l'Etat a été accueilli par la Garde républicaine et 21 coups de canon avant de s'installer sur le fauteuil présidentiel, vacant depuis la fin du mandat de son prédécesseur, Emile Lahoud, en novembre 2007.
M. Sleimane, jusque-là commandant en chef de l'armée, a été élu dimanche par 118 des 127 députés du Parlement libanais, devant un parterre de personnalités arabes et internationales. Après des mois d'impasse politique, cette élection a été rendue possible à la faveur d'un accord signé le 18 mai à Doha par la majorité et l'opposition libanaises.
"Unissons-nous, et travaillons en vue d'une solide réconciliation. Nous avons payé cher notre unité nationale. Préservons la, la main dans la main", a dit M. Sleimane dimanche dans son discours d'investiture. Il a salué le rôle de la "résistance", référence au Hezbollah, dans la lutte contre Israël, mais a averti que le parti chiite ne devait pas "tirer profit de ses succès pour les utiliser dans des conflits internes".
Le président Sleimane a aussi souhaité l'établissement de relations diplomatiques avec la Syrie, ancienne puissance de tutelle du Liban, et la mise en place d'une stratégie de défense contre les violations par Israël du territoire libanais. La presse libanaise a salué un discours "équilibré", qui pour le quotidien indépendant Al-Anwar représente une "feuille de route pour la prochaine étape".
Le quotidien à grand tirage An-Nahar, proche de la majorité, prédit un "mandat équilibré" et le journal As-Safir souligne que le discours d'investiture du nouveau président "contient des demandes de toutes parties".
La classe politique, majorité comme opposition, a elle aussi salué un discours "réaliste" qui a touché à tous les problèmes importants et aux revendications de tous. Le discours "a été global et réaliste. Il jette les bases de l'Etat auquel nous aspirons tous", a déclaré à l'AFP, le député Antoine Zahra (majorité). "Il a évoqué des questions que personne n'avait osé soulever, surtout la stratégie de défense de l'Etat, l'interdiction de recourir aux armes à l'intérieur du pays et l'établissement de relations diplomatiques avec la Syrie", a-t-il ajouté.
Le député d'opposition Selim Aoun souligne pour sa part que le discours du président est "largement conforme à l'entente" au sein de l'opposition notamment sur "la stratégie de défense, les relations avec la Syrie et la consécration de l'entente nationale".
Le gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora est devenu démissionnaire de facto dès l'élection du nouveau président. M. Sleimane doit lancer mercredi les consultations pour la formation d'un gouvernement d'union nationale, selon une source à la présidence.
La composition du nouveau gouvernement devrait être conforme à l'accord de Doha qui donne à l'opposition une minorité de blocage, avec 11 ministres sur 30.
Pour l'instant, les seuls noms à être évoqués pour le poste de Premier ministre sont ceux de Fouad Siniora et de Saad Hariri, chef du Courant du Futur, le principal bloc de la majorité, et fils du Premier ministre assassiné en 2005, Rafic Hariri.
Hébergé par alt=
http://afp.google.com/article/ALeqM5hNj01fyK3fDoWJYW6sabFLYHHxtA
Malgré les déclarations optimistes des députés libanais je ne vois aucune raison de se réjouir.
La fiction hypocrite de l’unité nationale est réaffirmée alors qu’on sait parfaitement que le Hezbollah n’a qu’une patrie : l’Iran.
Son statu d’Etat dans l’Etat est reconnu par la minorité de blocage, ce qui est radicalement antidémocratique !
Le fait de renouer des relations diplomatiques avec la Syrie pourrit favoriser une reprise en main de le Syrie et un alourdissement du joug iranien